Amputation médio-tartienne du pied droit
(Chopart) 1
Total 93
La gravité de ces différentes séries d'opérations se révélera surtout dans le tableau comparatif qui fait le fond de ce travail, mais que je désire faire précéder des réflexions suivantes :
Je n'ai pas cru devoir passer sous silence douze opérations pratiquées sur les doigts ou les orteils, car les complications inflammatoires et nerveuses en ont rendu le traitement si laborieux qu'elles doivent prendre leur rang dans notre travail.
Les désarticulations de l'épaule ont été, de toutes nos opérations, les plus graves, celles qui nous ont donné le moins de succès ; les amputations de cuisse se placent en deuxième ligne dans l'échelle de léthalité.
De nos quatre résections, une seule, la moins
grave, la résection de Tolécrane (résection partielle du coude, si Ton veut), a réussi.
Les amputations du bras, de la jambe, de Tavantbras, les désarticulations du coude et les amputations plus ou moins étendues de la main ont donné des résultats assez favorables.
Les causes de mort, chez nos amputés, ont été les suivantes : la résorption purulente, l'ostéo-my élite, la gangrène du moignon, la pourriture d'hôpital, le phlegmon diffus, le tétanos, le délire nerveux, enfin le typhus famélique causé par le défaut d'alimentation.
Les conditions défectueuses de nos moyens analeptiques, de notre installation, de notre mince arsenal chirurgical, dans lesquelles nous avons opéré, sont trop connues pour qu'il soit utile de les signaler; je crois devoir ajouter cependant que nous avons trouvé chez les dames de Sainte-Chrétienne et beaucoup de dames de la ville, les soins personnels et les secours alimentaires auxquels nous devons la vie de plusieurs de nos opérés, et qui compensaient, jusqu'à un certain point, l'insuffisance des ressources administratives.
Tableau comparatif des opérations et de leurs résultats.