‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 98 sur 290 · I sing not, siren-Iike, to tempt, Tor I · texte numérisé non relu

I sing not, siren-Iike, to tempt, Tor I

Am harsli.

Mais il peut ce qu'il veut, et sait, quand il lui plait, écrire des vers assez doux pour èlre mis en musique et chantés :

Dut \vhen I liave done so, Some man. his art and voice to show, Doth BCt and sing my patn.

Poems, éd. Chambers, I, pp. 36, 14. Jonson jugeait très sérèrement les libertés prises par Donne en fait de métrique : « Done for not keeping o( accent deserred banging »; mais il le considérait comme « thc lirst iK>et in the world for tome tbings u. Conversations with Drummond, éd. Laiog, 1842, pp. 3 et 8.

bondaiite sont heurtées et parfois d'un goût exécrable ; il approche, par les sujets qu'il traite et la manière dont il les traite, de l'immoralité simiesque de Sterne : ce ne sont pas de minces défauts. Mais il a le don, ce qu'aucun travail, aucune imitation des bons modèles ne saurait fournir; partout où il va, quoi qu'il écrive, quelque boue qu'il remue, et jusque dans son hideux, ironique et malpropre Progress of the Soûl, il est poète. A profusion dans son œuvre, des pensées profondes ou subtiles, des vues lointaines brusquement montrées puis cachées, des merveilles puis des ombres noires, l'idée la plus éclatante restant toujours par quelque côté rattachée à sa gangue, comme une statue de Rodin. Ses joyaux demeurent en partie bruts; il montre volontiers ses trouvailles telles quelles : le diamant à l'état natif, l'or rattaché au quartz, et c'est, en fait, une impression agréable, après avoir voisiné avec les quintessenciés, les vains Imaginatifs, les amouristes professionnels, de se trouver si près de la nature.

Il est sensuel et épicurien à plaisir, d'un épicuréisme avoué et triomphant; il a l'impudicité heureuse des dieux antiques, et en même temps des raffinements morbides qui ne sont que trop modernes. Pas d'intimités si intimes qu'il ne veuille exposer aux regards, au grand soleil; ses épithalames appartiennent à la littérature scandaleuse. Il est railleur, irrespectueux, réaliste; il n'élève certes pas les âmes. Et tout à coup, un nuage passe, le ciel de sa poésie s'assombrit, des apparitions fantastiques se montrent; nous sommes dans un cimetière, les crânes roulent comme sous les pieds d'Hamlet, et voici, autour d'un bras de mort, « un bracelet de cheveux d'or entourant l'os ». C'est l'heure où les ombres paraissent sur la lande ou dans les chambres solitaires, « à la lueur pâlie du flambeau près de s'éteindre ». Les noires demeures béantes s'ouvrent; le

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moment est proche, ô dédaigneuse, « où tes charmes seront aussi inefficaces qu'un cadran solaire dans un tombeau ». Des pensées graves remplissent l'esprit; mais le ton demeure familier, et les grandioses images qu'évoque le poète sont d'un effet d'autant plus assuré, qu'elles sont encadrées de vie réelle. Les vagues froides de l'immense océan inconnu battent le promontoire caillouteux et tangible où nous a conduits par hasard notre promenade du soir. Et comme nous demeurons transis, rêveurs, anxieux, les nuages disparaissent, la scène change et, par les courtines entrouvertes de la chambre close, glissent les rayons du matin : « Vieil importun, soleil indiscret! qu'as-tu à percer nos fenêtres et nos rideaux? l'heure des amoureux se mesure-t-elle à ton cadran? Va, malencontreux pédant, va gourmander l'écolier en retard et l'apprenti maussade; va dire aux écuyei*s de la Cour que le roi chassera aujourd'hui ; ramène à leurs labeurs les fourmis des champs : Amour ne connaît ni saison, ni région, ni heures, mois ou jours : défroque du Temps ». il continue, inventant, se surpassant, tombant dans le plus incroyable mauvais goût, et franchissant d'un vol de condor les immenses espaces du monde.

Le ton baisse; la voix sonore s'atténue : « Do môme que les gens de bien s'éteignent doucement et murmurent à leur âme : Pars — tandis que leurs tristes amis disent : son souffle s'arrête; non pas encore; — de même, disparaissons, mon amie, sans bruit, sans flots de larmes, sans tempête de soupirs : ce serait la profanation de nos joies que les indifférents connussent notre amour' ».

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