CHAPITRE IV
Be «.«44 * t—9.
NiTi|rtl!oii« al soloniMtioM dei Françiït f«ii4nrt Im |lrp|ni^n■< inni^oi 4a lif»t èc T.nni< T1T.— Aftaîret <1r U NoD<cUe<FnBcc.<— NaTigtlioa de Jein Boartlom daoi U baie d'Ilndion. — Noincllrs l.'ntiiitn de colo«iuti«« à b G«y\««. — AITufM Im FiançaU an Aniillet.— Veate de b G«adc1«u|i«, de U Mar(inii]a« «i antres tiei 1 de* far» licalicfa.— Latanaart pviaca dabTMtBa.i~l4abauuien al ht lèattian de laTerlae el4e la aMadaSaiat- Searfagae bat k fottn aai Bépaiaeli. — lee laaiaa det CanSbei, iadigènee dn Aallllei, tel^gali aat Un de b Deminiqaf e\ d<' Siinl-Vinr< ni.— Lea nigrci inpoftëa anx Aatillei.— Lei Franfiii 1 l'ilc M:i!i -'<<rir — nn* il Fbeeart, (ouf era«u de t'éliMiHMaeat da Fait-0iaphiB»PaiM8aca de Leweher, dit L» C*u, i Madtgaacer.
Les troubles de la minorité de Louis XIV et de ^'époque de.Ia Fronde n'avaient pas empêché les Français de naviguer et de . coloniser ; Vimpulsion avait été trop fortement donnée de ce oôlé ' pour pouvoir être arrêtée. Beaucoup de gens d'ailleurs étnent heureux d'avoir ainsi une cause de s'éloigner du théâtre des discordes civiles.
Dans la Nouvelle-France, une première paix fiit fûte, en 1645, avec les Iroquois. Les missionnaires la mirent sur-le-champ à profit pour étendre leurs tentatives de conversion 'des Indiens, comme ils avaient déjà fût, avec tout le zèle des anciens martyrs, chez les Algonquins et les Hurons. En 4646, Hontmagny reçut ordre de remettre son gouvernement au commandant des Trois- Rivières, qui avaitnom d'Ailleboust, et À celui-ci en succéda bientôt uD autre» nonmié de Lauson. Quand le gouverneur Lauson arriva à Québec , an 4654 , il trouva que la guerre avait recommencé avec plus de ragé que jamais entre les Indiens iroquois et
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D£ FRANCE. v . ^^
tesliuHips huroiis, et que les Français s'étaient vus dans lané-
* Acessité de Ven^înèler. La' population hwonne avait été presque
# . .totalement anéantié dans cette impitoyaîfto guerre. Les Iroquoîs, V' ^ . exdtés par leurs succès, menaçaient lés établissements français
^ d'une ruine semblable, et le nouveau commandant de Trois- Rivières, nommé Duplessis-Brochart, fut même tué par eux. , y (k^ nouvelle paix ^ant été conclue , en 46S3 , le gouverneur '\ de la Nouvelle-France en profita pour pousser les découvertes • ^ dons 1^ nord de l'Amérique. —
J , L'Anglais Henri Hudson, comme on a dë}à eu Toccasion de le . idire , n'avait très-probablement fait qu'enfo'evoir la baie à laquelle • on a donné son nom, et les ténèbres impénétrabliss qui avaient ' ** enveloppé la fin de son voyage, avaient en même temps laissé . J*imporlance de sa découverte obscurcie d'un voile épais, quand les Français, poursuivant toujours Tidée d*un passage par le nord de TAmérique pour aller à la Chine, entreprirent de pénétrer dans le détroit situé par les 61 et 62* degrés de latitude septentrionale, malgré les montagnes de glace qui souvent obstruaient la route. Jean Bourdon, le premier d'entre eux , eut ce périlleux honneur. Il partit, en i636, avec un navire de trente tonneaux, côtoya tout le littoral de Labrador, passa entre 111e à laquelle on donné le nom de la Résolution, et celles qui ont pris le nom de Boutonnes , les unes et les autres formant l'embouchure du détroit d'Hudson, côtoya tantôt des terres à pie et d'une élévation prodigieuse, tantôt d'énormes bancs de glace qui sont lesécueils de ces mers, et, longtemps repoussé par des courants qui parfois le rejetaient dans le détroit, il débouqua enfin dans une mer pleine de phénomènes. « Les effets que la nature produit dans ces climats, écrivait un des premiers voyageurs qui visitèrent les mêmes parages après Jean Bourdon, sont dignes d'admiration. U s'élève tout à coup la nuit , dans le temps le plus serein, des nuages plus blancs que l'albâtre, et quoiqu'il ne fasse pas le moindre souffle de vent, ils volent avec tant d'agilité, qu'ib^ prennent en un moment toutes sortes de figures. Il parait au travers de ces nuages une lumière belle et éclatante, qui les fait jouer pour ainsi dire avec un ressort; ils s'étendent comme des comètes, puis se ramassent et s'évanuuissent à l'instant : il semble que ce soit une gloire oéleste. Flus les nuits sont
418 mSTOÏRE MAlUriME
obscures, plus l'effet en est admirable, et, 8ans exagération , l'on peut lire aisément, m pleine nuit, à la faveur de ces pliéuo-^ ^ mènes (1). » Jean Bourdon suivit les côtes du pays des Eski- *. maux , (jue personne avant lui ne connaissait. Le v(»y;)'^'eur à peu . près contemporain de Bourdon, à qui l'on a emprunté le passage précédent, parle ainsi des Eskimaux : « Ils sont de belle taille, paraissent vigoureux et nerveux; ils ont la peau du corps Irès-bianche , la jambe très- belle, le visage basané et aride, ce * qui provient du grand froid ; ils ont les dents largos et malpropres, les cheveux noirs avûc un toupet au-dessus du frimt ; leur barbe est longue de trois doigts, ce qui est une chose tout à fait siiigu-^ lière, car généralement lousles sauva.'i s du nord n'en ont i)oint. ik portent un juslaucorps de la forme à peu près d'un domino" * de clmnoine avec des manehes, dont le bout leur vient à l'exlrémilé du dos, et fait de peaux d',uiîmaux, tels qu'ours, loups marins, et oiseaux appelés godes; ces vêtements sont cousus avec une délicatesse extrême, au moyen de petits nerfs très-lins servcuit de fil et d'aiguilles qui sont apparemment des arêtes de poissons. Ee haut de chausse est de même, avec des bandes de peaux d'hermines et d'autres animaux. Ils se meltenl aux pieds un chausson de peau, le poil en dedans, et une botte seaibiuble avec un serond chausson et une autre botte, de manière qu'ils ont les jambes presque aussi grosses que le corps. Cela ne les empêche (»ns dYlre fort alertes. Les E^ikimaux se servent do flèches, dont les bouts sont armés do dents de vaches marines. Ils ont des canots de peaux de loups marins , passées et bien iiuiiées, qui sont longs de douze à quatorze pieds, quelquefois de vingt, larges de deux pieds au milieu, et qui ne tirent pas plus de trois à quatre pouces d'eau. Ces canots sont couverts à la surface, à la réserve d'un trou relevé, tout autour, d'un bord de ciiiq a six pouces, dans lequel TEskimau se met, ayant soin de fermer si hermétiquement Touverture avec une peau qui est comme une bourse, que l'eau n'y pénètre jamais, même dans les plus violents orages. Placé dans cette embarcation légère, l'Eskiman la fait uager à l'aide d'un aviron de quatre jaeds de longueur, (priltiwil par le milieu, doniuint le luiuivemenl à droite et ;\ gauche pour voguer; de fait, il court si vile et avec tant ôtà sûreté avet^n canot, t^u'U a'esl (^omide morii qu'il n'aflrouli'.
/ Dlî^fÈANCË. fit
ni de dialoiipe qui puisse le joindre. Trouye-t-il son chcmiii barrétpar des glaces , il prend son embarcation sur ses épaules, passe les glaces à pied, et remet easaite soo canot à la mer. »
Jean Bourdon , suivant toujours le plus possible la côtCt arriva au fond de rott n mer dans laquelle il s'était engagé , et reconnut le premier qu elle n'offrait aucun paasaf^e et n'était à proprement ' parler qu'une immense baie. Âpres avoir fiût un circuit d'environ sept à huit cents lieues et lié quelques relations commerciales avec les sauvages de la baie» il sortit par le môme détroit qui lui avait donné entrée. VôiU tout ce qu'on sait de son voyage.
La paix fut de nouveau rompue avec les Iroquois, en 1658, vers le temps où le vicomte d'Argenson, en qualité de gouverneur ^nélid| et peu après François de Laval, comme premier évéque français en Amérique , débarquaient à Québec. Un séminaire lut 4»» •* créé , par les soins de ce dernier , au Canada ; à la même époque , ^ les Sulpidens de Paris obtenaient-la conce^^sion de l'iie de Montféal. Les congrégations d'hommes et de femmes abondèrent j jp^ mais si les secours spirituels ne fusaient point déCaut à la colonie, il n'en était pas de même des secours humainement efficaces. * l)ej)uis le commencement du règne de Louis XIV, plusieurs privilèges avaient été accordés à des particuliers pour favoriser le commerce et la colonisation de TAcadie. Dans ce but, des lettres patentes, en date du mois de février 4647, en confirmant Charles de Memki , chevalier de Charnisey, en quahté de gouverneur et • lieutenant général pour le roi aui pays et côtes de TAcadie et confins de celle-ci en la Nouvelle-France, à partir du bord de la rivière devint-Laurent , tant le long de la côte de la mer et des îles adjacentes, qu'au dedans de la terre ferme jusqu'aux Virginies, avaient en outre accordé à ce seigneur, en récompense, est-il dit, de ses services, le privilège exclusif du traûc et de la traite des pelleteries avec les sauvages et les habitants dans toute rélendue du [>ays. Pareilles lettres palentos avaient été données, le 125 février 1651, à Charies de SaintrÉtienne, chevalier de La Tour. £nûn, des ordonnances, en date des 23 juillet et 7 oc^ tobre confirmèrent un sieur Robert- Y von de Saint-Maur dans le privilège , précédemment obtenu par lui , de faire seul hi pôdie eile commerce des baleines, chiens et loups de mer. Nonobn* tant ce, la compagnie du Canada et celle du CafhNoid subsi»-
fp HISTOIRE MAUITIMË
taient encore; elles ne ee fondirent qae plus tard da^js une compagnie dite du Castor» qui elle-même devait s'absorber, par la suite, dans la Compagnie des Indes-(hxâdenta!es» dont il sera amplement question (S).
En 1643, les mêmes négociants de Rouen qui avaienl Qréoé* demmeni envoyé à la Gujane le capitaine Le Çrand, firent • passer à Cayenpe environ trois cents individus, la plup^ natifs de Paris et ^ens sans aveu, sous la conduite d'un sieur Ponoey de Bretigny, bomme eruel, Néron au petit pied, qui, ayant également déclaré la guerre aux colons et' aux indigènes, fut d'abord mis aux fers par ses propres officiers, et ensuit^ cerné et frappé k mort par une troupe d*Indiens au milieu de laquelle il mourut aussi lâchement qn*il avait tyianniquemenl vécu. Les Français avaient dès lors commencé des établissements, non-seulement à Gayenne , mais à Mahury, à Harony» à Berbice et à Surinam. Les ^/«r Indiens les détruisirent et massacrèrent la plupart des colons. . v L'Ile de Cayenne elle-même fut abandonnée pour un ttaups* Après* cette catastrophe, on fut quelques années enFrance sanss'occnper *\ de la Guyane. tiC baron de Dormel, ayant obtenu du roi des concessions de terre en Aménque, y envoya, en 1648, deux bâti* ments, afin d'y fonder un établissemenÊ^Les deux navires, conduits par le capitaine Maurice, emmenaient un sieur de La Fontaine , destiné à être gouverneur de la future colonie. Le capitaine Maurice et La Fontaine eurent des querelles fîolentes pendant la traversée , et le premier profita d*un moment où la second avait mis pied à terre, avec vingt-deux personnes, aux environs de la rivière de Berbice, sur la cdte de Guyana, pour prendre le large, Fabandonner et aller débarquer à la Martinique les colons qui étaient restés à bord. Celle indigne conduite reçut du ciel le chétiment qu*eUe méritait. Maurice fit naufrage à Tlle Tercère, où il resta et mourut dans la misère , n'osant reparaître en France. On n'entendit jamais parler depuis de ce qu'étaient devenus les malheureux qu'il avait abandonnés à la Guyane. Rien ne semblait réussir aui Français de ce cMé, Néanmoins, un gentilhomme Mormandie, nommé de Roy ville, créa une nou*> velle compagnie, en 1651, pour coloniser à Cayenne« Au nombre de ses associés, il compta l'abbé de La Boulaye, secrétaire général de la marine sous la surintendance du duc de Venddme» et
D£ FftÂKCE. «âl
Pabbé de Marivaui, homme respectable, qui devint Tâme de Tentreprise et qui devait conduire celle-ci en qualité de gouverneur général. On rassembla dans Paris sept & huit cents coldns, ^que Ton embarg^a sur la Seine pour descendre au Hâvre-de- ' Grdce. Le malheur voulut que Tabbé de Marivaux, sur qui on fondait le fdus grand espoir, se noydt au moment d'entrer dans son bateau. Le 3 juillet 165^, deux navires firent voile du Hâvre pour Cayenne, au nom de la compagnie créée par Roy ville; tandis que, de son côté, la compagnie de Rouen , prétendant nUlatenir son ancien privilège, envoyait aussi des colons sur ce point, sous la conduite du capitaine Courpon, de Dieppe, lequd avait même été précédé par un nommé Levendangeur. Une révolte éclata à bord des navires de Royville. Les principaux révoltés étaient lés seigneurs mêmes qu*Û sYlail associés, surtout un sieur de Braquelonne qui avait été conseiller d'État et intendant de la justice de la généralité d'Orléans. Le ton impérieux ^que Ton reprochait à Royville et la volonté que ce personnage ^nanifestait de fsdrc plier tout le monde sous un commandement unique, chose nécessaire d'ailleurs en pareilles expéditions, ne Justifiaient point le crime que Ton commit sur sa personne, en le Ifhrprenant au lit pour le poignarder et le jeter à la mer. Après ce bel exploit, les deux navires arrivèrent à l'entrée de la rivière de Cayenne, où» à leur grand étonnement, ils aperçurent l'enseigne de France qui flottait : c'était celle qu'avait plantée na* gui^rc la compagnie de Rouen. Toutefois , les colons envoyés par celle-ci n'étaient pas en état de résister et reconnurent Fautorité ^ des seigneurs de la compagnie de Paris. H y eut à Cayenne autant de chefs que d'associés; par suite, on ne vit que dissensions et complots. Un des associés, nommé Isambert, fut condamné par ses collègues à avoir la tête tranchée. Trois autres, nommés de Yillenave, de Bar et de Nuisement, furent relégués dans une petite tle déserte, appelée ile des Lézards; un quatrième, nommé Vertaumont, s'échappa dans une barque, afin d*éviter un sort pareil. Les Indiens profitaient de ces discordes pour attaquer en détail et massacrer les Français. Sur les entrefaites, deux bâtiments, l'un hollandais, l'autre anglais, parurent devant Cayenne, ai les colons en profitèrent pour abandonner celle ile. Les Hollandais, après t'évoeuation de Ci^mie par les Fran^ , essayè-
♦2î lilSTOIlli: MAIUTIME
rf ni de s'y élabiu:^ mais la France a'avait poiui renoncé à la
Guyane (3).
Aux Antilles , une guerre civile avait éclaté , en 1 0 U, enlre ic^ Français. Le gouverneur géuéral Lonvilliers de Puincy s'i'-tait^ refusé à céder sa place à an successeur, nommé ralrocle de Tljoisy, qu'on lui avait désigné, et se mainteiuii! ! • force à Sainl- Ciirislophe. Du Parquet, gouverneur de la Marlunque, ayant cru devoir seconder le nouveau général que le roi et la com])agnie 0 envoyaient, tomba entre les mains du commandeur de Point y, dans une descente qu'il fit à Sainl-Christoplie, au mois de janvier 16i5, par l'ordre de Patrocie de Tlioi.->y oui se tenait prudemment a i ilc Nevis. Il y eut des révoltes à la Marlinique et;\ la (iuadi'loupe où Tlioisy faillit être victime d'un complni ii aiiié contre ses jours. Livré à sou rival, ce général fui eulcrme dans les prisons de Saint-Christophe, puis échangé par Martiniquais contre du Parquet. Toutefois, un mouvement qui éclata à Sainl- Christuphe, contre le despotisme du vainqueur, obligea dr Poiiicy à faire passer en France le général de Thoisy, pour que, ne^ Payant plus sous la main, les partis ne pussent pas le lui oppt »ser. Le commandeur linit par faire sa paix avec la cour et avec de i hoisy lui-même, À qui il donna d«» dédommagemântsen argent et en marchandises.
Pendant que les gouverneurs qui semblai nt chargés de régir les îles V au nom de la compagnie, faisaient une rapide fortune et s'occupaient k asseoir de plus en plus leur pouvoir, celle-ci en était réduite aux dernières extrémités. Elle résolut de vendre à quelque prix que ce fut de lointains domaines qui ne lui appartenaient plus que d'une manière nominative. La Guadeloupe fui cédée, moyennant soixante et treize mille [ivres, payables en argent et en sucre, à Doiseret, beaii-lr^re de ïïouëi, avec qui la compagnie n'avait pas voulu traiter. Mais Houël, s'étaut fait unniédialemcnt rétrocéder la moitié du marché, ne devait pas tarder à essayer de déposséder son parent. Il avait commencé à coloniser A Marie-Galande dont il s'était mis en possession. Du Parquet acheta, moyeuuanl soixante mille livres, la Marlmique avec les lies de Sainte-Lucie, k Grenade et les Grenadins dont il venait de prendre (.ossession.
Le» Anglais, après avoir succédé aux Français dans âainle^
DE FRANCF. 123
Lucie, ù près d'un siècle de distance, sY taîent vus chassés de celle île par les Caraïbes au bout d'une année; et c'était après leur expulsion que du Parquet avait enToyé un détachement sur le territoire abandonné, et en avait pris possession au nom du roi, en 1C50. Dans ce temps, il avait aussi commCTicé un établissement durable à la Grenade , et y avait laissé pour commaudaiii * un de ses cousins nommé Comte. Au mois de septembre de la même année 1650, de Poincy prit possession de l'île de Sainle- Groix, après en avoir chassé les Espagnols. Le 1G août iûol, du Parquet obtint dos lettres patentes, confirmant les acquisitions^ qu'il avait faites avec le titre de lieutenant général pour le roi. Quelques armées après, ilreyendit au comte de Cerillac la Grenade et les Grenadins un tiers de plus que ne lui avaient coiilé toutes ses ac(iuisitiuns ensemble.
Le commandeur de Poincy, par l'intermédiaire de l'ordre de Malte au nom duquel le marché se conclut, acheta, moyennant cent vingt mille livres, la pnriic française de Saint'Christophe, la partie française de Samt-Marlin, etlesilcs de Saint-Barlhélemy, Sainte-Croix et la Tortue, où il avait créé des établissements. Le grand-maître de Malte éleva de Poincy à la dignité de bailli de Tordre» et le confirma dans sa charge de commandant général des îles. D'autre part, le roi de France approuva, en 1653, la vente faite a l'ordre de Malle , sous la réserve de la suzeraineté et de l'hommage d*une courooue d'or de mille écus k chaque cliaa- •
* gemenl de règne.
De son côté, Levasseur, qui s'était acquis à la Tortue un pouvoir absolu, s'autorisant de l'exemple donné par le gouverneur général, s'était fait proclamer par les b^niciniLTs et les flibustiers prince de la Tortue. De Poincy ne trouva d'autre moyen pour se rendre maître delà Tortue que de faire assassiner le prince Levasseur. Les neveux de celui-ci tachèrent (}uelque lenq)s de se maintenir dans sa place; mais le prestige avait disparu, et le chevalier de Fontenai soumit peu après l île de la Tortue, dont on l'avait nommé gouverneur particulier, ainsi que de la côte d(; Saint- Domingue. En 1G54, les Espagnols, profitant pour la seconde
. fois d'un moment où la plupart des flibustiers étaient en mer, vinrent encore nltaquVr l'île qui leur servait de retraite, et dans laquelle leur nombre allait toujours» croissant. Le clu^valier de
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Fontenai , réduit k un tAs-pelH nombre d^ommes; se diffendit dans-4on fort ayec une grande ?aleur$ mais enfin,, tttfkl par
queique8<-uns des siens, manquant de navires et de munitions, il fut obligé de capituler; il ne le ût toutefois que de la madlèiéia plus honorable. Les vainqueurs ne jouirent guère plus -longtemps de ce second succès que du premier. En 1660 quatre cents . boucaniers et flib|]slicrs français, venus de la cdte de Saint-Db* minguc, où ils s'étaient retirés, chassèrent de nouveau les Esp^ gnolsde la Tortue, et, cette fois, pour no les y plus laisser rentrer. La petite !le suivit à peu près le sort de lacôle de Saint-Domitigue. occupée par les Français. ' * .'
On avait déjà transporté beaucoup de nègres aux Antilles' irançaises, pour la culture des terres, et leur nombre était dès lors plus considérable que celui dos blancs, qui faillirent être massacrés, en 1656, à la Guadeloupe. Pendant que le gouverneur Houêl se faisait détester dans cette dernière ile par ses exactions^ du Parquet se faisait chérir à la Martinique, où il mourut, entouré des rcirrets publics, le S janvier 1G58. Après la mort de Boiseret, liouël, par sa tyrannie, excita plusieurs révoltes à la Guadeloupe. Il avait fait mourir de frayeur Boiseret, son beaufrère, et se consumait en efforts pour déposséder les enfimts de celui-ci, d'Herblay cl de Téméricourt. Secondés par leur oncle le chevalier Houël» à qui fut concédé la moitié de leurs droits sur la colonie, ceux-ci réussirent à se maintenir, et forcèrent Tusurpnteur à signer un traité de partage; on lui laissa toutefois le titre de gouverneur sa vie durant.
Le 34 mars 4660, un an après que la paix avait été conclue avec TEspagne, une paix fut faite aux Antilles, par l'intermédiaire de Houél, avec les Caraïbes, qui abandonnèrent toutes leurs lies, tant aux Français qu'aux Anglais, à l'exception de la Dominique et de Saint-Vincent, qu'ils se réservèrent pour s*y retirer au nombre d'environ six mille. Ces deux lies furent déclarées neutres.
Peu après mourut à Saint-Christophe, âgé de soixante et dixsept ans, le bailli de Poincy, personnage souvent fort despotique, mais en revanche magnifique, généreux, administrateur éclairé, habile politique, qni avait commandé aux îles pendant vingt et un an au milieu des plus gprandes difficultés. Malgré les résistances de Houël • seul encore il avait su réunir dans ses
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mains les .fils (''pars de la colonistilion français*^ aux Aiitillos. Il fut remplacé par le commandeur de Sales, à qui on donna le titre d'adminislrateur de la seigneurie de Saint-Christophe, chef de la nation française, établi par le roi pour son émiaence le grandmaître de Malle (i).
Les côtes occidentales de rAfriquf^ étaient ionjours fréquentées par les Français , qui conuaençaieut À coloniser d'une manière sérieuse au Sénégal.
En septembre 1643, le navire (e Saint- Louis , capitaine Cocquel, avait déposé à l'île de Madagascar, appelée alors aussi île Saint-Laurent et île Dauphine, avec une douzaine de Français, Pronis et Foucquimbonrg , tlcux agents de la compagnie fondée par Richelieu. Ceux-ci avaient essayé de s'établir dans la baie de Saîntp-Lucc, sur la côle sud-est de l'île. Dans le cours de l'année lOii, deux navires leur avaient apporté un renfort de cent soixante et dix individus. Mais bientôt la fièvre avait fait de tels ravages parmi les colons deSainle-Luce, que Ton s'était vu obligé de chercher un asile moins malsain. On crut le trouver dans la presqu'île de Tolang-Hare, qui reçut le nom de Fort-Dauphin. Biendfrigée, celte petite colonie aurait peut-être prospéré; mais rintellig(^nce de Pronis, son chef, n'était pas à la hauteur de sa charge. La compagnie le reconnut trop tard, et ce ne fui qu'au mois iletntai 4648 qu'elle envoya, sur le navire ie Saint-Laurent , pour le remplacer, un autre de ses agents, nommé Éliennc de Flacourt, qui a laissé un curieux ouvrage sur l'Ile de Madagascar. C'était un homme énergique , éclairé; son système aurait présumablement amené la prospérité dans la colonie, si la compagnie lui avait expédié les secours qu'elle lui avait promis. L'activité de Flacourt se déploya pourtant d'une manière remarquable. Quoique privé de toutes ressources, au milieu d'une population indigène que l'affaiblissement des Français rendait arrogante, et accusé sans cesse par ses administré*, il sut maintenir son autorité et même entreprendre , sur les côtes Bl dans l'intérieur du pays, des voyages d'exploration.
Il fit aussi quelques expéditions dans la mer des Indes. En 1649, il alla prendre solennellement possession, à cent quarante lieues de Madagascar, d'une île que les Portugais avaient découverte en 4045, et qu'ils avaient nommée Uascasenhas. C'était l'île
m uiSTQiHË MAamMË «
Bourbon^ où Pronis ayait toutefois précédé Flacourl cb 16ii^ el de qui elle avait reçu son nouveau nom. *
Malgré les efforts de Flacourt, la colonie de Madagascar allait * périr faute d'appui; lorsque le maréchal de La MeiUeraîe , dans l'intention et Tespéranoe «fo se substituer seul aux droits de la compagnie, déjà plus qu'à moitié ruinée, eipédia des navires « des hommes et de Taisent au Fort-Dauphin. Les arrangemenls de ce personnage avec la compagnie ne se terminèrent qu*en A 656 ; et 9 dès 1 655 , Flacourt était reparti pour la France , laissant Tin- • térim de son gouvernement à Pronis , qui était revenu à Madagascar, et qui y mourut peu de temps après de chagrin. Dans le courant de cette année 4655, un vaste incendie, occasionné por rimprudence d*un colon, et qui avait fut faire explosion aux canons et à toutes les munitions de défense de la colonie, ruina entièrement une chapelle, des magasins, un corps de garde et seize maisons en charpente de l'établissement Dauptdn. Le fort 1 uîmême fut presque anéanti , mais on le releva presque aussitôt. Un ofOcier, nommé Champmargou, prit la conduite de la colonie, en attendant le retour de Flacourt. Celui-ci, après s'être abouché
' avec La Meîlleraie et s'être lait investir, par lettres patentes , du commandement de Madagascar, revenait en effet plein d'espérances et de projets habilement conçus, quand ^ le 10 juin 4660, il fut attaqué, à la hauteur de Lisbonne, par trois corsaires^barbaresques qui lui ôtèrent la vie. Sa mort fut un coup fatal pour * la nouvelle colonie. Chumpmaigou eut le commandement déGnitif de rétablissement du Fort-Dauphin. Ce n'était point un homme sans mérite ; mais H eut le tort funeste à ses administrée, de se montrer jaloux de Tinfluence acquise sur les populations indigènes de Madagascar p^r un jeune Français qui naguère, entraîné par le besoin de voir du pays et de courir aventure, s'était fait transporter dans l'tle sur jes navires du maréchal de La Meilleraie. Ce Français avait nom Levacher, mais on le con* nut davantage sous son surnom do La Caze. Indigm^ que sos compatriotes fussent insultés par les souverains du pnys, il s'était offert pour commander un détachement dans la partie nord de
• Madagascar. Ses deux coups d'essai avaient été d'abatirc de sa propre main deux des princes les plus puissants de File , le ptemier dans une bataille générale, le second dans un combat sin-
i)E FitANCÊ.
guHer. Trois autres souverains avaient été ensuite défaits par lui. . Pendant qu'il excitait Tcnvie de Chanipmar jou et de quelques autres officiers, qui ne devaient leurs grades qu'à leur naissance, son mériie et sa valeur entliousiasmaienlle prince de la vallée d'Amboule , qui lui offrit de venir partager en quelque sorte avec lui la suprême puissance. Mais son absence ne manquait jamais d'être le signal de quelque désavantage pour la colonie du Fori- Dauphin; on y sentait alors que lui seul en avait été le vrai soutien ; Champmargou , dans l'extrémité où il se vit souvent réduit, s'adressa plusieurs fois à celui que tout à Theure il dédaignait, et qui jamais ne manqua, quand il fut appelé, de rendre à ses ^ compatriotes les services de sen épée etëe son influence (5).
m niSTOIRE lIABITiME