‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototype de RabelaisChapitre 18 sur 238 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

Sum quoque savono facta galanta suo.

Ergo me populi comprantes solvite bursas j Si quis avaritia non émit, ille miser.

Jugé sévèrement par des critiques modernes, qui, presque toujours, n'avaient pas pris la peine de le lire, Folengo a trouvé au delà des Alpes des admirateurs zélés, des apologistes parmi lesquels il faut distinguer un prince de l'Église, le cardinal Quirinl. Ce savant prélat n'a pas hésité à s'exprimer avec une indulgence des plus favorables au sujet de notre poète i ; transcrivons ces paroles : « Opus novo discendi génère insigne animi que festivitate ac lepore jucundissimum in quo latinis ac italicis vocibus undique permixtis, servata metri harmonia, amœnissimo carminé jocose ac facete, multorum sui temporis vitia carpit. » Spécimen variée literaturse qux in urbe Brixia florebat, ilSd, A°, p. 315.

Un poëte célèbre, Tassoni, dans sa Sccchïa rapita (chant VIII> stance 24), mentionne fort honorablement Folengo et n'hésite pas à dire que sa gloire s'est étendue jusque dans les pays les plus lointains, et que sa sépulture recevra des hommages égaux à ceux que l'on rend à la tombe de Virgile :

Campese la cui fama a l'occideote E a termini d'Irlanda e del Catajo Stende il sepolcro di Merlin Coccajo.

Un autre poëte italien, Caporali, introduit dans son poëme des Obsèques de Mécène Merlin Coccaie, disputant au célèbre poëte Berni la palme du genre facétieux. Il serait superflu d'accumuler des exemples de l'estime que les contemporains de Folengo professèrent à son égar\, mais nous ne devons pas oublier l'hommage que lui rendit un prieur du couvent où il était mort depuis près d'un siècle. Jean-Marie Fantassi, appartenant à une famille noble de Vérone, fit en 1640 placer son buste avec cette inscription : Théophile clara ex Folengorum stirpe, Monaco Cassiniensi, agnominc Merlino Publio Virgilio Maroni, siciiti Patria, sic Musa simillimo, D. Jo. Mar. Fantasti Mon, possuit A. D. MDCCXL.

Un distique achevait d'attester en termes pompeux la haute idée qu'on avait de notre poëte.

Ossa cubant intus : faciès splendescit et extra : Merlin! mentem sidéra, mundus habent.

\ >'ous n'apprendrons rien à personne en disant qu'il serait bien facile de citer des ouvrages composés par des ecclésiastiques italiens et qui parai-^scnt aujourd'hui fort peu en harmonie avec la sévérité de leur état. Sans remontei auxtemps du cardinal Bembo et de l'évêquc Bandello, qui composaientdes nouvelles peu édifiantes, nous mentionnerons seulement le Ricciardetl9, composé il y a un siècle par l'évêque Fortiguerri.

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