ÏKNLES CHEZ LE MÉDECIN EN CHEF
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Conférence du 45 septembre.
M. le Médecin en chef a réuni tous les médecins diefs de service et médecins traitants des hôpitaux et ambulances de Metz, pour leur exposer notre situation, surtout au point de vue de la pénurie de médecins et de la nécessité imposée à chacun de multiplier ses efforts pour ne point laisser en souffrance le service confié à ses soins ; soulever diverses questions relatives au bien du service; recevoir les avis do chacun.
L'ordre du jour comprend l'examen des questions suivantes :
i^ Répartition du personnel médico-chirurgical dans les divers hôpitaux et ambulances ;
2p Répartition des diverses catégories de malades dans ces établissements ;
3° Visite et examen des militaires blessés ou malades traités dans les maisons particulières ;
¥ Est-il possible, dans Tétat actuel du personnel médical (aides-majors et stagiaires), d'établir un service régulier de garde dans les ambulances de nouvelle création?
5° Existe-t-il , ou non , des blessures devant ou pouvant être attribuées à l'action de balles explosibles ?
Chacun reconnaît que le personnel est au minimum possible et qu'on ne saurait , sans apporter au service de graves perturbations, enlever des médecins aux hôpitaux ou ambulances actuels pour les placer dans les établissements en création , sauf quelques stagiaires qui peuvent être empruntés à l'hôpital. Mais chacun reconnaît en même temps qu'il faut céder aux circonstances et que les services médicaux, déjà fort chargés, seront doublés s'il le faut, pour faire face aux nouveaux besoins.
La seconde question (mélange des blessés et des fiévreux) a soulevé une discussion animée ; mais d'après les explications données par M. le Médecin en chef, chacun est tombé d'accord que malgré les très-graves inconvénients de cette promiscuité, il était impossible, dans la situation actuelle, d'agir autrement qu'on ne le fait, sauf à revenir à un placement plus rationnel des malades dès que les circonstances le permettront. — (\]n seul médecin, M. Leplat, pense, d'après sa propre expérience, qu'on a exagéré les inconvénients d'un pareil état.)
C'est le but vers lequel tendent tous les efforts de M. le Médecin en chef, but qu'il espère atteindre par l'ouverture d'une nouvelle ambulance dans les
;i58 PROCÊS-VKRBAUX DES CONFÉRENCES.
magasins d'artillerie du fort Moselle * et par le développement des baraques du Polygone.
Les visites faites par quelques médecins militaires dans plusieurs ambulances privées leur ont montré qu'il règne, sous ce rapport, un grand désordre; certains blessés ne reçoivent pas les soins qui leur seraient nécessaires; d'autres sont guéris; d'autres, enfin , n'ont jamais été malades. Il importe que le commandement en soit informé.)
La question du service de garde est aussi importante que difficile à résoudre. Ce service, dans les grands établissements, est extrêmement pénible, mais le personnel est, en général, suffisant pour l'assurer, en éloignant assez les tours de garde pour permettre un repos nécessaire. Dans les établissements de petite ou de moyenne importance, la difficulté devient plus sérieuse. Une ambulance de 100 malades n'a qu'un aide-major, en moyenne ; 200 malades, deux aides-majors. Dans ces cas, le dernier surtout, un service de garde serait bien nécessaire, mais il est impossible de le prescrire. Rien d'absolu ne peut être fixé à cet égard. L'intérêt et même la santé des médecins doivent être sacrifiés à l'intérêt et à la santé des malades ; il est , cependant , des limites qu'on ne saurait dépasser.
Chacun des membres de la conférence se livre à l'examen d'un projectile supposé explosible. Quoique les avis restent partagés sur la nature de cet engin, on raison de sa déformation, plusieurs médecins militaires, notamment M. AUaire, restent convaincus de l'existence et de l'emploi, dans l'armée allemande, fie semblables projectiles et signalent quelques bles-
' On sait combien celte espérance a été déçue.
sures qu'ils croient devoir attribuer à leur action. Cependant la majorité de l'assistance est loin d'êlre convaincue * . D'ailleurs si quelques faits semblables s'étaient produits, ils seraient fort regrettables, sans doute, mais on ne saurait les considérer que comme des faits individuels, déshonorants pour leurs auteurs, mais ne pouvant être imputés à l'armée prussienne, qui n'en prohibe pas moins l'emploi que l'armée française, que toutes les armées civilisées. (Surtout depuis la déclaration de Saint-Pétersbourg des 4- 16 novembre 1868, concernant les balles explosibles «.)
* Je reçus, à Toccasion d'un de ces projectiles douteux, la lettre suivante de M. le général de Vercly :
c Je ne partage pas Topinion de M. le général GofOnières * sur Tespèce de balle qui vous a été présentée par Mtte x. Il m*a semblé que le drap annexé à cette balle était brûlé, et si le fait pouvait être constaté, nul doute que cette balle ne soit explosible. Je n'ai jamais vu une balle projetée contre un corps dur, se partageant en fleux, présenter une surface de séparation aussi concave; sa concavité est manifeste, et je crois que le diamètre est plus grand que celui de la balle ordinaire prussienne. Vous feriez bien de soumettre à l'analyse chimique un centimètre carré du drap fixé à la balle. S'il a été brOlé légèrement, la laine a dû recueillir quelques-uns des éléments constitutifs de la poudre fulminante contenue dans la cavité. »
Cette analyse n'a pu être faite, mais un examen ultérieur et attentif nous a fait ranger à l'avis exprimé d'abord par M. le général GofDnières.
' Nous ne voulons croire au mal que lorsqu'il est impossible de le nier. Aussi nous empressons-nous de rappeler que M. Larrey a présenté à l'Institut une note adressée à lui par M. le professeur Goze, de Strasbourg, sur la fragmentation des balles et leur fusion probable dans les blessures d'armes i feu. Lorsque les balles sont
' M. le général Coftinières n'y avait pas reconnu les caractères d'un projectile explosible.
Le médecin en chef fait connaître à ses collègues que la ration de pain, réduite de 750 à 500 grammes pour les hommes valides, peut être maintenue au premier chiffre pour les convalescents, lorsque les médecins le reconnaîtraient nécessaire.
Enfin il les invite à lui communiquer leurs appréciations sur les plus méritants de leurs subordonnés, pour servir de base aux mémoires de propositions qu'il doit soumettre à la sanction de S. E. M. le Maréchal commandant en chef.
M. Ehrmann demande s'il ne conviendrait pas de solliciter quelques récompenses en faveur des élèves de rÉcole de santé militaire qui se distinguent par leur zèle et leur dévouement, et dont la jeunesse ne devrait point être un motif d'exclusion? Chacun applaudit à ces sentiments généreux et vrais ; cependant, une personne fait observer que le nombre des récompenses étant nécessairement fort restreint , il serait regrettable d'en voir accorder à de tous jeunes gens, au détriment d'hommes non moins méritants, non moins dévoués, mais comptant déjà plusieurs années de service. Cette observation est prise en sérieuse considération.
Le secrétaire de la conférence,