‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototype de RabelaisChapitre 59 sur 238 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

l'Ours', le livre de celuy qui sans grand'louange a voulu chanter la belle Leandre -.

Il print plaisir à lire comme Roland fut amoureux delà belle Angélique : comme estant ou feignant estre devenu fol,

chants, heureusement assez courts ; sept autres éditions attestèrent, jusqu'à 1856, le succès de cette épopée, nel quale (selon les promesses du titre) s/co/j^/e/je varie e diverse battagJied'armc e d'amore d'Orlando, Binaldo, etc.

Aspremont est un autre poème de chevalerie où il s'agit surtout de Roland et des paladins français ; publié vers 1488, il a été réimprimé sous \el\ive d'Aspramonte huit ou dix fois, et en dernier lieu à \'enise en 1G20. Guinguené (Histoire littéraire d'Italie, t. IV, p. 550) en a fait connaitre le sujet.

h'Espagne onla Spagna jouit longtemps en Italie d'une grande popularité, quoique ce soit une œuvre au-dessous du médiocre. Composé au quatorzième siècle, mais retouché depuis, ce poëme doit son titre à ce qu'il se propose de raconter les guerres de Charlemagne en Espagne ; il a été réimprimé au moins dix-huit fois et même en 1788. Guinguené l'a analysé. {Histoire littéraire d'Italie, t. IV, p. 8G.)

L'AItobelle est un autre poème qui raconte le baltaglie delli baroni di Francia sotto il nome de l'ardito et gagliardo giovene Altobello. Imprimé en 1476, cet ouvrage obtint, jusqu'à 1621, les honneurs d'une vingtaine d'éditions différentes.

Nous n'avons pas besoin de dire que Morgant le géant est le héros du fameux poème de Pulci, maintes et maintes fois réimprimé depuis 1478, et dont plusieurs éditions ont-été mutilées.

1 On doit voir dans cet ouvrage VHisloria dei due nobilissimi et valorosi fratelli Valentino et Orsone , figliaoli del magno imperatore di Constanlinopoli et nepoti del re Pipino. Plusieurs fois réimprimée en Italie dans le cours du seizième siècle, cette historia est une traduction du roman français de Valentin et Orson, publié pour la première fois à Lyon en 1489 et souvent réimprimé depuis. Il ne faut d'ailleurs voir dans ce récit, traduit également en anglais et en allemand, qu'une contrefaçon peu ingénieuse du poëme de Cleomades, composé au douzième siècle par .A.denes. Le livre français a été analysé dans la Bibliothèque des Romans, mai 1777, p. 160 à 215, et apprécié par M. Saint- Marc Girardin, Cours de littérature dramatique, t. III, p. 213.

- Folengo désigne ici Pier Durante da Cocaldo, auteur resté ignoré d'un poëme sans mérite intitulé: Libro d'arme et d'amore chiamato Leandra, nel quale se traita délie battaglie et gran fatti delli baroni di Francia et principalmenle di Orlando et di Rinaldo. Malgré sa médiocrité, cet ouvrage en vingt-cinq chants,

il tiroit après soy une jument morte : comme il touchoît devant soy un Asne chargé de bois, et comme il s'envola en l'air ainsi qu'une Corneille. Par telles lectures Bakle s'exciloit grandement aux armes, mais se faschoit d'estre encore de si petit corsage. Il portoit une petite espée attachée à sa ceinture, de laquelle il faisoit peur aux plus braves ; et jamais ne voulut endurer un coup de foaët : et, pour se faire craindre à l'eschole, rompoit table avec ses livres, et la teste à son maistre. C'est une usance quasi par toutes villes, que les jeunes enfans se font la guerre les uns contre les autres à coups de pierre ; et de là bien souvent naissent des envies les uns contre les autres, qui enfin engendrent de longues inimitiez. Comme un paysan n'abbat point avec une gaule tant de gland pour le faire paistre et manger à ses pourceaux, afin de les engraisser; ainsi un jour voyoit-on autant ou plus de pierres tomber de part et d'autre, s'estant des enfans bandez en deux bandes l'une contre l'autre, lesquelles ils jettoient pour lors, bruiant ces pierres en l'air, tant elles estoient poussées roidement par grand force, et la multitude d'icelles obscurcissoit quasi le Soleil. Avec ce siflement de pierres le bruit de voix de ces enfans estoit aussi merveilleux, tellement qu'un tonnerre n'eust sceu faire un plus grand tintamarre. Là Balde ne faillit à se trouver, et estre de l'une des parties, et s'advance fort avant devant ses compagnons, et avec une fronde fait ronfler ses cailloux, donne courage aux siens, et la meslée se fait si aspre, que la poussière obscurcit tout l'air; et. se mettant tr^p avant dedans ses ennemis, il reçoit un mauvais coup sur la teste, comme il advient aux vaillans Capitaines. Mais, pour cela, il ne se retire point, et prend davantage courage, ayant veu son sang, et fait comme le poivre, qui tant plus est pilé, plus renforce son odeur, ou comme la palme, laquelle s'esleve, plus elle est chargée. Aussi, desire-il estre plustost enfouy dedans un monceau

publié en 1508, fut souvent réimprimé pendant le seizième siècle. Le litre l'indique comme extrait de la véridiqne chronique de Turpin, archevêque de Paris, et comme opéra belJissirna et deletterûJe (junnlo alcunn allra di haltaglia con molli dignissimi delti et elncidissime senleidic. Un liltéralour français, tombé dans l'oubli, de Nerveze, donna à Paris, en 1G08, les Aventures guerrières et amoureuses de Léandre; c'est une imitation en prose du poème italien.

Page 1