‹ HistoireChapitre 25 sur 117 · CHAPITRE XXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXll

Ï794' Le d vendémiaire ( ^4 septembre ) , je me ren* AU III. dis à Saiivet , au camp formé de baraques et oC' cupé par le bataillon.

Je présentai mes devoirs à mon nouveau capitaine, nommé Payen : car le citoyen Masson, qui commandait la compagnie avant mon départ, avait été tué pendant mon absence. Le sergent-major Bourgeois , qui avait subi le même sort , se trouvait remplacé par le citoyen Dérode, auquel je remis mon billet de sortie de l'ambulance de Mézières , ainsi que la feuille de route qui m'avait été délivrée à Tongres, Il me dit que l'acte de mon décès était parvenu au conseil d'administration ; que j'aurais été porté comme mort, sans l'arrivée du Dameriat avec lequel j'avais quitté le corps, et qui avait i-aronté l'anecdote qui m'était survenue à Ihôpital de Pliilippeville.

Je remarquai beaucoup de changements dans la manière de camper. Avant que je partisse, nous avions quelquefois des tentes. Depuis, les soldats s'occupaient à pratiquer dans la terre, des huttes de diverses dimensions. Il s'y trouvait une cheminée , un lit , ainsi que toutes les commodités

qiic Ton peut espérer quand on habite im endroit incj^. bâli en maçonnerie. a>- m

En renouvelant connaissance avec mes compatriotes, je leur donnai des nouvelles de leurs pareïits que j'avais vus. Ils me racontèrent que le î 5 prairial ( 5 juin ) , dans les environs de Charleroi , en se retirant sur Marchicnnes-au-Pont , ils avaient éprouvé une journée malheureuse (i).

Ils ajoutèrent qu'en se retirant de devant Namur, le do messidor ( i8 juillet ) , où l'on eut des coups de fusil à échanger, une circonstance singuhère les avait étonnés. Dans une attaque de nuit , s'étant laissés trop approcher par l'ennemi , ils furent obligés de rétrograder. Pendant la marche, un soldat de la compagnie, qui portait les deux gamelles , reçut une balle dans le dos , sans savoir ce que c'était ; il crut qu'un de ses camarades l'avait poussé pour le faire aller plus vite. Arrêtés pendant une grande obscurité , on lit la soupe ; on tailla le pain dans les écuelles ; on y versa le bouillon ; on se disposait à manger 5 mais quelle fut la surprise, cjuand on remarqua que le pain était sans bouillon et presque sec 5 on en cher-

(i) Voici les noms des jeunes gens de Dameri qui en furent victimes :

Le'té Georges , Radon aîné et Radon jeune , tués. Les Jilessés étaient : Chêne aîné et Ciret Joseph. Les prisonniers : Gaury , Grosjean , Martin Victor, Paillart Féhx> Prud'homme François , Troton Jean , Vigreux. Les décédés par suite de fatigue et de maladie : Billard ÎSicolas > Ciret Théophile , Lalire , Ricard Denis.

i;794- ^^^"^ ^^ cause; on vit le trou des gamelles. Le sol- AN m. dat ouvrit son havre-sac ; on trouva la balle perdue dans une chemise percée en plusieurs endroits; ce qui excita beaucoup la gaîté de tous les assistants, surtout de celui qui avait échappé au danger.

Le 1 5 vendémiaire ( 4 octobre ) , le o"^*' du JVord partit du camp de Sauvet pour Diuant.

On donna l'ordre de quitter cette ville et de s'approcher de Maëstricht , pour être compris dans les troupes de l'armée destinées au siège de cette place (i).

(i) Yoici les dates avec les lieux que le bataillon avait occupe's depuis mon départ de Fontaine-l'Evêque pour l'hôpital, le 26 floréal an 2 ( i5 mai ), jusqu'à mon retour à Sauvet, le 3 vendémiaire ( 24 septembre ).

Le 26 floréal ( i5 mai ), le 3'"' du Nord battant en retraite de Fontaine-l'Evêque , pour se diriger sur Tlmin.

Le 9 prairial ( 28 mai ) , attaquant l'enuemi.

Le 10 ( 29 ) , «'établissant devant Cliarleroi.

Le i5 ( 3 juin ) , dirigeant sa retraite, afin d'aller auprès de Marcliiennes-au-Pont.

Le 19 ( 7 ) , quittant cette position pour se rendre à Dinant.

Le 35 messidor ( i3 juillet ) , s'aclieminant vers Sorine.

Le 2j ( i5 ) , de là, au blocus de Namur.

Le 3o ( 18 ) , faisant sa retraite jusqu'à Faux.

Le i"' thermidor ( 19 ) , gagnant les fermes des Veilles,

Le 3 ( 2 1 ) , arrivant à Sauvet , où les compagnies baraquèrent.

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