‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 109 sur 208 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

trouvait Ney, envoya à son secours le corps du vice-roi. Favorisé par le mouvement de ce dernier, et surtout par l'obscurité de la nuit, le maréchal Ney opéra sa retraite sur Orcha , où il se réunit à l'armée française.

Le maréchal Koutousof voyant que l'ennemi avait iriîs à profit le retard^ que là nécessité de songer à la réduction du corps de Ney avait apporté à la marche de l'armée russe pour gagner de l'avance sur elle, se détermina à n'employer à sa poursuite que'l'avant-garde ; et pour ne pas fatiguer inutilement les troupes , il dirijgjealegros de son armée à petites journées sur Kopys, où il projetait de traverser le Dnieper. Napoléon, qui, dans son désastre, ne songeait plus qu'à sauver sa propre personne et à gagner le Niémen , faisait faire des marches si fatigantes à ses troupes , que Ton ne pouvait les suivre sacs risquer aussi de ruiner les troupes russes. Cette appréhension était d'autant plus fondée, que la marche de l'armée* russe depuis Malojaroslawets jusqu'à Krassnoï l'avait déjà affaiblie d'environ 3o mille hommes. A la vérité , ces hommes restés pour la plupart malades en chemin , ne furent point perdus pour l'armée, qu'ils rejoignirent après leur rétablissement ; mais il n'en est pas moins vrai que pendant plusieurs mois elle fut

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privée de leur coopération. La grande armée russe se vit donc obligée de céder aux armées secondaires l'honneur d'achever l'anéantissement des forces ennemies. Dans le chapitre suivant nous allons passer au récit des opérations qu'elles effectuèrent en exécution du plan envoyé de Pétersbourg^ dont nous avons déjà fait mention.

La retraite exécutée par l'armée française depuis Malojaroslawets jusqu'au Dnieper, doit fournir au lecteur attentif un ample sujet de méditations. Il n'aura pu s'empêcher de remarquer avec surprise l'imprévoyance de Napoléon, qui ne fit rien de ce que l'on devait attendre de son habileté reconnue, pour alléger à ses troupes le poids des maux qu'elles devaient endurer. En effet , il est inconcevable que l'empereur des Français, au lieu de s'obstiner à suivre la route dévastée de Smolensk, n'eût pas songé plutôt à tourner de^Gjath sur Syczewka , pour se diriger ensuite par Beloï et Poreczié sifr Witebsk. Cette ligne de retraite, un peu plus longue que celle qu'il suivit , était en revanche

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