‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 15 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le général Essen répondit à cette sommation par la lettre suivante :

et Si je pouvais croire qu'un général prussien , « de son propre mouvement, pût écrire une lettre « comme celle que votre excellence m'a adressée ce en date d'hier, j'aurais teitfi au-dessous de ma

« dignité d'y répondre ; mais comme un style

a étranger y perce trop , j'adresse ces lignes en « réponse à sa lettre , dans la persuasion où je a suis que votre excellence n'est que l'organe ce d'un pouvoir despotique auquel elle se croit et obligée d^obéir strictement ; et j e la prie d'agréer <c les témoignages de ma considération.

« Essen I®^ lieutenant-général de «S. M. Tempereur de Russie et « gouverneur militaire de Riga.

« A M. de Grawert, général d'infanterie « de S. M. le roi de Prusse. »

Après cette sommation infructueuse , les Prussiens se tenant assez tranquilles, le général Essen pensa qu'ils ne désiraient pas se battre contre les Russes , et que peut-être ne chercheraient-ils qu'un prétexte pour se retirer. Afin de leur en fournir l'occasion , il résolut d'envoyer une expédition contre la ville de Mitlau, qu'il voulait d'ailleurs bombarder, pour en punir les habitants II. 3

que l'on disait avoir prêté serment de fidélité à Napoléon. A cet effet, le général Lewis fut détaché le îi4î avec près de mille hommes de la garnison de Dunamunde, et une flotille de dix chaloupes canonnières, de trois bombardes russes et de six chaloupes anglaises armées. Le a5, ce détachement , après avoir remonté l'Aa , enleva le poste de Schlock; le capitaine Razw^ozow, avec six chaloupes canonnières russes, continua à remonter l'Aa, vers Mittau. Le 26, il eut une affaire assez chaude à soutenir contre les Prussiens qui , par des batteries établies sur le rivage et par le feu de leur infanterie, voulaient arrêter sa navigation. Le général Lewis ayant appris, dans le même temps , que les Prussiens , au lieu de songer à la retraite , envoyaient du secours à Mittau , et que, d'ailleurs, la nouvelle que cette ville avait prêté serment aux ennemis était fausse, ne jugea pas à propos de donner suite à son expédition , devenue sans objet, et il rentra à Dunamunde, en emmenant une centaine de prisonniers. Après ces petites affaires, la garnison de Riga et les Prussiens demeurèrent tranquilles pendant trois semaines environ.

Cependant le comte de Wittgenstein , resté

j maître de la campagne jusqu'à Polotsk , ne crut

pas devoir attaquer cette ville où l'ennemi s'était

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