CHAPITRE XIII
De llll à 1*15.
Nouvelle guerre d'Italie. — Expcdi lion de la floue française commandée par le duc d'Orléans (depuis Louis XII). — Conquête et perle du royaume de Naples par Charles VIII.-— Traite contre la piraterie etitre le roi de France et le roi d'Angleterre. — Campagnes de Louis XII en Italie. — La Bretagne il. liiiiiivem. nl remue au domaine de la couronne. — Conwntion de partage du royaume de Naples entre Louis XII et les souverains d'Espagne. — Expédition de la flotte française commandée par Philippe de Clèvcs-ltavestein, en <50(. — Premiers exploits de Prégent de Bidoulx. — Guerre entre les Français et les Espagnols au sujet de la question du partage du royaume de Naples. — Trahison des Vénitiens. — Perte du royaume de Naples par Louis XII. — Prégent de Bidouta coule ou brille ses propres galères. — Ses exploits le long des cotes d'Italie. — Paix entre Louis XII et le roi d'Espagne, en 1504. — Insurrection de Gènes, en 1307. — Rôle de la marine française dans cette guerre. — Guerre contre les Vénitiens, en 1509. — Tentative du pape Jules II contre Gènes; Prégent le force a la retraite. — Ligue contre la France , a laquelle le roi d'Angleterre accède. — Henri Vlll envoie une flotte contre les côtes de Normandie et de Bretagne. — Rùle de la marine dans la campagne de 1513, contre l'Italie. — Prégent passe, avec ses galères, de la Méditerranée dans l'Océan. — Défaite de l'amiral d'Angleterre Edouard Howard par Prégent. \r 25 avril «515. — Combat naval de Suinl-Mahé. — Le capitaine Primoguet. — Abordage de la Cordelière et de la Régente. Défaite et niort de Thomas Howard. — Paix entre la France el l'Angleterre. — Fiu du règne de Louis XII. — Commerce niuritime de la France depuis l'expulsion des Anglais. — Un mot rétrospectif sur Jacques Ccuur. — Navigations des Français.
On était positivement dans cette année 1493, où le Génois Christophe Colomb revenait annoncer à l'Europe la découverte faite par lui, le 12 octobre 1492, d'un nouveau monde, quand Charles VIII, excité par une sorte de fièvre chevaleresque et conquérante, se disposa à revendiquer par les armes l'héritage de Naples et de Sicile qui avait été légué en titre, sinon en fait, à son père, en même temps que l'Anjou et la Provence. Ce projet n'était pour lui qu'un acheminement à des conquêtes plus lointaines : il mettait au rang de ses plus beaux droits ceux dont il avait aussi hérité sur l'ancien royaume de Jérusalem; et de l'Italie il se flattait de passer à une croisade contre les Turcs. Le sentiment religieux contribuait ainsi à exalter son ardeur guerrière.
Tandis que les ambassadeurs de Charles VIII étaient envoyés aux différents États d'Italie pour préparer l'invasion par les Alpes et les Apennins, et trouvaient la Lombardie et l'État de Gênes favorablement disposés, des ordres étaient donnés pour qu'une
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flotte assurât, au besoin, le passage des Français par incr. Les conseillers de Charles VIII, un moment effrayés, en effet, de la longueur et de la difficulté des chemins par terre; avertis aussi des obstacles d'un autre genre que l'armée aurait à rencontrer dans la Ro magne, songèrent à opérer le transport du roi et de ses troupes sur des vaisseaux jusqu'à Naples. On arma en conséquence dans les ports de Provence et à Gênes. Dix-huit galères, huit galéasses, colosses de la famille des vaisseaux à rames du quinzième et du seizième siècle, et neuf autres bâtiments, furent préparés pour le transport de quinze cents chevaux et d'une infanterie considérable. Une galère royale, dont la poupe étincelait d'or, et qu'une riche tenture de soie surmontait comme un dais dans toute sa longueur, était destinée à recevoir le jeune souverain, au cas où il passerait par mer en Italie. Le commandement de la flotte française fut confié au duc d'Orléans, qui régna depuis sous le nom paternel de Louis XII.
De son côté, Alphonse H, prince de race aragonaise, alors en possession du royaume de Naples, mit son frère, don Frédéric, à la tête d'une flotte de trente-cinq galères, dix-huit grands vaisseaux et douze moindres bâtiments. Elle se rendit à Livourne, dans le dessein de prendre les Français à la traverse, s'ils arrivaient par mer.
Le duc d'Orléans était venu par terre à Gênes, pour y surveiller l'achèvement des armements maritimes ; il n'y avait pas encore un mois qu'il s'y trouvait, quand il reçut avis que don Frédéric se montrait sur les côtes orientales du golfe de Gênes, et opérait à Rapallo un débarquement de trois mille hommes d'infanterie. Aussitôt le duc fait monter des troupes sur ses vaisseaux pour aller chasser les Napolitains de leurs positions. Don Frédéric, malgré ses forces supérieures, n'osa pas attendre la flotte française dans le golfe de Rapallo, laissa le passage libre à son adversaire, et abandonna à eux-mêmes les trois mille soldats qu'il avait mis à terre. Le duc d'Orléans fit le siège de Rapallo ; il incommoda beaucoup les assiégés avec l'artillerie de son vaisseau, armé de ca-
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lions d'un très gros calibre, qui lançaient des boulets de fer et non de pierre, comme on s'en servait encore chez les autres nations et comme les Français eux-mêmes en employaient peu auparavant. Les trois mille Napolitains laissés par don Frédéric à Rapatlo furent défaits, et leur position fut emportée et occupée. La flotte, ramenée à Gênes, ne fut plus, durant le reste de la campagne, que d'un usage secondaire. Le duc d'Orléans alla rejoindre Charles VIII, qui passa le mont Genèvre avec son armée, et qui, entrant successivement dans Turin, dans Rome, dans Naples, forçant le successeur d'Alphonse II, Ferdinand II, à se retirer dans la petite île d'Ischia, illumina comme un météore, à la fin de 1494 et au commencement de 4405, l'Italie tout entière du fantasmagorique éclat de son rapide, mais éphémère triomphe. Charles VIII avait à peine quitté Naples pour aller étaler ses trophées en France, que sa conquête était déjà perdue. Il mourut avant d'avoir pu donner un commencement d'exécution aux nouveaux projets belliqueux qu'il avait formés sur l'Italie. L'avant-dernière année de son règne avait été témoin d'un traité signé par le roi anglais Henri VU et lui, contre la piraterie. Ce traité obligeait les armateurs de France et d'Angleterre a, fournir, avant de faire sortir les navires de leurs ports respectifs, bonne et valable caution qu'ils observeraient fidèlement la paix, tant qu'elle existerait entre les deux nations. Jusqu'alors les traités entre les couronnes n'avaient été que fort peu reconnus entre particuliers; le commerce maritime avait été un véritable métier de corsaire : les temps à demi-sauvages allaient enfin avoir un terme. A mesure que les navigateurs voyaient l'espace s'élargir autour d'eux, ils sentaient le besoin d'élargir aussi leur intelligence. C'était bien à la mer, à la vaste mer, cette profonde et infinie pensée de Dieu, qu'il convenait d'ouvrir au progrès toutes ses voies.
Louis XII, successeur de Charles VIII, sans faire l'abandon du litre de rôi de Naples et de Sicile, ne parut pas d'abord tant porter ses vues sur ce royaume que sur le duché de Milan, auquel il prétendait personnellement, comme héritier de Valentine Viscouti, sa
grand' mère. 11 conquit par deux fois la Lombardie et l'État de Gènes.
Son mariage avec Anne, la veuve de Charles VIII, avait assuré d'une manière définitive, dès le commencement de son règne, le duché maritime de Bretagne au domaine royal qui continuait d'être le point de ralliement de L'unité française. Toutes les cotes du pays étaient désormais sous la dépendance directe des rois de France; et rien ne gênait plus l'essor qu'ils devaient être tous ambitieux de donner à leur bel et compacte empire, aux flancs duquel flottaient tout à la fois la souriante ceinture de la mer d'Orient et celle plus sauvage de la mer d'Occident.
Le 1 1 novembre de l'an 1 500, un traité, dont il avait déjà été question à la fin du règne de Charles VIII, fut ratifié par Louis XII et les ambassadeurs des souverains d'Espagne, Ferdinand et Isabelle, pour la conquête et le partage, entre les deux couronnes, du royaume de Naples. La Fouille et la Calabre, avec titres de duchés, devaient venir au roi et à la reine des Espagnes; la terre de Labour, les Abruzzes, les villes de Gaëte et de Naples, avec le titre de roi de Naples et de Jérusalem, devaient être, en vertu de celte transaction, la part de Louis XII, qui renonçait, d'un autre coté, à toutes prétentions sur le Roussillon et la Cerdagne en faveur de Ferdinand et Isabelle. Chacun se chargeait de conquérir le lot qui lui revenait.
Tandis que tout était en mouvement sur terre pour mettre au plus vite ce traité à exécution, Louis XII armait avec une activité égale sur les deux mers. Plusieurs grosses nefs ou vaisseaux do la même famille, parmi lesquelles se trouvait la caraque la Charente, qui portait à elle seule douze cents soldats, sans compter les matelots, et deux cents pièces d'artillerie, sortirent des ports français de l'Océan, pour aller se joindre à des galères que Philippe de Clèves-Ravestein avait, de son côté, fait venir des ports de Provence ou équipées à Gênes, dont il était gouverneur pour Louis XII. La flotte française, forte en totalité de dix-neuf voiles, et portant six mille cinq cents hommes de débarquement, ne paraissait pas toutefois avoir autant pour but d'aider à la conquête
du royaume de Naples, que de secourir les Vénitiens contre les Turcs, qui leur avaient enlevé, à différentes reprises, Saloniquo en Macédoine, l'île de Négrepont, une partie de la Morée et de l'Albanie, et maintenant, sous les ordres du sultan Bajazet II, s'emparaient de plusieurs des îles Ioniennes. La flotte que commandait Philippe de Clèves-Ravcstein eut seulement avis, avant d'aller se joindre à celle de Venise, de passer dans le golfe de Naples, pour voir si Ton n'y aurait pas besoin passagèrement de ses services. Quand elle y arriva au commencement d'août 1504, l'armée française de terre était déjà maîtresse de tout le pays qu'elle avait réclamé au nom de Louis XII, y compris la ville do Naples. Ce même don Frédéric, qui n'avait pas osé attendre, du temps de Charles VIII, le duc d'Orléans dans le golfe de Rapallo, après être ensuite devenu souverain du royaume qu'on se disputait, avait sollicité et obtenu des vainqueurs un armistice de six mois pour l'île d'Ischia seulement, dans laquelle on lui permettait de vivre en sûreté. Philippe de Clèves-Ravestein, qui trouva que c'était laisser les Français en danger que de donner six mois à leur ennemi pour se reconnaître, former de nouvelles ligues contre eux, ou soulever les populations, déclara qu'il ne ratifierait point l'armistice, et fit savoir à don Frédéric que, s'il ne vidait au plus vite l'île d'Ischia, et s'il ne se rendait à discrétion, il Tirait sur l'heure assiéger et prendre. Don Frédéric, contraint d'accepter le sauf-conduit qui lui était offert, s'embarqua sur ses propres galères, et se rendit en France, où Louis XII lui assura une pension honorable, et où il mourut trois ans après. Ce fut le seul service qu'eut à rendre la marine française dans la brillante et rapide campagne de 1501 , qui remit la plus belle partie du royaume de Naples, celle revenant à Louis XII en vertu de la convention du 1 1 novembre de Tannée précédente, entre les mains des Français, tandis que les Espagnols, commandés par le fameux Gonzalve de Cordoue, venaient plus péniblement à bout de la Pouille et de la Calabre, et commençaient à concevoir une extrême jalousie de leurs nouveaux alliés.
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La Hotte de Philippe de Ravestein quitta les mouillages de Naples, le 16 août de celte année 1501, pour aller combattre les Turcs dans la mer Ionienne. Après avoir traversé le détroit de Messine et séjourné quelque temps à Reggio, elle arriva, le 20 septembre, àZanthe, en partit le 5 octobre, et fut rejointe, le 13 , à Mélos, par la flotte vénitienne, forte de trente galères. Le 23 , les Français et les Vénitiens , très fatigués les uns et les autres de la mer, où la tempête les avait déjà plusieurs fois maltraités, opérèrent ensemble leur descente à Mélelin, l'ancienne Lesbos, et combinèrent leurs forces pour assiéger la ville. Un grand cou» rage, rendu inutile par l'indiscipline de plusieurs seigneurs qui s'étaient embarqués comme volontaires sur la flotte de Philippe de Ravestein, et surtout par le désaccord né de la déûance qui régnait entre les Français et les Vénitiens, fut déployé dans les assauts qu'on livra à la ville de Mételin. Des personnages de marque , et entre autres Jacques de Coligni , sire de Châtillon , y furent atteints mortellement; beaucoup d'autres furent mis hors de combat. Philippe de Ravestein décida qu'il ferait rembarquer ses troupes ; et déjà la chose était faite, quand arrivèrent huit galères vénitiennes qui le pressèrent de ne pas quitter la partie et de tenter un dernier effort. Philippe de Ravestein se laissa persuader, débarqua de nouveau ses troupes, et livra un troisième assaut qui ne fut pas plus fructueux que les précédents. La saison était avancée ; le désaccord continuait à régner entre les flottes combinées; les Français remontèrent définitivement sur leurs vaisseaux , ayant hâte de gagner un des ports du royaume de Naples, pour s'y mettre à l'abri des temps contraires. Une furieuse tempête n'en dispersa pas moins leur flotte, de laquelle on avait seulement détaché, pour rester en aide aux Vénitiens, quatre galères sous les ordres d'un brave et habile marin qui devait illustrer le nom de Prégent de Ridoulx. La Lomelline, montée par Philippe de Ravestein , échoua sur les côtes de Cérigo avec un autre vaisseau; les deux tiers des équipages périrent; les habitants de l'île dépouillèrent cl traitèrent le reste sans pitié. Philippe
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de Havestcin et ses compagnons d'infortune eurent vingt-un jours de souffrances et d'angoisses à supporter dans Cérigo , d'où ils furent enfin retirés par trois galères génoises; ils rentrèrent ensuite dans les mouillages de Xaples avec les débris de la flotte. L'honneur du nom français contre les mahométans resta confié à Prégcnt de Bidoulx, et, quoique moins directement, aux Pierre d'Aubusson, aux Emeri d Amboise, aux Gui de Blanchefort, aux Philippe Villiers de l'Isle-Adam , grands maîtres des chevaliers de Rhodes.
L'année suivante, les hostilités s'étant ouvertement déclarées, sur une question de limites, entre les Français et les Espagnols , le succès fut tout entier d'abord du côté des premiers, qui chassèrent Gonzalve, le grand capitaine, de la Pouille et de la Calabre. Mais Louis XII, s'étant laissé leurrer, sur les entrefaites, par de trompeuses négociations, donna le temps à ses ennemis de se relever, et le sort des armes changea complètement de face. La situation des Français en Italie se compliqua de la trahison des Vénitiens. En 1 503 , non seulement Louis XII perdit ses conquêtes de 4502 sur les Espagnols, mais encore le royaume de Naples.
Dans ce temps revenaient de la mer d'Ionie les quatre galères commandées par Prégent de Bidoulx ; elles étaient peu au courant des derniers et rapides événements d'Italie. Grande fut leur surprise de se voir inopinément menacées par toute la flotte d'Espagne, sous les ordres de Villa-Marino. Prégent, dès qu'il s'aperçut qu'il avait affaire à des ennemis, manœuvra de manière à éviter un engagement avec des forces tellement supérieures aux siennes, et parvint à gagner le port d'Otrante, pour s'y mettre sous la protection des Vénitiens, qu'il croyait toujours alliés sincères de la France. Désabusé bientôt par la conduite du gouverneur d'Otrante, et ne pouvant sortir du port sans tomber au milieu d'une flotte ennemie, contre laquelle la lutle était impossible, le vaillant marin adopta une résolution extrême : il brûla, ou, selon d'autres, coula ses galères à fond, et puis se retira par terre.
Le brave Prégent, dont l'unique élément était la mer, ne tarda pas à remonter sur des vaisseaux, il vint se joindre, avec deux, galères et sept caraques, à une flotte qui se formait dans le port de Marseille , et qui comptait déjà deux nefs et quatorze galères. Ces forces navales, après avoir touché à Gènes, cinglèrent vers Naples dans les premiers jours de juillet 1503. Leur but était de porter des secours aux troupes françaises, assiégées par terre et par mer, dans le Château-Neuf; mais celles-ci n'avaient pu tenir jusqu'à l'arrivée de la flotte : le Château-Neuf avait déjà capitulé. Prégent, qui, assurent quelques auteurs, avait reçu à cette époque le titre de capitaine général des galères, lequel emportait avec lui, comme équivalent, le titre d'amiral des mers du Levant, ne voulant pas être venu inutilement, se tint quelque temps dans les parages avec l'intention d'essayer quelque coup de main contre la Hotte d'Espagne. Mais Villa-Marino, qui la commandait, savait à quel redoutable ennemi il avait affaire ; ne se croyant pas en sûreté dans le port de Naples , quoique les deux forts qui en fermaient l'entrée fussent au pouvoir de ses compatriotes, il prit le large, et alla se cacher dans un port de l'île d'Ischia, où il échoua quelques bateaux pour encombrer et fermer le passage. Villa-Marino ne fut pas plus empressé d'accepter le combat avec Prégent devant (îaète. Il était occupé à battre du côté du port, avec huit galères, cette forte ville dont Gonzalve, après avoir pris Naples, pressait le siège par terre, quand Prégent arriva pour ravitailler la place, encore occupée au nom du roi Louis XII. Les galères espagnoles prirent de nouveau le large ; Prégent leur donna la chasse, les força de se retirer à Naples, ravitailla Gae te, et réduisit le grand capitaine à convertir son siège en blocus. Cela ne put, il est vrai, que retarder la perte de cette ville pour les Français, qui capitulèrent Tannée suivante; il ne leur resta bientôt plus, et encore pour un temps bien court, de toutes leurs conquêtes en Italie, que lo Milanais et l'État de Gènes.
Une trêve de trois ans fut signée, le 25 février 1504, entre les Français et les Espagnols ; et peu après Louis XII, en mariant
Germaine de Foix, sa nièce, au roi d'Aragon, céda à la nouvelle épouse tous ses droits sur le royaume de Naples, sous condition toutefois que, s'il ne naissait point d'enfants de cette union, le roi de France reprendrait tous ses titres. De son côté, Ferdinand se faisait tributaire de Louis, et s'engageait à lui payer une somme annuelle de 100,000 ducats. Désormais, selon l'expression du nouveau pacte, les deux rois ne devaient plus faire qu'une seule âme dans un môme corps. Cette intime alliance dura peu, comme on le verra bientôt.
Cônes s'était insurgée dès Tan \ 506 ; Louis XII s'avança par terre l'année suivante avec une armée, contre cette ville, tandis qu'une flotte française, composée de sept à huit galères, de quelques brigantins et de quelques galions, genre de vaisseaux dont la coupe, svelte et robuste à la fois, tenait de la nef pour la force et de la galère pour la vitesse, se présentait devaut le port, sous le commandement de Prégent de Bidoulx, et s'en emparait. Les Génois se rendirent à discrétion. Prégent alla chercher à Porto-Venere la flotte ennemie qui s'y était réfugiée ; il la força à la soumission, et rentra victorieux dans le port de Marseille.
Un troisième personnage à tête couronnée et, par suite, une troisième nation vinrent bientôt se jeter avec les Français et les Espagnols au milieu des affaires d'Italie et les embrouiller de plus en plus, ou, pour mieux dire, s'y trouvèrent imprudemment engagés par Louis XII lui- môme : c'étaient l'empereur Maximilien et les Allemands, que le roi de France appela, par le traité ou ligue de Cambrai , en 1 508 , ainsi quo Ferdinand le Catholique, à participer à la destruction de la république de Venise, dont il avait fortement à se plaindre. Les confédérés laissèrent d'abord aux Français presque tout le soin de la campagne de 1 500, qui vit la célèbre bataille d'Agnadel. Les Allemands arrivèrent les derniers, et, malgré la préseuce de l'empereur Maximilien, n'éprouvèrent que des défaites. La marine française ne paraît avoir joué aucun rôle marquant dans la première année de cette guerrecontre un des plus puissants États maritimes de l'époque.
II y avait trop de causes de prochaines divisions dans la ligue de Cambrai pour qu'elle ne fût pas avant peu rompue. Le pape Jules II, qui en était un des instigateurs, y fit tous ses efforts, se rejeta du côté des Vénitiens aussitôt que les Français lui eurent conquis les places qu'il prétendait être du domaine pontifical, et trouva moyen d'intéresser, quoique indirectement, dans la querelle d'Italie, le roi Henri VHt d'Angleterre; de plus, il y entraîna les Suisses mercenaires. A l'ouverture de la campagne de 1510 , tout était disposé pour que chacune des parties , naguère contractantes dans la ligue de Cambrai, travaillât bientôt pour son propre compte. Comme les Français remportaient toujours des succès par terre , Jules II voulut faire par mer une tentative contré Gênes, dont ils étaient maîtres; il envoya en effet dans les golfes de Chiavari et de Hapallo onze galères vénitiennes et une à lui , qui portaient un corps d'émigrés génois , sur lesquels il comptait pour soulever un puissant parti en sa faveur. Mais six galères provençales, conduites par Présent, entrèrent dans le port, et la flotte vénitienne et pontificale, quoique du double plus nombreuse, dut se retirer avec honte. Jules II, n'ayant pu réussir parla force des armes, fulmina alors des excommunications contre les principaux chefs de l'armée française, sans en excepter, et même en nommant spécialement Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche ; excommunications d'ailleurs auxquelles les prélats de France avaient d'avance répondu, en déclarant juste et nécessaire la guerre contre les prétentions toutes temporelles du pape. Jules II , après avoir essuyé de nouvelles défaites , obtint du roi d'Espagne qu'il formât, avec les Vénitiens et lui, contre la France , une ligue à laquelle il affecta l'épithète de sainte. L'armée de terre eut seule part à la campagne de 1512, dont les commencements furent si glorieux pour les armes françaises , mais qui , après la bataille de Ravenne , où périt, en remportant la victoire , le jeune et brillant Gaston de Foix , se termina, faute d'un général dans lequel l'armée eût confiance, par une retraite que l'ennemi vit sans l'inquiéter. Des garnisons
furent seulement laissées dans les citadelles de Milan, de Novarre, de Crémone, dans le château de Trezzo et la lanterne de Gènes.
L'Anglais, selon son habitude, n'avait pas manqué de mettre à profit les embarras de la France pour l'attaquer par les provinces que baigne l'Océan , et raviver des prétentions d'autant plus inadmissibles, quo la famille qui occupait alors le trône d'Angleterre n'y était parvenue qu'avec l'aide de la France. Henri VIII cependant, qui avait succédé, en 1509, à Henri VU, et qui devait être un peu plus tard le plus redoutable ennemi des papes, le soutien du schisme dans l'Église , avait accédé à la ligue dite sainte , et, ayant ouvertement déclaré la guerre à Louis XII, avait envoyé, sous les ordres de son amiral Édouard Howard, le gros de sa flotte contre les côtes de Normandie et de Bretagne; tandis qu'une escadre, commandée par Thomas Gray, marquis deDorset, avait eu mission d'opérer, conjointement avec les Espagnols, contre Bayonne et la Guienne. Flotte et escadre furent obligées, cette année , de se retirer sans avoir rien entrepris d'honorable ; deux ou trois misérables hameaux brûlés , sur la côte de Bretagne , par le grand amiral de Henri VIII, paraissent avoir été tous les exploits des Anglais. Quelques vaisseaux rassemblés à la hâte, et commandés par Pamiral de Bretagne, Jean de Thénouënel, avaient suffi pour rendre bientôt les ennemis au respect et les forcer à rentrer dans leurs ports.
La division ayant commencé à se mettre dans la nouvelle ligue, et le pape Jules H étant mort, Louis XII entreprit, au printemps de l'année 1513, de recouvrer le Milanais et l'État de Gênes. L'arrivée de Louis de la Trémouillc en Lombardie, et celle de Prégent, avec neuf galères provençales, devant Gênes, décidèrent les habitants de cette ville à ouvrir leurs portes aux Français et à leurs partisans. Toutefois la flotte de Gênes ne s'était point soumise, et, à l'approche de celle de Prégent, s'était retirée dans le golfe de la Spezzia; la flotte française l'y poursuivit, et saccagea la ville dont le golfe porte le nom. Après cette expédition, on alla mouiller à Porlo-Vcnere , d'où cinq des galères françaises
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regagnèrent les ports de Provence ; les autres restèrent à Gènes , avec Prégent , jusqu'à ce qu'une nouvelle évacuation de l'Italie par les Français, après la désastreuse bataille de Novarre , et les menaces incessantes des Anglais, du côté de la Picardie, rendissent leur présence plus utile dans l'Océan que dans la Méditerranée. Cette fois il ne resta plus aux Français, de toutes leurs conquêtes en Italie , que la citadelle de Milan , celle de Crémone et la lanterne de Gènes.
Prégent, sur l'ordre qu'il en reçut, abandonna donc les cotes de Gênes, et sortant du détroit de Gibraltar, entra dans l'Atlantique, avec les quatre galères qui lui restaient, pour s'opposer aux opérations des Anglais , qui menaçaient de nouveau les côtes deGuienne, de Picardie, de Normandie et de Bretagne. Le grand amiral d'Angleterre, Edouard Howard, ayant aperçu les galères de Prégent, leur donna la chasse avec tous ses vaisseaux, et les joignit le 25 avril 1543. Prégent n'avait semblé fuir le combat que pour prendre une position qui lui permît de le soutenir avec quelque chance favorable. L'anse du Conquet, non loin de Brest, lui avait procuré cette position, en ne permettant pas aux gros vaisseaux ennemis de s'approcher de ses galères. L'amiral Edouard Howard cependant, qui avait deux galères dans sa flotte, confia l'une au lord Ferrers, passa de sa personne sur l'autre, et, se faisant accompagner de plusieurs grandes chaloupes armées , n'en poursuivit pas moins les Français dans l'anse. Soudain Prégent tourne la proue et fait tête à l'ennemi. Édouard Howard croit encore que c'est une proie qui lui appartient , ordonne de forcer de rames vers la galère de Prégent , de la presser vivement et de s'élancer à l'abordage. 11 s'élance en effet des premiers , l'épéc à la main , suivi de plusieurs qu'un si noble exemple enflamme. Mais Prégent est aussitôt en face de lui , et le reçoit non moins bravement qu'il l a vu venir. Prégent commande, et en un clin d'œil , Édouard Howard et ses Anglais sont entourés d'une ceinture de piques françaises qui leur ferme toute issue pour la retraite; luimême il va droit à la personne du grand amiral , le prend corps à
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corps , et ne s'en sépare qu'après l avoir étendu à ses pieds. Il présente alors une main généreuse à son ennemi, le relève , et lui offre la vie ; mais Howard , après avoir essayé encore de lutter, se précipite dans la mer, et se noie. D'attaqué, Prégent se fait attaquant, coule bas la galère que montait naguère Edouard Howard, force à une fuite précipitée celle de lord Ferrers, et disperse toutes les chaloupes armées d'Angleterre. Bientôt il aperçoit un vaisseau qui s'est détaché du gros de la flotte ennemie , et qui , non pas menaçant , mais silencieux et morne , vogue vers lui, déployant de loin le drapeau blanc en signe de pacification. Ce vaisseau portait trois médiateurs de rang illustre, qui venaient demander des nouvelles du grand amiral d'Angleterre et de ses compagnons. Prégent ne put répondre aux envoyés anglais qu'en leur montrant la mer et des cadavres encore flottants; dans la chaleur du combat, on n'avait point fait de prisonniers. La flotte étrangère , après avoir acquis la certitude de la mort de son grand amiral , ne songea plus qu'à retourner dans ses ports annoncer cette perte à Henri Mil. Mais Prégent sur l'heure mit à profit la démoralisation des ennemis, les poursuivit; et sachant les côtes de France pour quelque temps mises en sûreté par ses soins, il alla attaquer celles d'Angleterre. Une tempête sépara la galère qu'il montait des trois autres, mais ne le força pas de renoncer à son dessein. Avec la seule galère qu'il eût encore à sa disposition, il jeta le trouble sur la côte du comté de Susse* , où il débarqua heureusement et où il recueillit un grand butin. Ce ne fut qu'après avoir perdu un oeil , et devant des forces considérables aux ordres du nouvel amiral d'Angleterre, Thomas Howard, frère d'Edouard, tué dans le combat du 25 avril , que Prégent se décida à rentrer glorieusement dans le port de Brest1 .
C'était dans la même année 1513, à l'époque où Henri VIII faisait une descente en Picardie avec son armée, et se joignait à
« On trouve dans les pièces justificatives de Y Histoire de îa puissance natale de TAngX*terre, du bnron de Sainie-Crolx, la traduction d'un mnnuscrit 1res curieux de la bibliothèque cottonne.relalifàce combat. (Voir tome l'r, pages tttelsuiv. de cet ouvrage, édition de 1786.)
l 'empereur Max imilien. La flotte d1 Angleterre, jalouse de venger la mort d'Edouard Howard, parut, le 10 août, à la hauteur de Sainl- Mahé, depuis Saint-Mathieu, à la pointe de la presqu'île de Bretagne. La flotte française, qui se composait particulièrement de vaisseaux normands et bretons , était deux fois inférieure en nombre, et en outre, croyant l'ennemi tout occupé de la Picardie, se trouva presque prise au dépourvu. La présence d'esprit des chefs répara l'inopportunité du moment; leur courage et celui de leurs soldats tinrent lieu du nombre. La flotte française, à laquelle Prégent de Bidoulx était accouru se joindre avec ses galères, eut soin de conserver l'avantage du vent; puis elle sedé^ cida franchement à l'abordage, fracassant ou coulant à fond près de la moitié des vaisseaux ennemis. Au milieu de cette attaque générale faite par les Français, on remarquait surtout une grande et belle caraque ornée superbement et avec un soin de reine; elle avait déjà coulé à fond, à elle seule, presque autant de vaisseaux ennemis que le reste de la flotte ensemble; et maintenant elle se voyait entourée de douze des principaux vaisseaux anglais qui avaient réuni tous leurs efforts contre elle. C'était Marie la Cordelière, que la reine de France, Anne de Bretagne, avait fait construire elle-même à grands frais, à Morlaix, et dont elle avait confié le commandement au plus digne capitaine breton qui fût alors, au vaillant Primoguet. La Cordelière, dans son isolement contre tant d'ennemis, luttait avec un courage qui tenait du prodige; sur les douze vaisseaux qui l'entouraient, elle en mit plusieurs hors de combat, et en écarta quelques autres. Un gros vaisseau anglais, commandé par le chevalier Charles Brandon , avait été complètement démâté à coups de canon par la Cordelière, dont le triomphe allait être complet, quand , de la hune d'un vaisseau ennemi, on lui jeta une masse de feux d'artifices qui l'embrasèrent à l'instant. Une partie des soldats et des matelots purent se sauver dans des chaloupes; mais le capitaine Primoguet, après avoir laissé à chacun le droit de quitter une partie désormais désespérée, ne voulut point user, malgré les prières des siens, de
la possibilité où il était aussi de sauver sa vie. Sa vie, elle était liée tout entière à l'existence du vaisseau que lui avait si spécialement confié la reine; elles devaient finir irrévocablement l uue avec l'autre. Soudain la Cordelière avise la Régente, de 1000 tonneaux, et sur laquelle Thomas Knevet, écuyer de Henri VIII, remplissait les fonctions de vice-amiral d'Angleterre; comme un volcan flottant va sur elle, vaste torche incendiaire, impitoyablement l'accroche, et la revêt de sa robe enflammée. La poudrière de ta Régente saute, et avec elle le vaisseau ennemi, celui qui le commande, et des milliers de membres brûlés et en lambeaux, tandis que la Cordelière , satisfaite et superbe encore dans son désastre, éclate aussi , puis , comme une trombe de feu et de fumée , s'évanouit dans les flots avec son immortel capitaine Primoguet qui, de la hune, s'était précipité tout armé dans la mer. Les vaisseaux de Dieppe couraient un grand danger, quand ils furent secourus fort à propos par trois à quatre bâtiments bretons du Croisic, qui donnèrent la chasse à l'ennemi. La flotte anglaise prit la fuite, et fut poursuivie jusque sur les côtes d'Angleterre, où l'illustre Prégent opéra une nouvelle descente aussi glorieuse que la précédente1. Il débarqua, avant la lin de la même année,
1 Hormis sur la victoire des Français et sur la gloire dont se couvrit Primoguet , il y a plusieurs incertitudes nu sujet de ce combat. La si partiale et indigeste Histoire navale d'Angleterre le place en 1512. Presque tous les documents historiques , entre autres les Grandes Chroniques de Bretagne, d'Alain Bouchard, les Histoires de Bretagne, de d'Argeulré, dom Taillandier, dom Lobineau, le placent à la date que nous avons adoptée. Polydore Virgile, historien souvent très peu exact, donne encore pour amiral à la flotte anglaise, dans celle circonstance, Edouard Howard. H. de Sismondi, dans son Histoire des Français, fait mourir le nouveau grand amiral d'Angleterre , Thomas Howard, dans ce combat; mais une pièce, datée de 1622, qui confère à Thomas Howard, comte de Surrey, le commandement des flottes combinées de Charles-Quint et de Henri Mil, ne nous aurait pas permis d'adopter cette version, quand bien même diverses autres circonstances ne la combattraient pas . Les historiens de la Bretagne font du combat de Primoguet une affaire dans laquelle il aurait été amiral, et où ne parait en aucune façon Prégent de Bidoulx. Ce doit être une erreur volontaire, pour mieux faire ressortir la gloire de Primoguet, leur héros. Sainte-Croix parait les avoir suivis sous ce rapport ; il fait plus encore en plaçant ce combat avant l'arrivée de Prégent dans l'Océan. Jean d'Auton, dans son Histoire de louis Xtl, pendant les années 1401), lâoo et lAOi, parle du vaisseau que devait monter plus tard Primoguet, et le nomme Marie la Cordelière. Nous n'avons pu remettre la main sur un document où nous l'avons vu sous le nom de la Belle-Cordelière, chose très peu importante d'ailleurs. Il parait que la reine Anne l'avait fait ronstruiic pendant son veu-
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avec le capitaine Charles Lartigucs, son compatriote, dans le comté de Sussex, où il brûla la ville de Brightelastonc1.
Vers ce temps, la paix fut conclue avec le roi d'Angleterre. Louis XII mourut deux ans après, lorsqu'il se disposait à recommencer la guerre en Italie, où il n'avait pas cessé de conserver quelques positions.
Les guerres de Louis XII n'avaient point épuisé le royaume; son économie naturelle avait trouvé moyen de subvenir à tout, sans ruiner la nation. Le commerce maritime de la France, que l'on avait vu renaître avec une rapidité étonnante depuis l'expulsion des Anglais et la fin des guerres civiles, continuait à être en voie de grande prospérité. Personne n'avait plus contribué à lui donner du mouvement sous le règne de Charles VII et même encore sous celui de Louis XI, que le célèbre armateur Jacques Cœur, fils d'un orfèvre de Bourges, qui, de Montpellier où il avait placé le centre de ses opérations, s'était vu en état d'entretenir continuellement douze navires rien que pour trafiquer avec 1 Egypte et le Levant; et d'envoyer une escadre de galères, armée à ses frais, au secours de l'ordre de Sai nt-Jean-dc- Jérusalem ; il avait été, par ses finances , le nerf des armées françaises combattant et chassant l'Anglais, comme Jeanne d'Arc en avait été le génie et l'inspiration.
Sous le règne de Louis XII, Jacques Cœur, malgré l'ingratitude, la prison et l'exil dont on avait payé ses services, n'était point resté sans imitateurs. Des armateurs s'étaient trouvés pour former de grandes et lointaines entreprises. Les Dieppois reprenaient la route des côtes de Guinée, qu'un d'cnlrc eux, nommé Cousin, fréquentait en 1488. Depuis six ans à peine, Vasco de Gama avait doublé le cap de Bonne-Espérance, qu'un navigateur normand , Binot-Paulmier-de-Gonneville , partait d'Honfleur , en
vase de Charles VIII, et lui avait donné pour enseigne la cordelière d'argent qu'elle ajoutait autour de l'écu de ses armes, avec cette devise : « J'ai le corps délié. •
1 Nous avons donné la vie de l'régenl de liidoulx et .«-es campagnes contre les Musulmans, comme commandeur et grand-prieur de l'ordre de Sairii-Jean-de-Jciuaulcin , dans nos Marins illustres.
1503, pour suivre sa glorieuse trace. Comme lui, (ionneville doubla le terrible et fameux cap des Tourmentes; mais assailli d'une furieuse tempête, il perdit ensuite sa route, et se trouva, par un calme plat, dans une mer inconnue; il aborda à une terre qui, si elle n'était, comme quelques-uns ont cru pouvoir le supposer, l'Australie, devait être beaucoup plus présumablcment l'île de Madagascar, que les Portugais ne virent, pour la première fois, qu'en 150G.
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