CHAPITRE XLIV
Dans la nuit du 12 au 1 5 fructidor (29 au 3(5 1796. août ) , après avoir quitté Forcheim et rejoint la a> xy. io5'"^, nous défilâmes promptement le long de la Rednitz, guéable à Seussling. Nous voulions nous opposer au passage de la cavalerie autrichienne , qui avait le dessein de couper la retraité de Tarniée française.
La place de Forcheim et quelques habitations rurales étant incendiées, les flammes s'élevaient tellement , que l'on pouvait se diriger à leur clarté.
\ ers minuit , le 5"'^ bataillon de la demi-brigade fut attaqué étant en ligne sous des arbres le long de la rivière , pour défendre le gué. Le feu de l'ennemi était bien fourni ; on fit riposter par des llanqueurs, afin de l'attii'er dans Fem,buscade. Des balles qui passaient par-dessus nos têtes, blessèrent des hommes qui défilaient sur la route k peu de distance derrière nous. Ces militaires crurent, en nous apercevant à la faiblo lueur de l'eau, que c'étaient les Impériaux. Notrc^ situation devint embarrassante : nous nous trouvions emre deux feux, L'adjudant-major, à che-
( '-^9^' ) ï-<,G. va], ï>'eiii[)réssa d'aller prévenir les troupes qui i> IV. étaient sur la ehaussée, de ne point tirer.
Un tourner, tandis que nous formions la garde du drapeau, au sifflement d'une balle, fit un mouvement en arrière, à laisser croire qu'il se sentait blessé. Voyant qu'il n'en était rien , je le plaisantai à cause de son pas rétrograde , parce qu'il m'avait marché sur le pied, et n'ayant nullement l'intention de le vexer. Il prit la plaisanterie en mauvaise part, et me provoqua pour la première circonstance où nous poiu-rions nous battre , afin de me prouver qu'il n'avait point eu peur. Le cartel de déli accepté, nous passâmes la nuit dans la tranquillité la plus apparente.
Le i3 fructidor (3o août), avant le jour, le bataillon rejoignit la loS**^^ ainsi que la division , après que le parc fut passé.
On prit position devant le bois en arrière de Strulleftdorf.
L'ennemi , dès le matin, se présentant en force, s'arrêta devant ce village, détendu par des tirailleurs de l'arrière- garde.
Tandis que l'on s'occupait de résister à l'ofiénsive, le chef de l'état -major général vint demander au commandant du bataillon, s'il avait quelqu'un à lui donner pour copier des ordres. Le citoyen Bonnemaille m'ayant désigné ^ je me mis de suite à l'ouvrage. M'étant assis par terre, ayant pris sur mes genoux mon havre-sac j)oiir me servir de bureau, j'écrivis pendant eu^iroii
( 207 ) une heure. Alors les Aiitricliiens vinrent nous 1-796. débusquer. Le général Ernoui' monta à cheval , ak n% et m'engagea à retourner à mon corps qui , ayant fait un mouvenent , n'était pas éloigné (le nous.
A peine étais-je rentré au drapeau , que les villages d'Hirschaid et de Struilendori étaient embrasés.
Au même instant , un régiment de cavalerie étrangère arriva au galop derrière un monticule , et vint pour prenrhe la demi-brigade en flanc vers la gauche. Sa course fut arrêtée par un long fossé garni de haies (i). Le chef du 5*^^^ bataillon, en voyant les Autrichiens, lit un comluandement qui ne fut pas bien compris à cause des cris de l'ennemi , du bruit de la mousqueterie et de l'ai tillerie. Le demi-bataillon de gauche s'en alla vers les Impériaux ; celui de droite se rompit par pelotons. Cette division du corps , sur le point d'être chargée , manqua de nous être funeste. Cet officier supérieur ordonna aussiiôt à tout le monde de se jeter dans le bois, en se défendant chacun pour son compte. Les cavaliers ne pénétrèrent point dans la forêt, parce qu'elle était boisée. TSous profitâmes de ce moment pour nous rallier et pour suivre notre route ; nous rencontrâmes des régiments de diverses armes qui se retiraient en bon ordre.
(i) Il y avait à la suite de cette troupe , plusieurs feinuies , le sabre ou le pistolet à la main , qui paraissaient dispose'es à fournir la chirgc avec vigueur.
( ^^9^ ) i'-gG. Nous arrivions auprès de Bamberg ; on envoya Aï, IV. les fourriers avec des hommes de corvée , chercher des vivres. L'ennemi s'étant empare de la ville le ii fructidor (28 août) , en avait été chassé; il était toujours à l'inquiéter, ainsi que les alentours. On avait braqué des pièces de canon clans les rues.
Etant parvenus difficilement aux magasins, et de retour au corps , la distribution du pain , seule subsistance qu'on avait pu obtenir, se fit, et chaque soldat en eut la moitié d'un.
^"oici le rapport concernant la surprise ' de cette place :
Nuremberg , le 12 fructidor (2g août).
« Les otages que les Français avaient pris à » Ambcrg, sont arrivés ici ce matin à l'impro- » viste. Ils ont été délivrés par une patrouille î) autrichienne, qui est entrée à 5 heures du ma- « tin dans le fauboiu^g de Bamljerg ; elle a fait )) en même temps prisonniers 5o Français. »
L'armée défila sans coup férir.
Extrait de la lettre du i^enéîxil Jourdun , relative à la retraite de la i\ah.
Schweinfurt, le i4 fructidor (3iaoût).
« Dans la nuit du 7 au 8 fructidor (24 et 25 i) août ) , j'ai fait ma retraite sur deux colonnes.
" Le 9 ( 26), à Hilpotzsteln.
«Le 10 (27), l'armée s'est retirée sur la AVi- » sent, la droite appuyée à Forcheim,et la gauche » à Ebermanstadt.
» Le II (t^S ) , je lis seulement un mouvement inqS. »i sur ma droite. an it.
w Le 12 ( -29 ) , je me portai sur Bamberg.
)' Le i5 (5o), l'armée s'est mise en mouvement, )j et, par une marche forcée, partie est arrivée )) aujourd'hui à Schweinfurt, et partie à Lau- )) rineeu. »