‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototype de RabelaisChapitre 7 sur 238 · SUR THÉOPHILE FOLENGO. IX · texte numérisé non relu

SUR THÉOPHILE FOLENGO. IX

L'italien est donc du latin soumis à la syntaxe vulgaire ou aborigène, et la langue factice de Merlin Coccaie est de l'italien latinisé. »

L'origine du mot macaronique a donné lieu a des explications plus ou moins ingénieuses et nécessairement contradictoires. Folengo, qui devait savoir à quoi s'en tenir, donne à cet égard une explication fort nette dans son Apologetica in sui excusât JoDern, morceau placé à la tête de plusieurs éditions de ses œuvres : Ars ista poelica nuncupatur niacaronica, a macaronibus derivala, qui macarones sunl quorlam pulmenlum farina, caseo, boliro compaginatuw, grossum, rude et rusticanum, ideo wacaronices nil nisi grasseninew, rudilatem et vccabulazzos débet in se continere... Fuit repertum Maùaronicon causa ubique ridendi.

Le savant auteur du Manuel du libraire, M. Brunet, observe, dans sa notice sur Alione d'Asti^ l'un des plus anciens auteurs «ians le genre macaronique, que le principal personnage du Carmen macaronicum, composé à la fin du quinzième siècle, est un fabricant de macaroni, lequel, dès le début de l'ouvrage, est mis en scène vlans ces deux vers :

Est unus in Padua natus spéciale cusinus

In marharonea princeps bonus atque magister ;

ce qui, selon l'illustre bibliographe, explique suffisamment et le titre de Macharonea que porte cette facétie, et le nom de macaronique donné au genre de burlesque dont cette même facétie paraît avoir été le modèle.

Adrien Baillet, dans ses Jugements des savants, t. IV, p. 64, apprécie assez bien la poésie macaronique, lorsque, dans un style un peu trivial, il l'appelle « un ragoût de diverses choses qui entrent dans sa composition, mais d'une manière qu'on peut appeler paysanne. Il y a pêle-mêle du latin, de l'italien ou de quelque outre langue vulgaire, aux mots de laquelle on donnait une terminaison latine; on y ajoute du grotesque de village, mais il faut que tout soit couvert et orné d'une naïveté accompagnée de rencontres agréables, qu'il y ait un air enjoué et toujours plaisant, qu'il y ait du sel partout, que le bon sens n'y disparaisse jamais, et que la versification soit facile et correcte. »

On ne doit pas confondre la macaronée avec le latin de cuisine, qui consiste dans une traduction littérale en latin de phrases de la langue maternelle, lorsque les mots échappent à l'auteur. Quelques ouvrages que nous aurons à mentionner, les Epistolse obscurO' rurn virorum, l'Anti-choppinus, offrent des exemples de ce mauvais latin.

Le pédentesque est une autre langue factice qui n'a guère été cultivée qu'en Italie, où elle reconnaît pour chef-d'œuvre les Cantici di Fidentio Glottogrysio ludimagi^tro (masque de Camillo

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