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CHAPITRE XXXIX

1796. Le 16 prairial (z4jiiia), à 4 heures etu matin, AN IV. la io5"'*^ demi-brigade, marchant en masse par bataillon , se Iroiiyait comprise dans la colonne du centre , commandée par le général Levai. L'ennemi occupait la hauteur à gauche près la ville d'Akenkirchen. La rivière de la \Viedbach sé})arait les deux armées ; il nous fallait la traverser. L'artillerie de la division faisait, par-dessus nos rangs , un feu bien nourri.

Le bataillon auquel j'appartenais, passa un pont extrêmement étroit, construit vis-à-vis de notre direction. L'artillerie autrichienne qui donnait dans nos rangs , tua des hommes , rompit les jîelotons de gauche. Il n'y eut que le demi-bataillon de droite qui put conserver l'ordre admirable d'une manoeuvre de pied fei^me. Nous gravîmes la montagne à l'assaut. Dans les ravins, derrièie les rochers , les inégalités de terrain, étaient embusqués des tirailleurs impériaux , qui envoyaient la mort de toutes parts. Nous ripostions avec la même intrépidité. L'un d'eux, se levant à côté d'une pierre, me tira un coup de fusil à bout portant , en me frisant seulement l'épaule. Le mien n'étant plus chargé, je m'élançai sur lui, et

je lui plongeai ma baïonnette dans le ventre. Il fit i-qG, un mouveiJieut qui la retint clans sa capote. Cet at< iv. homme ayant jeté ses armes, fut fait prisonnier. J'eus la générosité d'empêcher un soldat , qui était près de moi, de le tuer. Nous montâmes, en combattant , à travers un feu épouvantable de mousqueterie , d'artillerie. Nous parvînmes sur le plateau, où la cavalerie de la division arriva presque en même temps. L'ennemi fut culbuté : son infanterie et ses canons restèrent au pouvoir des Français.

Tandis que nous atteignions la cime , pêle-mêle avec les xVllemands , mi sokîat de la compagnie croisa la baïonnette sur un officier kaiserlich. Celui-ci offrit sa montre^ avec la chaîne en or, pour qu'il l'épargnât. Le républicain refusa le tout, et lui laissa la vie. Ce chef, qui parlait français, répliqua : « Que ne doit-on pas attendre il d'hommes aussi désintéressés que généreux ! »

Voici le rapport adressé , par le général de division Kléber, au général en chef Jourdan :

Altenkirchen , le i6 prairial (4 juin ).■

« Le succès obtenu sur la Sicg, le i5 ( i^*") de u ce mois , par le corps d'armée dont le comman- » dément m'est confié , n'était , mon cher ca- » raarade , que le précurseur de plus grands ;) triomphes.

» Je t'ai rendu compte, le i4(5')^ de la manière » dont nous obligeâmes l'ennemi d'abandonner la >^ position d'Ukerath : depuis , il s'était porté » dans celle d' Altenkirchen , derrière la Wied-

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