CHAPITRE IX
lorsque le maréchal français eut dépassé Jesskowa , le corps de Miloradowich remonta sur la grande route , et attaqua avec vigueur, dirigeant les principaux efforts contre la gauche des ennemis , qu'il menaçait de prendre en flanc et à revers. Alors le prince Gallitzin voyant sa droite dégagée, s'apprêta aussi à déboucher d'Ouwarowa. L'ennemi essaya de s'opposer à ce mou* vement, en portant de nouveau sur Ouwarowa une colonne composée du t®^ régiment des voltigeurs de la garde. Le général Douka se précipita sur elle, à la tête des régiments de cuirassiers de Nowogorod et de la petite Russie. La colonne ennemie se forma en carré et repoussa la charge des cuirassiers; mais deux pièces de canon, que les Russes firent avancer, ayant écorné un des angles du carré, le général prince Clïakhoffskoï en profita pour s'y jeter à la baïonnette, à la tête des régiments d'infanterie de l Mourom et de Rével. Le carré fut enfoncé et^ entièrement détruit, avec l'aide des cuirassiers; revenus à la charge. La ligne ennemie , qui s'était mise en mouvement pour soutenir l'attaque* du î^^ de voltigeurs, voyant la défaite de ce régiment , rétrograda de nouveau , et fut poursuivie" par la compagnie d'artillerie à cheval du colonel Nikitin, qui poussa en avant avec une rare intrépidité, tout en continuant son feu.
j Napoléon n'avait engagé le combat que pour recueillir le maréchal Davoust; ayant été joint par lui , il ordonna la retraite sur Liady, laissant le
I soin de la couvrir au corps de DaVoust , qui devait former son arrière-garde. Dans ces circonstances , si la disposition adoptée par les Russes avait été exécutée dans toute sa vigueur , l'armée ennemie, prévenue sur sa ligne de retraite par la colonne du général Tonnassof, aurait été complètement coupée, et réduite à la cruelle alternative ou de chercher à se faire jour l'épée à la main, ou à se rejeter vers le Dnieper. Comme les moyens de passage que l'ennemi aurait trouvés sur les bords de ce fleuve étaient fort bornés,, il est probable que si Napoléon avait pris cette direction, il n'aurait pu échapper qu'avec un petit nombre de troupes, et que le gros de son armée, acculé au Dnieper, aurait été entièrement détruit. Mais malheureusement le maréchal Routousof, qui avait ordonné la disposition primitive dans la persuasion qu'une bonne partie des troupes ennemies rassemblées près de Rrassnoï aurait déjà filé pendant la nuit sur Liady, et qu'il n'aurait à combattre que des forces inférieures en nombre aux siennes, fut trompé dans ce calcul. Dès qu'il apprit que Napoléon se trouvait encore à Rrassnoï , avec la totalité de son armée , à l'ex-