CHAPITRE IX. a
ques qu'ils éprouvaient, et d^ouragés par les pertes essuyées dans les journées précédentes, n'étaient plus capables d*efForts assez vigoureux pour compromettre le succès de l'opération projetée. Au reste ^ tout en avouant que dans cette occasion , le maréchal , par trop de prudence, priva son armée de la gloire de pulvériser d'un seul coup l'armée de Napoléon ; nous ne pouvons nous empêcher de rappeler, que cet excès de circonspection même, n'était que la conséquence du système de temporisation adopté par le maréchal , et qui assura la déli-> vrance de la Russie.
Le 8 , l'armée russe se porta des environs de ELrassnoï à Romanowo , sur deux colonnes ; celle de droite , commandée par le général Doctorof , et composée delà i'^ division des cuirassiers et des 6* et 5® corps, passa par Dourowiczi , Zwéwroiczi , Cheïna et Korowiak ; celle de gauche , commandée par le comte Ostermann, et composée de la 27* division et du 4* corps , passa par Zoubari, Polianka, Nedwige et Staro-Sélié. Le I*' corps de cavalerie précédait la colonne de droite, et le 4* de cavalerie celle de gauche. Le général Miloradowich avec les 2^, 3* et 7® corps, le 2® de cavalerie et la 2* division des cuirassiers , suivit la i ^^ colonne. La 2^ division
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des grenadiers demeura avec un régiment de kosaques à Syrokorénié, et une brigade de la 27® division fut laissée avec un autre régiment de kosaques à Krassnoï. La destination de ces deux détachements était de recueillir les maraudeurs ennemis qui erraient entre Krassnoï et le Dnieper. Le quartier-général du prince Koutousof fut porté à Romanowa. L'armée cantonna dans les villages environnants.
Napoléon séjourna à Orcha pour recueillir les débris du corps de Ney. Ce dernier se trouvait vivement pressé par le général Platof qui , après avoir continué sa route en descendant la droite du Dnieper, et ramassé dans sa marchejplus de 3,000 traînards ennemis, l'avait atteint dans l'après-midi du 7, près de Goussinoïé, et l'avait empêché de suivre la route de Lubawiczy en l'obligeant à se rejeter dans les bois qui bordent le Dnieper. Le 8, à six heures du matin, Platof atteignit de nouveau Ney près du village de Doubrowka , lui enleva 800 prisonniers , et le mena battant jusqu'au village de Jakoubowo, où le maréchal français réunit tout ce qu'il avait de forces pour opposer une résistance désespérée. Il réussit en effet à se soutenir dans ce village jusqu'à la nuit qui termina le combat. Napoléon instruit de la position critique où se