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CHAPITRE XLÏl

Le 29 messidor (17 juillet) , l'avant -garde ijr)6. partit d'auprès de Francfort , traversa Hanau , an iv, se rendit sur la Kinzig ; de là elle se dirigea vers Geraunden.

Le pavs que la division parcourait était difficile , et les chemins se trouvaient horribles ; la chaleur excessive incommodait d'ailleurs beaucoup les troupes.

A cette époque, la loS'^^'^ comptait à l'effectif présent, i,849 militaires et 09 canonniers , ce qui formait un total de 1,888 hommes.

Pendant la route , la demi - brigade bivouaqua dans la position à mi - côte d'une montagne. Elle eut , la nuit , à supporter les effets d'un orage affreux. La pluie tomba en si grande quantité , qu'elle rompit la digue d'un étang qui était au-dessus de nous , sans commettre d'autres dégâts que de nous mouiller : il pouvait être une heure du matin. Le tonnerre , en tombant , tua un cheval de l'artillerie attachée au 3'"^ bataillon du corps.

Le 5o ( 18) , on eut séjour.

Le 4 thermidor (22 juillet ) , la division ar-

( 278 ) i;96. nva k Gemundcn j où il y eut un en^^gc-n AT» IV. ment.

Le 5 ( 20 ) , elle continua d'avancer par Arnstein sur Scliweinfurt.

Je fus frappé de l'iiabillenient des femmes de cette dernière ville ; elles portaient des manteaux bleus galonnés , des espèces de bonnets de velours noir, relevés eu manière de schakos à la hussarde.

Voici le rapport de la prise de cette place :

Au quartier - général , à Francfort , le 7 thermidor ( 23 juillet ).

Le général Eiiiouf au général en chef Jour àan. « Schweinfùrt a été enlevé le 4 C^^)- H P'^" )î raît , d'après diflerents avis que j'ai reçus )) (rHeidelberg , que l'ennemi a quitté la posi- )' tion qu'il tenait à Heilbronn.

» J'apprends à l'instant que l'archiduc ^ qui ^> s'était retiré sur Bamberg , marche du côté » de Donawerth , et le corps de Wartensleben » SLU" Egra.

M ^/^-vie Ernouf. »

Le 6 ( 24 ) , on opéra un mouvement dans la direction de Lauringen.

Extrait dune dépêche du directoire exécutif ,

au général en clwf.

Paris, le i3 thermidor (3i juillet).

« .... Si vous parvenez sur la Rednitz, sans

» rencontrer l'Autrichien, ou si votre arrivée

)' sur les bords de cette rivière le force à se

)^ replier soudainement sur le Danube, vous ne

( 279 ) » devez point hésiter, citoyen général, de mar- i^tjG. » cher sur-le-champ sur Ratisbonne , et nou3 a? iv. » vous autorisons même à vous avancer jusqu'à )) Passau , dans le cas où les circonstances et la » déroute de l'ennemi vous permettraient de le )) faire j mais dans cette hypothèse , comme dans » celle que nous avons établie plus haut , l'inten- » tion du directoire est qu'un corps d'observa- . 5) tion suffisant , détaché de votre armée , surf> veille la Bohême, et y lance même quelques » partis , pour y lever des contributions.

» Nous présumons au surplus que l'ennemi ,

» extrêmement faible , et qui .se trouve dans l'im-

55 puissance absolue de résister aux deux armées

» républicaines , aura réuni toutes ses forces

» vers le Danube. Nous espérons que l'armée

)) de Sambre et Meuse et celle du Rhin et Mo-

» selle agiront simultanément , pour le mettre

)) dans mie déroute totale. Elles sont toutefois

J) assez fortes l'une et l'autre, pour l'attaquer

i) séparément et lui livrer bataille ; et comme rien

« n'est plus pernicieux à la guerre que la len-

5) leur , nous pensons que celle des deux armées

» qui le rencontrera la première , ne doit point

« hésiter à l'attaquer et à profiter de sa dé-

» faite.

» Signe Laréveillère-Lépealx , président. »

Un individu du bataillon , accusé d'avoir pillé beaucoup de pièces d'or et de bijoux , fut dénoncé. Le citoyen Cardon nomma un sergent avec moi , pour cU'çsser l'inventaire des objets

1796. précieux qui seraient saisis sur cet homme. îï AN IV. avait été mis à la garde du camp. MaJgré les recherches les plus exactes , nous ne trouvâmes qu'une montre d'or enrichie de diamants, avec quelques risdales. Le tout fut remis au chef de brigade , ainsi que le procès - verbal signé du sous-olficier et de moi. Le prévenu parvint ensuite à obtenir sa liberté.

Le 1 5 thermidor ( 2 août ) , le général en chef étant tombé malade , remit le commandement au général Kléber.

Le 16 (5), nous allâmes auprès de Kœnigshoten, qui était un chàleau-fort sur mic cini- * nence , garni d'artillerie : cette petite place capitula sans coup férir.

Dans les riches contrées de la Franconie que nous parcourions , il y avait une grande abondance de vivres. Lcô distributions se faisaient régulièrement. On voulut rétal)lir la discipline et empêcher le pillage. Aussitôt que les troupes avaient pris position , les militaires s'épar[)illaient en grand nombre dans les campagnes ; ces maraudeurs y portaient la désolation , y connnettaient toutes soites de rapines sous prétexte de se procurer des subsistances. wSi l'ennemi fût venu attaquer le camp dans ce moment , il Feùt trouvé presque sans défense , ce qui pouvait compromettre le salut de la division.

Le général fit arrêter un homme chargé d objets qu'il avait volés ; un conseil de guerre

fut tenu , et l'accusé condamné à être fusillé, i-go. A la nuit on réunit les troupes ; le patient es- a> iv. corté arriva entouré de militaires portant des torches allumées : il se mit à genoux ; on lui banda la vue. Le peloton désigné reçut le signal; le condamné tut frappé à mort.

Un officier supérieur prononça un discours à ce sujet , aussitôt après l'exécution du jugement. Cet appareil lugubre , la force de l'organe de Torateur , l'énergie de ses idées , firent ime impression profonde sur tous les assistants.

Quelques jours après , les vivres manquant de nouveau , on fut obligé de laisser recommencer le même genre de vie. Les officiers, les sousofficiers , dans cette circonstance , montraient un couiage stoïque ; sans la générosité des soldats , plusieurs seraient morts d'inanition. Mais en nourrissant leurs chefs , ils se sentaient autorisés à se livrer au désordre.

En continuant notre roule, nous arrivâmes à Bamberg, capitale de l'évéché du même nom.

Voici le rapport qui en a été fait :

" Le général de division Ernouf écrit , en » date du i8 thermidor (5 août) , que le i6 (5) » du courant , toutes les avant-gardes des divi- )) sions de l'armée de Sambre et Meuse ont » combattu , excepté celle du général Lefebvre. )) Partout la victoire a été fidèle à nos braves » guerriers. L'adjudant -général Ney a eu une )■ ailaire éclatante , dont le succès est dû à la ;> valeur et à la prudence de cet intrépide offi-

1796. '^ cier. Le 6'"^ régiment de chasseurs a pits, AK IV. » dans une charge, plus de 100 chevaux; t/} w bateaux chargés de blé ou farine sont tombes » en notre pouvoir. La suite de cette brillante )* journée a été la reddition de Barnl3erg ; les )) magistrats ont ouvert les portes à la division » qui s'est présentée sous ses murs : ainsi nous éà •» voilà maîtres du Haut - Meia et de la Red- I » nitz. »

Autre rapport daté du même jour :

« Depuis deux mois de marche et de vic- » toires , ra;rmée de Sambre et Meuse a pris à » l'ennemi 62 2 pièces de canon , dont Sy de » campagne et 565 de siège, 4^000 fusils, des * drapeaux à toison, et pour 2,000,000 d'eiTets î) ou subsistances, et 9,000,000 d'ornements et )) trésors des pays de Mayence, Trêves et Go- » logne , qui remontaient le Mein. » .

Le 1 9 thermidor ( 6 août ) , après avoir dépassé Bamberg, il y eut aux villages de Strullendorf et d'Hirschaid , un combat en avant d'un bois , dans une plaine , où le brave chef de brigade Doré , du 8°'^ de cuirassiers , perdit la vie.

Nous continuâmes notre route du côté de la ville ci-après désignée , qui fut prise par les Français à la suite d'une capitulation.

Voici le rapport qui en a été fait :

Forclieim^ le 11 thermidor (8 août}.

« Nous sommes maîtres de la place de Forcheim , dont le commandant a capitulé aussitôt

('■85) » après l'îjloigncment des troupes impérialos. inc,$. » Nous y avons trouvé 70 bouches à feu. Nous an iv. « sommes aujourcFliui au-delà de la rivière de >> Redniiz et de la rivière d'Aicli ; l'ennemi se )> relire en grande hâte sur Nuremberg. »

Le même jour , le général en chef rétabli , vint reprendre le commandement, et le générai Kléber qui se trouvait indisposé , se retira sur les derrières de l'armée pour se faire soigner.

Le 22 (9) , l'avant-garde du général Lefebvre poussa jusqu'à Herolzberg et Neuhof.

Le 23 (10), on occupa Neuhof et Bullac.

Le 24 (i 0? ^^^ ^^ transporta à Loch.

Le même jour, la place de Rottenberg se rendit au général Ney.

Voici le rapport qui en a été fait :

Au quartier-général, à Lauff, le 25 thermidor (12 août),

Le commissaire du Gouvernement y près l'armée de Samhre et Meuse , au directoire exécutif.

« Citoyens directeurs ^

» Les Autrichiens ont abandonné la position » qu'ils occupaient entre LauiT et Rottenberg. » Ils ont même évacué le fort de Rottenberg , » dont la garnison, composée de 7 5 hommes de » troupes bavaroises , s'est rendue à la première w sommation. On a trouvé dans ce fort quarante ?> bouches à feu et quelques munitions de » guerre. »

Les 25 et 26 ( 12 et i5) , les divisions des généraux Lefebvre et Colaud , qui étaient réu- I. 19

( ^84 ) 179C. ûies, campèrent à droite et à gauche d'Hers^ Axi IV. bruck, à cheval sur la rivière de Pegnitz.

Extrait de l'onh'e du général en chef Jourdan , daté de Lauff, le 2(> tliermidor fi5 août).

« Le général Lefebvre partira demain à quatre » heures du matin , se dirigera sm* Siglizberg , » en laissant Rottenberg à sa droite , et prenn dra position sur la Pegnitz , sa droite , dans ]a » direction d'Alfa tter , appuyée , autant que pos- » sible , à la gauche de la division Colaud , et sa V. gauche , dans la direction de Siglizberg. 11 » poussera son avant-garde sur la rive gauche de » la Pegnitz le phis avant possible , et dans la » direction de Sulzbach ; jettera quelques llan- » queurs sur Velden , et se procurera des ren- » seignemcnts sur les chemins qui aboutissent » de sa position à Sulzi^ach, sans suivre la grande » route. Il prendra pareillement des renseigne- » ments sur la position de l'ennemi, et poussera )) des reconnaissances le plus près possible de » Sulzbach. h

Extrait de l'ordre du général en chef Jourdan , <laté de Hersbruck, /e 29 tliermidor (i G août).

« Le général Lefebvre lèvera son camp de- » main matin à trois heures j il chrigera sa ca- » Valérie et son infanterie , par le chemin le » ])lus court , sur Holensiein , où il prendra po- » sition à cheval sur celui qui conduit de Vel- » don à Sulzbach. Eu même temps que le général » Lefebvre fera ce mouvement , son avant-garde

( 285 ) » s'emparera de Nevikirchen. 11 jettera un corps i-q6. » de troupes légères sur Wiîseck. ; il dirigera a.n iv. » son artillerie, ses rauniiions et ses équipages » sur Velden, et de là sur le camp qu'il occu- » pera. Il prendra des renseignements sur les » chemins par lesquels il pourrait se retirer, » en cas d'événements malheureux , sur Grœ- » fenberg , et sur ceux pai- lesquels il pourra » marcher après-demain sur Sulzbach , pour y » attaquer l'ennemi. »

Le 5o thermidor (17 août), on se battit en avant de Sulzbach. La nuit mit fin au combat.

Il exista, long-temps après, une fusillade entre les avant-postes. Nous remplacions les troupes qui avaient agi pour appuyer leurs mouvements.

La ToS'"^ était sur une hauteur. Nous jouîmes du plaisir de voir tirer des coups de fusil la nuit , dont la clarté produisait un bel effet. Le bruit se répétait par l'écho dans mille endroits différents.

Voici le rapport de cette bataille :

Marche jusqu'au bord de la IX ab , le 3 fructidor ( 20 août } .

<« L'armée de Sambre et Meuse va toujours en » avant , et l'ennemi toujours résistant , finit tou- » jours par la retraite. Le 5o thermidor (17 août), n le général a emporté , à la baïonnette , un bois » situé à deux lieues de Sulzbach, et qui borde » la route 5 de grandes forces , commandées par )) le prince de Hohenlohe, y étaient rassemblées

1796. » ^^ soutenues d'une formidable artillerie. Le feu

AN IV. )) a été terrible ; mais la baïonnette française a

» dispersé les forces ennemies. Le prince de

)> Hohenlohe n'a dû son salut qu'à la vitesse de

» son cheval.

)) L'ennemi s'est rallié près de Sulzbach. Là, )) nouveau combat ; l'ennemi avait pris position )) sur un rocher , d'où il a été chassé. La valeur )) a été signalée de part et d'autre. Le champ de » bataille est resté aux troupes françaises, à onze -» heures du soir. Klein, d'un autre côté, en a » chassé l'en Demi sur les hauteurs d'Angsberg.

» Le lendemain , la division du général Grenier » s'est portée sur Arnbert , en a chassé l'ennemi ) » et la forcé de repasser la Vils.

M II paraît certain que l'ennemi s'est retiré » derrière la Nab , et que ses équipages prennent » la route d'Egra.

)) Le 5 fructidor (20 août), la même armée )) a fait un mouvement en avant.

» Elle a rencontré nouvelle et forte résistance » de la part de l'ennemi , qui occupait une po- « si don avantageuse sur les hauteurs. La baïon- « nette l'en a encore chassé à 9 heures du soir, » et les troupes françaises ont bivouaqué sur le )) champ de bataille. »

Le i^'" fructidor (18 août), on s'avança sur la Vils.

Le 2 (19) , on eut séjour.

Le 5 (20), la division se rendit à Amberg : elle se porta par Hirchau sur la IX ab, en face

( 287 ) deWernbcrg, et campa près de Nabburg , où inc^G. elle arriva le même jour. an iv.

Le quartier-général s'était fixé dans cette dernière ville (i).

Le feu ayant pris à quelques maisons , on envoya des détachements des corps, par corvée, qui parvim-ent à l'éteindre.

(i) L'armée de Sambre et Meuse , devant se réunir à celle du Rhin, et s'étant approchée de Ratisbonne , reçut improprement le nom d'armée du Danube, qu'elle ne porta qu'un instant, sans qu'il y eût de décret rendu à cet égard.

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