CHAPITRE X
traite aux troupes qui en défendaient les accès. L'aile droite de l'armée française était formée par la division Maison (ci-devant Verdier) , ayant à son extrême droite deux escadrons de cuirassiers, un de lanciers et un de chasseurs. Celle de Legrand appuyait par sa droite à la précédente , et par sa gauche à la Polota. La division Merle et les Bavarois occupaient les faubourgs retranchés à la droite «de la Polota. Un détachement d'infanterie bavaroise posté près de Strouria, observait les mouvements que le corps russe aurait pu entreprendre par sa gauche.
Le 6, le comte Wittgenstein résolut de faire une démonstration d'attaque sur Polotsk, afin de fixer de ce côté l'attention de l'ennemi, pour * exécuter ensuite avec d'autant plus de facilitée le passage de la Duna à Goriany,etpour assurer la marche du comte Steingell,qui ne pouvait se faire sans danger qu'autant que la majeure partie des forces ennemies serait retenue à la droite de la Duna. L'avant-garde du général Balk rççut ordre de chasser l'ennemi d'un bois situé entre le village de Gromy et la ligne du camp français. Le corps de bataille et la réserve quittèrent en même temps Jouréwiczi et s'avancèrent par la gauche de la Polota, afin d'être à même d'appuyer l'attaque de l'avant-garde. Il fut aussi ordonné
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au prince Jachwill de tâter l'ennemi à la droite de la Polota.
Le général Balk, après avoir expulsé les troupes qui tenaient Gromy , s'avança pour occuper le bois. (Voyez pi. VIII.) Le ^6^ de chasseurs et d^ux escadrons de hussards de Grodno avec douze pièces de canon , se portèrent par le chemin qui longe la Polota. Le a 5® de chasseurs et le bataillon de dépôt du régiment de Kexholm , avec quatre pièces , suivirent la route qui passe près du lac de Wolowoï. Deux escadrons de hussards de Grodno et un régiment de kosaques, prirent un petit chemin plus à gauche.
L'ennemi attaqua l'avaut-garde à la sortie du bois. Nos hussards de la gauche chargèrent la cavalerie française qu'ils rencontrèrent sur le plateau, en avant des retranchements, et la rejetèrent sur ces retranchements; mais le feu de l'artillerie qui garnissait les ouvrages les fit replier , et la cavalerie française en profita pour se rallier et se mettre à leur poursuite ; cependant chargée à son tour par le régiment de cavalerie des gardes réunies, détaché du corps de bataille, elle fut de nouveau culbutée.
Pendant que ces charges avaient lieu à la gauche des Russes, l'ennemi fit paraître des colonnes d'infanterie qui s'avancèrent contre le
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centre et la droite du général Balk. Le comte Wittgenstein , voyant que l'affaire prenait une tournure plus sérieuse , fut obligé d'engager des troupes de son corps de bataille. Le régiment de Sewsk renforça le 26® de chasseurs, et le 2 5* le fut par les régiments de Mohilew et de Perm. A^ l'aide de ces renforts, les colonnes ennemies furent repoussées , et notre infanterie s'établit en avant des broussailles qui terminent le bois dont nous avons parlé. Dans cette position , les Russes se couvrirent de trois batteries de douze pièces chacune. De part et d'autre une forte canonnade soutint le combat avec vivacité.
Sur ces entrefaites, le comte Wittgenstein, voulant reconnaître la droite des Français, se porta, avec le régiment de Kalouga, infanterie, et celui de cavalerie des gardes réunies, sur la grande route de Witebsk, et s'avança le long de la Duna. L'ennemi ayant aperçu ce mouvement, se hâta de rassembler une partie de sa cavalerie, qui se jeta avec impétuosité dans l'intervalle entre la gauche et le centre des Russes, et réussit même à s'emparer d'une de leurs batteries. Cette cavalerie, après avoir ainsi percé la ligne, se sépara en deux pour tâcher de refouler la gauche des Russes sur la Duna, et leur centre sur leur droite. Mais le général Dibitsch arrêta
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son élan en lui opposant le régiment de Mohilew , infanterie , et la sixième cohorte de milice, qui couvrirent la gauche du centre.
D'un autre côté , le comte Wittgenstein , faisant faire un à -droite au régiment des gardes réunies , le conduisit lui-même à la rencontre des escadrons ennemis, qui se dirigeaient sur lui: la charge de ce régiment, secondée par celle de quelques escadron§ des hussards de Grodno , eut le résultat le plus décisif; la batterie perdue fut reprise, et la cavalerie française, ramenée sous le feu de ses retranchements , éprouva des pertes accablantes.
Cependant, l'ennemi, redoublant d'efforts, mettait en action de si grandes forces , que le comte Wittgenstein sentit qu'il lui serait impossible de se maintenir en avant du bois sans engager sa réserve. En conséquence, il ordonna au général Béguiczef de placer sans délais en arrière du centre le régiment des cuirassiers-réunis , et trois bataillons de grenadiers. Les deux bataillons de dépôt de la garde furent placés derrière le 2 5^ de chasseurs, qui était en première ligne, et un autre bataillon de grenadiers de dépôt fut envoyé au soutien de la droite ; deux bataillons et une cohorte de milice, qui restaient des troupes de