‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 95 sur 290 · Roxburghe Ballads, I, p. vi · texte numérisé non relu

Roxburghe Ballads, I, p. vi

sait Jonson, est d'exécrer un faiseur de ballades*. » William Browne représentait ces rimailleurs à moitié ivres, chantant, buvant, écrivant, emplissant de leur vacarme — la caverne de l'Oubli 2. Les artistes de profession retournaient à leurs adorées; Délia souriait, Licia jetait un regard plus éclatant que les rayons du soleil; de nouveau la flûte et la viole se faisaient entendre et les Amidor de Londres, plus prolifiques encore que ceux de Paris, se remettaient à leurs madrigaux et leurs sonnets :

J'en ai de composés sur des sujets divers. J'en ai sur un refus, j'en ai sur une absence. J'en ai sur un mépris, sur une médisance, J'en ai sur un couroux, sur des yeux, sur un ris. Un retour de Sylvie, un adieu pour Cloris, Un songe à Bérénice, une plainte à Cassandre ^.

Us avaient aussi des poèmes plus ambitieux, vrais tableaux représentant de grandes scènes fameuses et dont plusieurs méritent place dans les g-aleries de chefs-d'œuvre. Ce ne sont pas des peintures très morales; elles rappellent plutôt les orgies Olympiennes de Jules Romain à Mantoue que les jugements derniers des cathédrales ; poèmes du type Vénus et Adonis de Shakespeare, Héro et Léandre de Mario we, presque tous sur des sujets classiques, colorés à la moderne. C'est le Glaucus et Scylla de Lodge, \ Endymion et Phébé de Drayton, la Cassandj^e de Barnfield, le Banquet des Sens de Chapman, le Pygmalion de Marston, la Salmacis de Beaumont; tous imprimés ou non par Cerbère , mais certainement pour l'ordinaire fort indécents*. Les auteurs ne s'en cachent pas; ils veulent

i. Conversations ivith Drummond, éd. Laing, Shakesp. Soc. p. 31.

2. Britannia's Pastorals, liv. in, ^yor/iS, éd. BuUen, t. II, p. 35.

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