‹ Histoire maritime de FranceChapitre 17 sur 19 · CHAPITRE ZI · texte numérisé non relu

CHAPITRE ZI

(1) • Cette ville, di?ail l'intendant delà généralité de Flandres, dans un mémoire dressé à la demande et pour I instruction du duc de bourgogne, était du patrimoine de la maison dt Bourbon^ y étant entrée par le mariage de Marie de Luxembourg, pelile-fille du connétable de Saint-Pol et de Marie do Bart. Maximilien d'AulrIcbc ne laissa pas de s'en emparer, et elle est restée à ses sua'e3seursjllSqtt'en4658,oàJei Anglais et les Frau(ai« l'eulevèrenl aux Espaguols. •

{%) Voir l'ctat comparatif ci-contre.

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

en

•Zj .s —

u es

SS

es

ta

S Si

ta -n

autnva (M iTiox

O w ân M

( -w^lïj 1

CD

<r> en

UN

oo

' oc

OC

ys

oo

oo

flO

■ri

su

'•^Mf ^ S S S a « « ^^s:? I

•ntMiiu ni

«tto«r» aa atamw

;^.-i5OC530 0C 'S000t-"C'

oo

fiRKon.a anmii

o £^ — . 4(5 O O O O 4'? O •3 c; O SO ÎO O <£ *! -"î

ÔÔ

Ul

Hou. I'» «Ji'*<->|<1 >!« 1-0 H < XN I •■■il I. - " " ' '1''» »s«W 4'»«U*»M«li «)^.i**r-fiAMl" gucnct d« t« Urful>;i<|u< el de l'iufirt. V

NOTES

(3) Ce 50ut là lc9 limites que Charlcvuix assigne au Canada, dans son nis'< ;rf de fa NùwaUê'France. Les ouvrages de date plus récente dirent eo général i\\:c \v Canada, «utrefoi* poMesaion française, a , dana aa longae«r« de J'esl à roaest, quatre

coTit (juatre- vingt-dix lieuc«, et dans sa largeur, du nord au sud, de qualre-vii»;;!- (lix a deux ç»ai viugl-cioq tieiieâ; le UMit divisé en deai. r^iMis de liant et bas C loada. •

(4) • Gtmondaoi en langne jnN|noiae, paogan ches lea aniraa Indiens, et parnt tea

Français le nluînet , du mol normand chalumeau , est une manière de pipe fi»i l loii.'iu', enjulivce de pic-bois, de canards branchas, oiseau dont la tête est de la plus belle écarlate.el d'autres brillants pluutage». Le calumet a, chez les Indiens, quelque chose de ai mystéfieni, qu'ils disent que c'eal un présent que le soleil a envoyé ans homme» pour établir et cunlirmer la paix parmi eux. Quiconque viole un calumel doit périr, et il s'altire on n uMiio temps i ludigoatiou dr^ dieux, qui ont l.ii^sé au soleil le pouvoir d éclairer la terre. Quoique le calumet suit le symbole de la paix, il sert néanoioiDs poor la guerre. Lorsqu'une nalion l'« porté on laissé dies une aoiret si elle est allaquéed'alUeurs, telle qui s'eal unie par le calumet doit prendre ses intér*^ls et venger ses morts. Quand les Indiens envoi» !!', un r iîitm t fl-.nl les plumages sont peints de rouge, c'est une mari)ue qu'ils olJieiu des secours ; lorsquecea plumages sont blancs et gris> c'eal la marque d'une paix profonde el d'un secours, non-seulement à ceux à qui ils présenteol le calunel, maiaà tous leurs alliés. S'ils peignent un côté de ce pitrmafîe en rouge, el que l'aulre soit resié gris el blanc, ils déclarent par là qu il< w veulent avoir aucun ennemi du col • qui re.::>irdc la couleur blanche el grise. mais qu ils veulent la guerre du côté que regarde le rouge. Les lodieaa ne fiml aucune entreprise considéral)le qu'ils n'nienlnuponvanl eiéculé la dnnae du calumet. m{aaMin d$ ràmériqu* ttpUnMon'Âê» pur de U PoilMrie.)

(5) Liff of li>'bcrl Cavelier de La SaiU. Boston, 4844. — Journal historique dt$ demter voyage de La Sale, par Joulel;— Relation d< Ut Louisiane et du Mississipi, par te chi^valier de Tonti ; Éta^iement de ta /in, par Le Clerc ; — IMooiMwrfa d'un paijs i>his grand que l'Europe^ entre le SouveaU'Mexique et la mer Glaciale, \ vol. 111-12, dans la collection dcà voyages du Nord ; — Histoire de la Louisiane. — Relations dut, missionnairet de la compagnie deJésun a la Nouvelle- France ; — JlfCMsi d9$ toyages du Nofd , 40 vol Amslerdam , I73t ; — Aislotra d» la Noavelle-Prance, par Cbarlevoix; — //i.s/ r i ; i Amériqué septentrionale, pu dê Auqueville de La Polberie; — Carions Canada^ aux Archiwi de to marine»

(6/ Le dossier Duquesne, aux Archives de la marine, quoique les doraroeols ^ aient été pour la plupart enlef és on disséminés, contient un projet de Duquesne lui» même à ce sujet ; les cartons dits politiques des mêmes archives eo conHeoneat plu-

sieurs autres d.iiis ! im ls les vues ile Duquesne se trouvent aus>i mêlée* On trouve dans la deuxième série, toui. 10 des Archives curieuses de l'histoire maritime de France, colligées par Danjon , un Projet pour Ventrepriee d Alger, qui prouve qu'on n'a fait qu'exécuter en quelque sorte sous le règne de Charles X un plan conçu sous le règne de Louis XIV. — Quant aux bombardenirnl* d'Aieer et autres villes barbaresques li [m cfs abondent aux Archives de la marine, dan* les dosi^iers Pelii aenau, Uuquesue, lourviile, d Estrces, de Beaujeu, de Léry, etc., elc

£T PIÈCES JUSTU 1CÀTIVË& 503

CHAFITBB Xlf*

(1) Od trouve aOx Arehwti de la marine de Irès-carieux cl imporlatUs détails tor la rMallon qoî s'opéra, vers ces temps « dans la eonstnidloii des vaisseani.

Le» registres Ordrt s dn roi ol CorrcSj,ondanrc J: s srrr,'lititcs d'Èl it, de* intendants, etc., le dossier de Renau (Pelil Ron.iii ), irmcnioiir général de la marine et capitaine de vaisseau, à qui ou doit en grande partie cette re\ oIulion, celui de Tourville qui y eontribua aossi pour sa large part« les papiers relatifs aux maîtres char* lientiers, le dossier DuquCi^ne. tout réduit qu'il est, et plusieurs autres, fourniraicat matière à un ouvraî^c entier sur l'archéolo;rie navale à l'époque Me \mH XIV.

Quant à nous qui ne pouvons nous étendre sur ua sujet si spécial, oous ne donnons {ci que quelques extraits des drasiersTourville et Petit 'Renau, sevlement pour que l'on prenne nue première idée des recherches et des essais auxquels se vraicnt, de conrert nvec le roi H son minis^lre , les marins de ce temps dans le bat de faire progresser la construction des vaisseaux.

LETTRES DE TOURYILLE ET DE PETIT-RE^^AU AU MINISTRE DE LA MARINB lUR LA CONSTHUCTION 0E8 TA188BAUX.

UTTRES DB TOUnVILLB.

iUebtfwl. U iSavrit iiU.

■ Monseigneur, j'ai reçti la lettre que vous n) avez fait l'honneur de m'écrire; je ne manquerai pas de me trouver à Pont comme vous me l'ordonnez,- le viogt qua- Irièmede eemois. Je ne perds nocnn moment pour m'inslmire à fond sor les oon- •Iraetioii-, aflii de pouvoir vous répondre à toutes les i|uetitloos que vous me pourriez niiri'. Je découv re tous les défauU de nos navires que nos maîtres fiançais ne oorrigeroiU jamais, a moins qu'on ne le leur montre et qu'ils ne fassent des dessins de vaisseaux qu'ils auront & faire, l'ai appris qne II. Dnqnesne vous avait envoyé des mémoires sur la manière que devaient être construits les vaisseaui de chaque rang. Quoiqtir je ne doute pa? qu'on ne puisse rien ajouter à <a théorie, cependant si les fonds de leurs navires ne sont point changes et (|uc le trait de leur varanmio ne soit tracé d'une autre manière, ilâ ne feront Jamais de vaisseaux qui porleui ia voile. LExeethnt, que maHre Honorât a fait, a le même défaut que tous les autres; il a sa batterie noyée. Chabert dit ^iiie [tar re (|u'il en a déjà vu, il ne portera pas bien la voile. Je «ms assure que nous pourrons corriger ces dcf iiils. Je ne trois pas, monseigneur. (]uc vous fassiez commencer un vaisseau de picmur nt de second rang en Provence, qu'on u'alt bien eianiné aopanvaDi s'il «un les mèoies défoula que ceux qu'on t Mts par le pasiéi et«.« Chevalier m Totraviua. •

RmIMM, I« 7 JailUI ISM.

« Je ne me suis point donne i honneur de vous écrire sur les (x^uâtructions depuis quoique temps, étant bien aise de vous en parier avec plut â9 oertllude. Après avoir vu la manière de bâtir de maître niaise , charpentier, je peux vous assurer,

moiweis'^eur, qu'on n'a j,nn.ii« vu on l'iatice df fdii ls de vaisseaux si beaux que ceux que l'on a faits au modèle que vous m avez ordonne de faire cooatruire , et je

NOTES

uc crois |tas qu'on puisse ajouter à la manière dont, il bàiit. Nos maîtres aièioe sont forcés d'eo convenir..... Je sais persuaiM que œ modèle voos jMn et qoe vovi trouverez que les vaisseaux du troisième rang ont ane juste proportion tant ponr U bonté que pour la beauté. Je ne leur donne, de plus que M. D^'ino^ne, que cinq piedâ de l'élrave à rélambot, qui en font tout 1 agrément, ^ous répondîmes hier au devis de Brest qui ne me pnral en socone manière raisoMMble. Voas eo jngerez. monsetgaeur, lorsque vous con$idér(>re/. que Ilubac ne donne« ses vaisseaux du premier ranfî qwe cent cinquante pieds de l'élrave à rélamhnt, qui sont fp'izc pie(l> de moins que n a ie vaisseau le ViciorUux, auquel il manque huit pieds pour être d'une loognenr parfaite. Il temble eocoie d'an inconvénient plus grand que les cbnrpentiers de tVo\once qai donnent i leurs vaisc^nx dn deuxième rang cent soixante-deux pied-. Vous verrez , par modMf* qnp vous m f iitt > faire à Toulon, qu'il lui manquera deux pieds pour le rendre d une longueur coavenablo... On travaille depuis quelque tonps au radoub du vaisseau lAdmiri^le qui s est trouvé nniué de deui pieds. Cela vient de ce que nos viiesetnx jusqu'ici n'ont point eu assez de souIi't de l'avant el de l'arrière. C'est à quoi nous remédierons sûrement îl m'a paru aussi que les navires IravaUlenl exIrûmemoiU dans leur radoub, d auuut qu'on est obligé de les mettre tous les jours sur le (^lo pour les noooronodcr, outre qu'il est bien difflcile de pouvoir liiire dé bons ndoabs. Jtos fonMÊ parjuraient beaucoup dè/OMmtfSf â» travail et les vaisseauji «sroMnl beaucoup mktix raàùab4$, etc., Chevilier m ToiniviuB. •

• J'ai reçu la leitre que vous m'avei fatf rbonoeor de m'dcrire, le 2i juillet, par

laquelle vous m'ordonnez r!c Honrr^r mes soins pour ce qui regarde le raboud des vaisseaux; \o vous assure quon ne peut s'y appliquer davantage et que nous les radoubons d une manière à ne plus craindre des accidents aussi ficiieux que ceux qui nous sont arrivés par le passé. J'ai en bien de la joie que vous ayei relardé la oonstraction des deux vâi>seaux qui se doivent bâtir à Brest, et que le filsd'Hubac vienne à Rochefort pour lui faire connaît rf lp< prrpur-; dans lesquelles il él-til. Le modèle qœ vous avez ordonné de faire sera achevé a la ûn de ce mois. Le maUre charpentier napolitain l'a bâti d'une manière extraordinaire; il a fait tous ses gabaris à terre, et ils se sont rencontrés d'une si grande justesse qu'il n'y a eu rien à redire. On n'a jamais vu vaisseau mieux conduit et avec de plus belles liaisons. Tous 1m étrangers 1 luil admire et tous nos maîtres eo sont étonnés. Je vous peux assurer présentement qu il n'y a non-seulement de mattre ebarpentier en Fnuiee si habile, mais que je ne ereis pas qu'il y en ait en Europe. Les longueurs que nous avons données au vaisseau sont trës-proportionnées, el à l œil môme elles nous paraissent convenable. Il s'entend aussi parfait^meot à donner un air à nos poupes el à nos galeries que nous n'avions point encore eu eo Pnnoe. Il ménage son bois autant que vous le pouvez souhaiter. H. l'intendant nous a écrit pour savoir la résolution que vous prendriez de renvoyer par terre el par mer. Pour moi, je trouverais qu'il serait plus à propos de l'envoyer par mer pour en connaître la bonté et le faire voir aux uflicicrs de port de Brest et du Uâvre. Cela ne m empêchera pas que je ne vont» en fasse voir les liaisons en levant ses ponts; et /• maUre i'offre à

en bâtir à l'ersailks du premier et du second rang, arec les mêmes ftroporlions du modèle. Il n'y a que trente -dnq pierU de Inng^ ri ce sera uue chose extraordinaire de voir arriver un navire de celle longueur monté de 60 pteccs de canons, et troomer la mer»

f f «i eumlné lu machine dv sieur Renau. Son grand (^abari ^ (igii et ^vient

ËT PIÈCES JUSTIFICATIVES. m

ftvfc cdvi du mattfe charpentier ; il a tiré les gabaris do fond avec ea macbiiie; nais

il ne nous a point encore fait voir de demonslralion ju^te pour C6 qui regaitle les piabarisde l'avaiil cl de rarrièri', cl il faut faire aiilaiU (!<' L'ubart? de |ilanche (lu'il en fait en bois, parce que sa maciiinc ne peut opérer que dans un tieu uni et ne peut se porler sor iido pièce de bois pour la gabarier.

« Lorsque le Gis d'Habac sera arrivé, ce ne fera pas assez de convenir des Ion« gueiirs et de la largeur, s'il no donne une conduite dans ?o:t f -nd pour corriger le difant de ne pas porler la voile a de mal placer son fort, ce qu on n a jamais connu eo France.

€ Je fais aller tous les officiers aux carèoes, aoi radoubs el aux eoostnielîoiiB, et leur fais taire moi-même l'exercice du canon aussi bien qu'aux canonniers qui sont destines pour apprendre le mclier. J'ai dit aux olliciers que lorsqu'ils auraient vu mettre quelque vaisseau sur le côté ils m'en rendraient compte , el que je les interrogerais pour voir le proûl qalis y aoraieiit fail el vous le faire savoir, je sois, etc., ' Touaviui. •

■ntihiM»tstimsiii

« J'ai appris, par une lettre, que voos avec fait l'honneur d'écrire à H. l'inten*

danl,quesll'onpouvaildémoiiler le petit vaisseau lorsqu'il serait arrivé à Paris, voiH ronscnliriez qu'il allât par mer. Vous me permellrez de vous dire qu'il est iujpu:!ïibic de le démonter entièrement saus le rooipre. Ou pourrait démonter les pools poor vons fàire voir tontes les liaisons, car. pour ce qui est do bordage, il oe serait pas nécessaire dele lever. Si vous voulez bien, monseigneur, que je vous dise mes senti ments sur ce qu'il serait néce3|aire de faire pour donner une parfaile coaoaissance à nos roallres charpentiers dans tous les ports, de la manière dont maître Biaise bfllit ses vaisseaox, et poor en eonstraire loojonra de semblables, U serait k propos que, dans te port de Rocbefurt, il fît des gabaris en grand des vaisseaux de tous les ranîj;s, oomme si on les voulait bàlir et les laisser dans les mnî'asins du roi. lien ferait trois de l avant et quatre de larriere, qui donneraient la forme à tout le vaisseau, afin que nos matlres ne se passent tromper , et on leur apprendrait Tosage de ces règles. Je trouve que nous avons trois on quatre maîtres en France capables de les apprendre, qui son! k nh d'Qubac, le fils d'Honorat, le maître charpentier du Hâvre, el le flis de Coulomb qui est en Provence, il donnerait aussi des gabaris de toutes sortes de rang au ûls d'Uubac pour i&> fuir« porler à Brest; et, par ce moyen, on ponmit Mre essoré qu'il n'y aorait aoeone dillénnoe dans tous les vaisseaux de ces dritx ports. Il est, à mon avis, de la dernière importance, que le modèle aille par mer pour en connnUre Ic^ pt^ rfixiions ; car, pour les liaisons, nous sommes assures qu'elles sont admirables... Maître Biaise se rendrait à Paris environ dans le temps que le modèle y arriverait, pour montrer sa manière de bâtir aux maîtres du Hivrc et de Dunkerque... Ils emporteraient avec eux d» gabari* de tous les rani^-^ , romme ceux qu'on laisserait à Rochefort et qu on donnerait à Hubac. Ensuite niaUre filaise irait en Provence où je l'accompagnerais si voos le jugiez à propos, poor eoovaincra nos maîtres charpentiers de Provenee, là où il s'établirait avec votre permission. C'est la grâce qu'il vous demande ; il est ao* rotihi'né aux pays chaude et il est toujours mnl idc à nocheforl. Il nous serait donc d'une graodeutililédans la mer Méditerranée pour tous les bâtiments de rang qu'il fait en perfection... Je vous peux assurer, parce que j'en peux connaître, qoe c'est te plos habile homme qu'il y ait encore en France. Je fais faire un dessin d'un vaisseau de second rang pour vous l'envoyer l ordinaire qui vient, ilracconimode la Favorite, U ifkllooge de tix pieds el ^e soa ^otifflage ^ cela ne l'empêchera pas qu'il pe Iqi

NOTES

fuse porter la voile ; tl m peol rallonger davantag» à came de cm peo de largeur.

Nous attendons les ordres que vws wMu eavcrrei mr le ntodèlc. Faiics-moi l'Iiooneur de croire, etc., TooaviLLi. •

1 von? demande pardon si jp me sers d'une antre main que de la mienne pour me donner l'hnnîH'nr rie xon^ écrire. J'ai eu noul et fllv nrr <>s do fièvre double tierce dont je sais naintenaut quille, qui m'ont tellement aUaibii que je n'en ai pas la force. J>8père d'èire le vrogt^mqmème da mois à Rocbeforl. Je ne maDqoerai pas d'exécoler ponctuellement ce que \om ordonnez que l'on fasse sur ce qui regarde le modèle. Nous !<• fl'iniontfroti'; le miette qti'il sera possible poïir l'envoyer à Sainl- Cloud, afin de le iiuuvuir remonter en présence du roi, et lui faire voir tontes les liaison», que vous approuverez as-surément. Je ferai faire à maître Blaîsedes gabaris en grand des vaisseaux de tous les rangs p^iir les envoyer dans Ions te^'ports. Pour ce qo! p<t du navire du second rans donl j(M'ou8 ai envoyé un di'^^in. je prendrai la liberté de vous dire qu'aussitôt que j ai représenté mes raii^uns au tils d'Hubac, en présence de tous les officiers, il n*a pas hèsUé & s'y rendre; il est convena qo'an navire du second rang devait avoir cent cinqaanle-huil pieds de Tétrave à l'élambol; il nous a avoué qu'il s'était trompé d'un r.inpr, et qtir lorsque nous avions enlendu parler d'un navire de premier rans, Il avait cru que ce n t lail qu'un navire à Iruis ponts sans guillardï», et que les navires qui avaient trois ponts et deov gaillards Malenl des navires hors de rang. Je lai al fait entendre que lonqiie nous pai î'on? dr^ navires du premier ranir, c'étaient dis navires à trois ponts et doux gaillards il e^l convenu qu à ces nivires-là il fallait donner, de I e!t-;i\e à l'eiarobot, cent soaanle-buil à dix pied:>, et que pour les navires qu'ils cuiendaient do premier rang è trois ponts aevleînent et que nous entendions do second, il fallait leur donner cent cinquante^dnq à cent cinquante-hnit piedi, comme est le vaisseau ^1» f^rand, qu'on construit à Rochcfort. Hubac même a signé pour cenlcinqtnnte-huil pieds, par la raison que je lui ai dite des deux pièces, en tant que je faisais battre en ligne droite snr le eôtédo vaisseau, qu il était vrai qu'ils avaient vootn faire des navires pins courts, d'un autre rang et à trois pottls; mais, lorsque Je loi ai fait connaître qu'il fallnit donner la même élévation aux uns qu'aux autre», M fallait aussi donner la même longueur, et que par ainsi on pouvait conclure qu'il ne pouxait y avoir que des navires du second rang à trois ponts sans gaillards, et des navires du trolrième rang à denx ponis et deux gaillards ; et afin de le persuader entière* ment sur la lonirtieur des navires du second rang à trois ponts, nous avons rapporté tontes les me>ures que nous avions prises en Angleterre sur le Roijal-Charlcs. Jo lui ai fait voir que ce navire n avait que ceut soixante pieds de l'ctrave à l elambol, qu'il perlait cent pièces de eanon, et que cependant il était moins aoasilllé que te navire donl je voffs ai envoyé le dessin, et par conséquent qu'un môme maître ayant bâti ces deux navires, il fallait de nécessite que le vais«i'ati île cent soixante piedi marciiâi mieux que celui de cent cinquantc*buil, parce qu li avait deux pieds davantage de longuenr et qo'il avait moins de haolcnr. Mais, comme nous avons oonmi par exp' riencc que les Anglais avaient les ponts trop bas et qu'ils étaient étouffés dans leurs batteries, il a fallu hnn»>er afln d être d Hnplus beau eorribal. Il a élé néoessnire aussi de proporiioancr une longueur à la hauteur que nous donnons entre im ponts : autrement nous ne pourrions jamais parvenir à les perfeilionner pour aller à la voile comme les Anglais. Je lui ai fait encore remarquer qoe h Bcyn! r>i<u l, s, bâti en Angleterre, n'avai! tyv^ quatorze sabords sur le côté ibnis sa première batterie, et que ce|KniUant il avait cent pièces de canou, mais que j c>-

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

limais plus deux pièces de caimu cii avaiil de nia prcuucre ballene. dont jc me servais, que huit pièces de cauoa éàm ces baols qui ne servaient à rien que pour, parade. Il ne m'a pu répondre à toutes ces raisons elestconvena qu'il fallaii tenir

^ nos |>onts extrêmement bas si nous voulions tenir nos vaisseaux courts^ et que si nous voulions liausser les ponts, il fallait allonger nos navires. Je lui ait Tait voir que le navire du premier rang dont M. de Yauvré m a\ail envoyé un dessiu de Provence avait cinq pieds et demi d'élévation de plus que te Boyal-Charleê bftli en Angleterie» H qu'il jo^l par là oehii qai devait être le meilleur à la mer. J'ai miHe raison» à vous alléguer, monseigneur, lorsque j'aurai l'honneur de vous voir, pour vous per- Biiader une longueur proportionnée aux hauteurs que nous donnons ; je n'entends pas seulement pour la bMulé , j'entends ponr la bonté, pour It durée, pour moins

' loormenler à la mer et pour aller mieux à la voile et à la bouline, sans augmenter leurs creiuL et leur? baux, ce qui est la grande affaire dans les constructions. Ilubnc est convenu que notre gabari avait plus de force que le sien, quoiqu'il l'eût condamné à Brest sans avoir bien examiné ce que nous lui avions envoyé, il a avoué qu'il fallait placer la Ugnedu Fort comme nous la plaçons, et non pas à l'uni du pont, comme ils nous l'avaient mandé par leur mémoire, Lursiiuc maître Rlaisp sera arrivé à P.iris, il fera devant vous tous les gahans en planche de ton'; Ip-; rangs dnns toute leur tiaulcui' et leur longueur. Vous connaîtrez par là 1 assurance de son travail. Comme J'ai été malade, aussi bien que maître Biaise, je n'ai pu examiner à fond la machine de M. Renau, nous le ferons présenlemenl avec exactitude pour

. vous en mander des nouvelles.

• Faites-moi 1 honneur de me croire, etc. La Cbevauea ob Touaviub. •

umia M mm AU.

■mi, I* « Jd« MM.

« Hallre Sallcon, cbarpenlier du nftvre, partit diel avant-hier ponr s'en retourner, aprèsavoir appris ta méthode nouvelle de construire les vaisseaux, suivant l'ordre

que nionsci'n'ncur tiniK doniia en partant d'ici , et je vais travailler à faire la même ciiose avec maîlrc Uubac et son fils, à qui j'ai fait voiries modèles que j'ai fait faire au maître du Hâvre. pour rnffwmir dans l'usage de celle méthode. Quoique je ne doule pas qu'il ne mette sûrement en pratique les règles qui la comi>osent dans la

conduite du vaisseau qu'il va commencer au HAvr^ , jr^ nr 'ai^-n ai pas rie prendre " la liheilé de proposer à monseigneur que j y aille pour mesurer exactement, dans la construction des vaisseaux, les points de position qui assujettissent la machine afin do lutoumer à taire la même chose pour savoir toujours avec exactitude sa façon et loua ses points, et pouvoir en reraired'aulrc? srmblaMrsdans la suite, en cas qu'il seirouve bon, ou de corriger ce qu'il s y trouvera de défectueux dans Ifs commencemenis, à quoi on n'aurait pas prévu, que je résoudrais promptcmeui claiit sur les lieux . et oà un homme qui ne sait point louttt les raisons de oe qu'il met en pratique se tmuve embarrassé; quoique celui-ci ait beaucoup de conception et de génie pour les choses de son métier, con raisons dépendant de beaucoup de principes de gétimctrie, il lui est impossible de les pouvoir savoir si (ùt. Je I ai prie de me mander quand son bois sera prêt et quand il sera en état de commencer, ponr m'y rendre en ce temps* la en cas que Monseigneur me l'ordonne, sur quoi j'attendrai l'honneur de ses ordres, et j'espcrt (jnccî^emlanl jc satisferai à ce me reste à faire ici en attendant qu'on y bâtisse ; ei môme, si je n avais pas eucitre .ichevc, mon retour ne >erait pas long, n ayant pas besoin d'être plus do (|uiazc jours an Hivre ponr faire 1m choses que i'aidilei. Rbrau. •

NOTES

Bml, l« 30 )«ln mu

• Je coDiintie le plu? promptemcnt qu'il m'est possible à monlrrr la nouveHe iné* tbode de construire les vaisseaux a M. Uubac, aiiu qu il puisse ausH le plus tôt qu'il se pourra faire par eetle néllkode l'une des deux ebaloupe.« que le roi a ordoDQé • qu'on fasse ici pour épreuve; et la principale chose que j'observe en enseignant celle mclbode csl d en rendre l'usage m fîénéi al qu'on puisse faire do? N ai-^taux dans loules les proporUoQS qui seront prescrites; mon dessein n'a Jamais été de res- Irdodre eetle inëtliode à une maeière particulière, ce qui la rendrai! défectueuse, ni de donoer aucunes proportions aux maîtres charpentiers pour qu'ils les suivent, n'étant pas persuadé mCmc que les çrcns Irs plus expérimentés en puissent donner sûrement de certaines, leur ayanl eli- ((n-sfjue imposssible josqu a ccUe heure de savoir assez juste la différence de^ façons des vaisseaux puur savoir la cause de leurs * diflérents effets à In mer; à quoi J'espère que oetle méthode que J*«i Jusqu'ici reconnue géoértle pourra beaucoup servir, et que si elle ne Fêlait pas, elle serait peutèlre utile.

• Je serai présent à la cooslruclioo des deim chaloupes comme vous me 1 ordon- M(, monselgoeor ; mais le peu de rapport qu'il y a, à ce qu'il me semble, d'une

' €}iakHipe à un vaisseau , m'a fait représenter à H. de Tourville la dilTérence que j'y trouvais et il juge à propos présentement de faire des œuvres mortes à ces chaloupes; c'est-à-dire que ce seront de pelds vaisseaux de trente pieds semblables aux grands sur lesquels ils seront réduits ; et quoique de celte manière*là ces petits bâtiments doivent avoir beaucoup plus de rapports avec les vaisseaux, il me parait qu'il y anra encore beauconp i rnindrt^ rin n u n tir-^ pas lunlc l'utilité que l'on s'eal proposée, par les raisons que j ai mises dans le tuemoire que je prends la liberté d'envoyer ci-joint et qu'on peut aisément voir, par evpéheucc , si vous avex la bonté d'ordonner qu'on appareiUe le petit vaisseav de Versailles par un vent ut peu frais et qu'on le fasse aller an plu? près du vent, en lui faisant porter ses hiimicrs s'il se peut. Je représentai mit son sujet la même chose plusieurs fois l anni-c passée à Rocbefort; c esl pourquoi je m en serais éclairci par expérience avant de partir de Versailles s'il avait en éUt de cela. Biiud. »

IIln«^«-Grlc«, 13 Mplambrc 1681.

• J ai trouvé à mon arrivée ici les plans de deux vaisseaux que l'on y fait tout tracés , et une très-gnnde partU de leurs membres en place. Pour lisser le plus

grand on a fait d'abord à terre trente-deux coupes qui ont leur hauteur depuis la quille jusqu'au plat-bord, lescpielles t lant mises en place se sont trouvées Irès-justes, et assez proclics les unes des autres pour n y pouvoir mettre qu'un membre entre leurs intervalles qui sont presque pleines déjà. On a pardilement mis vingt coupes à la pelilo frégate que l'on a achevé de lisser sans que l'on ait été obligé de retoucher à aucun ilr -r^ membres pour les faire convenir entre eux.

• Depuis le cummencemenl de cette semaine que je suis ici j ai travaillé à mesurer le plus exactement qu il m'a ele possible , tout ce qui a servi à tracer ces vaisseaux, pour en retracer d'antres semblables dans la sulle s'il ttt nécessaire. Ansaiiat que j'aurai achevé ces mesures , je ferai voir au maître charpentier d ici les module', que j'ai faits avec - elui de Brest, pour (lu il puisse profiter de ce qu i! y pourra trouver de bon; et j emploierai incessamment le temps que monseigneur voudra que je sois Ici, à donner au charpentier les plus amples conoaîsssnces que je pourrai de la nouvelle méthode de construire les vaisseaux que le peu de temps que nous avions été ensemble Jusqu'à celle heure ne n'avait pas permis de lui doqner. Baiiao. *

ET PIÈCES JUSTinCATIVES.

Dmlnq^ b < ittricr IMl.

« J'ai aciievô de ?ali-f;iire par nu niilhody à loQles les proporlioiis cl les manicios du mariiT diarnoulicr d'ick je hii ai fail un moflèle dont il csl Irès-contenl, cl lui ai donné, pai'deà icducliouâ aisée», lacoiiiluilc<lc loules^es lisses, parlicuiiùrciBCOtdo celle qu'il appelle son poisson, <|ai n'est autre choste que les entrepools. Ce maître entre forl aisémeot dans toutes ces nouvelles manières , et comprend facilemenl ce qu'on lui montre cl avec beaucoup de docilité. Jo vais Iravaillcr sans relâche préseiUemenl à lui donner la connaissance la plus parfaite que je pourrai de toutes ces choses , ce que j'aurais déjà fait si ce maître n'avait pas été détoamé par la mort de sa femme qui l'a mis bors d'état de pouvoir travailler pendant quelque temps.

• ?c? façons pour les petits vaisseaux paraissent fort belles; et voulant bâtirccKc annc-« plusieurs frégates pour tâcher de trouver de bonnes projiortions et de bonnes manières qu'on peut suivre à l'avenir, il serait à Mmbailor qu'on fil l'expérience d'une bftiie par ce maître, comme vous le lui avca fail e^iérer.

Ebiuv. •

GHÀPiTRË Xlll.

(fl) Voir les dossiers Cliâl^u-Renault, Gabaret, Forant, etc., et le manuscrit de d'HauMiCOurl, aux 4reftivet at ta «narine.

Ci'tic note nous Tournil l'occision de faire quel(|uc? observations tant SOT la bataitlo même de Biinlry que sur la personne de Cliàteaii-Renaull.

Lediard. dans son //i^f^uti e navale d Anglelem-, qui leud a amoindrir considérablement tous les sttccAs des adversaires des Anglais, appelle la bala'dte de Banlry une escarmouche, et feint d'oublier que, toute la question étant dans le dél>arquentenl des troupes françaises, une inronlcslablc victoire appartint à t|ui atteignit ce résultat eo com^batlanl, cl une défaite non moins douteuse à qui, accouru pour le prévenir, fut pbli||# à la retraite, ilooovienl d'ailleurs que la moitié de la Oolle anglaise fut désemparée.

Pvnir parler d'auteurs aussi légers que Lediard est lourd, M. KugèneSijc décide, à propos de la balaillp de fiantry, que Cliàtcau-ileuaull était un général sans antétidénts, inexpirimtnti. pour le succès duquel on êauroU vouloir quê dt vieux tactiBUnê comme MM. Oabaret et Forant se sacrifient. Voilà, on en oonvieodra, me manière neuve d'entcmire 1 1 li cipline militaire cl le patriotisme, dans un livre qui a été paironc par le nunislerc de la marine, sous un gouvernement royal.

En revauctie du jugement porté par M. Eugène Siie sur Château -Retiaidt, voici venir un auteur plus futile encore en fait d'bistolre, M. Capcligue, qui, dans son ouvrage intitulé ' Louis XIV, non tjoia-ernernent, etc., déclare nettement et s.uis permellrc de réplique, que ce marin o>l le ;;rand de ceux qui onl illustré les armées navales de France; que M. Duqucdue a est pas sou égal, cl que Tuurvillc, comparé à lui. n'etl bon qu'à eonduir$ dix, vingt wineauso. Il est vrai que l'écrivain qui, ici comme dans tous ses autres ouvrages, renverse de la sorte et de son chef, en citanl des document!? crée? par «a seule imagination, toutes les idées reçues, est un de ceux qui sont assez sûrs d eux-mêmes pour ne pas chercher, . mais pour inwnitr Tbistoire en général. L'bisloire est ce que nous la faisons» disent ces mcssieuie. C'est ainsi que H. CapeÛgue fait honnour à Chftteau-Benault «Tacotr

NOTES

battu le grand Huyter. ce qui no loi est jamais arrive que dans la lote de cH auteur, il lui fait baUre l'amiral anglais (ça tout cas lisez hollandais) EvcrUeii ; ei euiiii il grossit le bagage de son héros d'une victoire volée à oeliri-ci. d'ooe défaite ntoe sur le (! i> 1- celui-là. C'e>tM Capelignequi vous apprendra encore que Tourville, CCI liDiumc bon k confluire dix vai^^seaux, est Gascon, Provençal, elc , (oui enfin, exceplo Normand ; que Jean Bai l esl un rustre $orli d'un pécheur de Dunkerque^ que LoritiU Hait tou$ louis XIV an grand pori é» gutm; qoe h Bétûr* n*élait point alors un arsenal, que c'était un prlit port sur le même rang quAbbevilU, C'est aussi M. Capefiguequi vous fera ronnnître le^ cf^lëbres muins Coquelin {»»ns doute Cogolin), d'Ampeville (sans doute d Anifrevilke), Ka/ia6ei0 (sans doute Vel> belle), el surtout et per-dessus tout le fameax ekefé^neadrê GnMbois. Bnllo, e'est œ même et toujours inventif tf. Capellgue qui vooe donnera lee poriralti du matelot deBrotnjrne, loup de mer; de celui de nuieime avT mœurs anglaises ; de celui de Normandie, blond, quoique fort de ses membres ei velu, se hasardant moins que lu aJlres dam tn grande» msrt (oe eo a pu juger par les nombreuses et loin» taines navij^ations des Normands), et se bornantau cabotage. .

Ceci n'esi ^iw rcxfmif nouveautés contenues dans huit paj^es au plus d'un des trop nombreux volumes du mùme auteur, lesquels s'indlulent héro'iqoement Histoire. Alors c'est donc I bistoire d Ali-Baba ou quelque chose qui pourrait s'inlitoler : A'sloirs de$ m^U «< «m «on^ m.

Il n'en f <t pa^ de ces ouvrages pourtant comme des romans historique?; de M. Alexauclit Dumas qui convient francliemeiil qu d n a eu o aulre inlcnlion que d'attacher el d amuser ses iecleuibj Uiidis que M. Cs|j)etigue el ies écrivains de son genre ont la prétention de faire accepter lears rftveries bistoriqves ponr des réalités, quand ils ne poussent pas leur «atisracliou d'eux-mt^mcs jusqu'à se mettre sur les rangs !>orir l Academie française uu celle des inscriptions et belles-lettres, à litre de gens de beau et bon style, ou d iiisloriens très-sévères et très-appuyès de preuves.

(S) Koas avvtos ooiis de parler, sous la date de 1679, d'on évéoenieol qui fait

trop d'honneur à cet illustre marin pour que, l ayaul rctronvé dans sa correspca» dance aux Arrhlr,'*: de la marine, nous le passions sous aileoce. 11 s'agit dtt IMUh frage du vaisseau U 6ans-Pareil qu il mouUil alors.

LETTRE DB TOUETILLB mil U IIAlIfEAI» OD VAMMâO U SAItS-VAini..

9M^t <• M •dahN Itlt.

« Honieigneur, je suis dans noe si grande alBictloii que je laiseerabà u aptre

e soin de vous informer de la perte du vaisseau le Sans-Pareil, si je ne croyais absolument nécessuire que vous l'appreniez par moi-même; elle ei^t arrivée à reot Itcues de Bellisle par on démâtemcol eulier de tous ses mits ; le bi.aupré démâta le SI de ce mois et attira, oooiaie il arrive ordinairemenl, le ait de misaine ^ ce desordre fil ouvrir le devant du navire et faisait lairc beattooap d'eau. Le eoin que je prenais à faire pomper mce?«amment et à faire tout ce qui se peut en pareilles occasions me donnait espérance de me pouvoir sauver ; mais la chute du grand mât . qui arriva le lendemain aa matiu, fit une si grande onvirtnre que fena monia de dix pieds en moine de troii heures . ce qui fit abandonner le travail m uiate-

ET PIECKS JUSTI-FICATIVES. *

ois «rii se iinynicitl (luits lo fuDi] du cale ; croyant qu'il n'y avait plus d>?poir de s^tiui'i le vai-sseau. je me mis en devoir do sauver i équipage; je lis embarquer qualre'Vingls hommes dMS mon canot et ma chaloupe, el je cooviai pllisieurs ofli* cîer» de s'emlianiuer; maU ils tronvèrenl la mer si grande qu ils cranrnt devoir remetlrc à utic aulre occision de se sauver. Tout ce monde , à qucltiue» exceptioTi? prè», arriva lieureusemuDl à r^rc-en-6^iei, mais leur inlidciîte et leur io^ratilude Ainnt 9i grandes que , se croyani «anvéo, ils MtrtrenI iller la chalovpe à ta dérive, de crainte d'Mre obligés de faire uo second voyage. Celle chaloupe élail le teni espoir qui me rc-l^t ; le irmp? Ptnnl mnuvais qtie !c chevalier tle Coclfi>q;on ne me pouvait approrber et aurait dcmâté s'il avait cnlrcprib de mettre sa chaluiipe h la mer. Enfin, croyant qu il ue pouvait nous rendre aucun secours, il hasarda sou canot avee six hommes qu'il fll embarquer à force de menaees et de prières ; mis beaucoup plus par la force de l'argent (lu' l [ mu- promit. Un onicier les accompagna el vint niotlre à une portée de fusil derrière la poupe du Sans-Pareil. Voyaol qae c'était ia seule ressource que je pouvais espérer, je sollicitai tous le^ ofliciers de s'en servir el de se jeter à la mer puor gagner le canot comme j'allais Ueher de le faire. La crue d'une mer haute comme le navire leur parut une voie de se saaver aassi périlleuse que celle d attendre qu'il coulas^eot à fond , de manière que je fus aenl à prendre ce parti qui (ut funeste à quelques gardes de la marine et à quantité de matelots qui vonlorenl me enivre. Pins de vingt se noyèrent ; quatre seulement parent parvenir à |ller jusques à moi. Ce no fut pas le seul danger que je courus; car avant d'arriver à l'Arc-en-Ciel les coup* d'* mer pensèrent abîmer viiiî^t fois le canot qui n'arriva à bord qu'entre deux eaux. Mous fûmes obligés quelques malclols el moi de nous serrer, faisant le dos de tortne pour rompre tes eonps de mer. Je vis encore ce paitvre navire depuis une heure jusques à la nuit, coulant iaseosio blcnienl à fond. Quel mortel déplaisir di u lui p >uv(»ir donner àiieun ai ie ! Apparemment il périt à l'entrée de la nuit, a ayant point répondu aux signaux qui lui étaient faits de r4r«>«n-(^l; il ne parut pins le lendemain.

Jamais aventore n*a été si Irisle. Elle m'a jeté dans une douleur si vive, que je n'ai pas encore comme ne* à ressentir 1 1 j ,ie qu'on a ordinairement d'avoir évité une mort si affreuse. J ose me flatter, muiiseigneur, que, si vous avez encore quelque boulé pour moi, vous prendrez quelque part au désespoir où je suis, et que vous me plaindra. Il ne s'est sauvé d'eJBciers que Ghâteaa>liorand et Tgnanion qne J'envoyai conduire les chaloupes à l'Arc -en-Ciel. Je ne crois pas que le roi me soupçonne d'aucune négligence. Quand j eu aurais partout ailleurs, je cesserais d'en avoir s'agissant de son service, et lorsqu'il y va de la vie que je puis dire avoir été asses négligée dans celte malhenrense occasion, m'élant risqué d'attendre le hasard d'un canot qui devait p!ul(H périr par le temps qu'il fiisait que d'ap* pnifher 'i Sans-Pareil. Peut-être, monseigneur, que peu ('e ?en» eussent nlteiidu une extrémité aussi incertaine. Je ne permis jamais qu ou sauvât mes bardes m ma cassette par les chalouphê de monde que j envoyai ; ne voukint pas qu'il S'embar* qnât In moindre chose qui fût à moi , que tout le monde ne îài en sàrelé. Aussi aije tout perdu , el ne m'cst-il resté que la chemise el le pantalon avec quoi je me suis jeté a la mer ; enfin je suis aussi gueux que je 1 étais en naissant etj ai perdu dans un moment tout ce que j avais pu avoir dans quinze ans de service. J espère , monseigneur, qne, par voire moyen, je ne "resterai pas longtemps dan» cette misère. J'ai trouvé, en arrivant ici, le marquis iVAmfreville dans un pitoyable état. S il avriit été une demi-heure de plus à gagner Bellisie, il elail noyé ; il m a dit qu i! vous avait écrit 1 elal où il est. Je ne puis vous assurer de celui où est Cuabert, s e* tant séparé de moi réduit i quatre pompes. Je crois qu'il nui» pu gngner Bfisl.

NOTES

Permettez -moi, monseigneur, de ne vous plus parler rfc choses si fâcheuses 41 de vous assurer seulemeul que je serai toute ma vie avec beaucoup Uc resf>ec4 , MomeigiWMr,

Voli» lite-humble et irte-oMisiiat tervUenr. Le clievalier ds Toobviui.

(•) Il vt nm dire qoe nou laissons au manuscrits de Barras de la Fenoe, q«e

tout le monilc poul consulter à la Bibliothèque nationale, la responsabilité de cei faits de coDsirudioo, qa'U a'esl pas d'aiiteors le seul à rapporter parmi les auleirs coolcmporaiDS.

(4) JMnoifM dê la Gnmdê'Brêlagnê^ par d*Alrymple, lome 1", pafi^ 470.

(9) Les dossiers des Archives de la marine contienncot de nombrcu&eà lolatioos de la balaflle de Beveiiers* doal plusieurs oat déjà élé publiées. Les deux suivantes 06 l'avaient pas encore été, que nous sachions. Nou? ajoutons, comme point de OIMIpacaisoo ei de contrée, la traduction d'une relation anglaise.

Page 1