CHAPITRE IX. aar
ception du corps de Ney, il craignit de se placer cïïFectement surTaTîgne de retraite d'un ennemi dont le désespoir aurait doublé les forces déjà considérables par elles-mêmes, et il retarda le départ du général Tormassof afin de laisser le passage libre à une partie des troupes de Napoléon , et de ne se présenter au-delà de Krassnoï que pour couper le corps de Davoust ; ce qui devait donner aux Russes une victoire , à la vérité moins éclatante , mais plus sûre, et surtout moins chèrement achetée. Ge ne fut que vers les onze heures que le général Tormassof reçut la permission de lever le camp de Chilowa, et de prendre la direction indiquée dans la disposition. Il eu résulta que Napoléon , en sortant de Krassnoï , ne trouva sur la route de Liady que le détachement du comte Ojarowski, qui, trop faible pour pouvoir s'opposer raisonnablement à sa marche, quitta la grande route et se borna à harceler l'ennemi entre Dobroï et Siniaki.
L'arrière-garde de Davoust, vivement pressée par les généraux Miloradowich et prince Gallitzin, se mit aussi en retraite, et fila à travers les rues de la ville de Krassnoï. Le colonel Nikitin , qui avec ses pièces la poursuivait sans relâche , trouva les accès de cette ville défendus par trois colonnes que Davoust avait laissées pour la cou-
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CAMPAGNE DE l8l2.
vrir. Mais ces colonnes ne résistèrent point aux premiers coups des canons russes , et prirent la fuite en se dispersant. Comme les cuirassiers qui devaient soutenir le colonel Nikitin n'étaient point encore arrivés, ce brave officier, ne voulant point donner à l'ennemi le temps de se rallier, réunit ses canonniers , et chargea, le sabre à la main, les fuyards , qu'il poursuivit jusque dans les rues de Rrassnoï , après leur avoir enlevé trois canons. Les cuirassiers qui survinrent achevèrent la défaite de Tennerai , qui fut entièrement expulsé de Rrassnoï. Une colonne du corps de Davoust, qui n'avait point encore atteint Rrassnoï, se trouva coupée, et chercha à échapper par Androssowa ; mais chargée par les régiments de cuirassiers de Tordre de Saint-Georges et de Jékaterinoslaw, aux ordres du général - major Rretof , elle fut détruite. Tout ce qui ne fut pas tué se dispersa dans les bois.
Le mauvais état du chemin suivi par le général Tormassof avait encore retardé sa marche , de sorte que l'avant-garde de Rosen ne put déboucher que vers le soir sur la grande route , près du village de Dobroïé. Napoléon , avec ses gardes et le corps du vice-roi, avait déjà filé sur Liady, . et même une partie du corps de Davoust avait déjà dépassé Dobroïé; mais le