‹ HistoireChapitre 15 sur 117 · AK I · texte numérisé non relu

AK I

( 80 avait été prise à mon égard. II me conseilla de m'éloigner d'Arras , où j'aurais à éprouver quelque désagrément , si j!y restais plus long-temps. Il me recommanda, lorsque je serais à Dam eri , d'aller à Olizi, voii' M. Bertauk, son beau-père , pour lui raconter le malheur qai lui était arrivé. II ne voulait point lui écrire , de peur que sa lettre ne fût interceptée et ne compromît quelqu'un. Le député Le Bon, envoyé alors par la Convention , en mission à Arras , sa patrie, que je connaissais, dont j'avais à redouter la colère , et qui était acharné à nuire à mon bienfaiteur , le persécutait en toute circonstance (i). Voyant, comme M. Collardeau , que l'orage grondait sur la tête des anciens employés des fouiTages , je me décidai k me diriger vers ma famille , de crainte qu'un jour de plus dans la ville ne me devînt funeste. D'un autre côté , ne pouvant plus être d'aucune utilité à mon cousin, je lui fis mes adieux , et formai des vœux au ciel pour son prompt élargissement.

Je retournai voir ma parente , en lui promettant de me présenter chez son père. Ayant gagné

(i) Ce Le Bon, partisan dangereux delà révolution, faisait guillotiner chaque jour une grande quantité d'individus , sous prétexte que leurs opinions n'étaient pas favorables à la prospérité de la république. Il fut condamné le 5 octobre 1793 ( i3 vendémiaire an 4 ) ? P«^** le tribunal criminel du département de la Somme , et subit, à Amiens, la peine de mort, à l'âge de tiente ans (*).

(*) Extrait du nouveau Dictionnaire liistoritjue des grands hommes. i3 vol. iu-80.

( 85 ) la vouurc publique, je n'y trouvai qu'une place ,.„que je m empressai de retenir. Je m'occupai de A' touclier une portion de l'argent provenant du vin que j avais vendu, afin de pouvoir parer aux accidents du voyage, par un porte-feuille et une bourse bien garnis. La Savoyarde vint dans ma chambre. Je la priai de mettre mes habits dans ma malle , de me l'envoyer , en profitant de la première occasion, et de m'adresser la clef dans une lettre par la poste. Je la qui ttai aussitôt , après lu. avoir Wsse quelques pièces d'argent , en reconnaissance du service qu'elle allait me rendre

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