XXIV NOTICE
study of bibliography, croit qu'Arena et Théodore de Bezc ne font qu'un seul et même personnage.
g 5. ÉCRITS DIVERS DE FOLENGO.
Quelques mots au sujet des autres productions sorties de la plume de Folengo ne seront point déplacés ici.
L'Orlandino, publié sous le pseudonyme de Limerno Pittoco, est un poëme bouffon sur l'enfance de Roland. Il fut composé dans l'espace de trois mois *. Il est facile de voir que Limerno est l'anagramme du nom de Merlino; quant au mot Pittoco, qui signifie un gueux, un mendiant, Folengo le prit comme allusion à l'état misérable où il était tombé. L'Orlandino est en octaves et il est partagé en huit capitoli ou chapitres, division contraire aux règles alors observées. Nous n'avons pas ici à donner une analyse de cette épopée parfois licencieuse, mais que recommande une originalité soutenue, entremêlée de digressions et ornée de traits satiriques d'une vivacité piquante. Celte analyse a déjà été faite et bien faite par Ginguené {Histoire littéraire d'Italie, t. V, pag. 538). La première édition de YOrlandino est de Venise, 1526; on en connaît plusieurs autres données au seizième siècle ; celle que le libraire Molini mit au jour à Paris en 1773 (sous la rubrique de Londres) est soignée ed arrichita di annotazioni.
Nous avons rencontré une traduction française intitulée : Orlandinet ou le Petit Roland, Sirap (Paris), 1783, in-16.
Le Chaos del Tri per Una, publié à Venise en 1526 et réimprimé en 1546, est resté oublié ; c'est qu'en effet cet ouvrage, aussi obscur que singulier, tantôt en vers, tantôt en prose, ne mérite guère de trouver des lecteurs. Il est divisé en trois forêls (selve). On y rencontre des passages en vers latins élégants et des tirades en dialecte macaronique. Voici le commencement de deux petites tirades de ce genre, contenues dans la seconde partie {seconda selva) de cette étrange épopée; le premier de ces fragments, espèce de parodie du premier livre de VEnéide, se compose d'environ 400 vers :
Ille ego qui quoodam formaio plenus et ovis, Quique bottrivoro stipans ventrone lasagnas.
1 C'est ce que l'auteur nous apprend dans quelques vers latins où il explique en même temps pourquoi son livre a peu d'étendue, et où il écarte l'idée défavorable que ses compositions pourraient donner de ses mœurs :
Mcnsibus istud opus tribus indignatio fecit :
Da medium capiti, notior Autor erit.
Orlandum canimus parvum, parvum indc voluincn ;
Si quid turpc souat pagina, vita proba est.