‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototyoe de RabelaisChapitre 16 sur 228 · SUR THEOPHILE FOLENGO. XVH · texte numérisé non relu

SUR THEOPHILE FOLENGO. XVH

privilèges. C'est ainsi que ranteur de V Orlando nammorato, lîerni, reproche à Jésus-Christ et à tous les saints de voir du haut du ciel ce qu'ont fait les quarante lâches cardinaux qui ont nommé pour pape Adrien VI et de ne faire qu'en rire.

0 Cristo, 0 Saiiti, si che vol vedete Dove ci hau messo quaranta poltroni :

Estate la cielo, e si ve ne ridete !

Parmi les sonnets de Berni (et presque tous ont la coda, la queue, un certain nombre de tercets, ajoutés aux deux qui terminent le sonnet ordinaire), il y en a un des plus vifs contre les prêtres, dont Jésus-Christ, dit-il, semble protéger les désordres et qu'il défend également des Turcs et des conciles.

Godcte preti, poich e '1 vostro Cristo V aiiia cotante, etc.

Le Mauro, mort en 1536, composait un capitolo sur les moines dans lequel il ne laissait échapper aucun détail de leur vie oisive et licencieuse; ce n'est point avec colère ni avec amertume qu'il parle de ces frères ; c'est au contraire en chantant leurs louanges, en enviant leur douce manière de passer le temps.

Nous n'avons pas besoin de rappeler les attaques que les conteurs dirigeaient contre les ordres religieux, en mettant sans cesse en scène des cordeliers, des capucins débauchés auxquels survenaient de fâcheuses mésaventures, juste châtiment de leur incontinence.

Folengo se conforma à un usage répandu à l'époque où il écrivait, en joignant à chacun des chan's de son poëme un prologue et un épilogue badins, où il se livre à la plaisanterie, parle de lui-même, se pose franchement en gourmand. Rien n'était alors plus ordinaire qu'un tel langage en semblable occasion, et la littérature du temps en présente des exemples multipliés. Nous en signalerons quelques-uns. L'auteur du poème de Buovo d'Antona imprimé à la fin du quinzième siècle, interrompt un de ses récits en priant Dieu d'être favorable à ses auditeurs ou à lui-même, et en disant qu'il est las de conter, que sa voix s'affaiblit, qu'il dira le reste une autre fois, qu'il a besoin de boîre.

Hormai, signori, quivi haro lasciato ; Andate a berc, ch* io son assetato.

Dans VAncroia, autre épopée imprimée vers 1480, chaque chant (et il y en a trente-quatre) commence par une prière ; le plus grand nombre est adressé à la Vierge Marie, d'autres au Dieu suprême, au Père éternel, à la Sainte Trinité, à la sagesse éternelle ; l'exorde d'un chant est le Gloria in excelsis, celui d'un

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