CHAPITRE XI. 36r
grande route, entre deux bois qu'elle garnit i d'infanterie. Son artillerie était en batterie sur une hauteur située au centre. L'infanterie russe pénétra dans les bois de droite et de gauche , et j fit plier les ailes de l'ennemi. A la faveur de l ces mouvements, les hussards de Grodno exé- ' entèrent une charge heureuse, qui culbuta le centre, et décida la retraite des Français au-delà : de Batoury. Ce village fut occupé par le général Harpe. Le général Wlastof s'y réunit dans la nuit à l'avant-garde dont il prit le commande- / ment. Le comte Wittgenstein partit de Czéréia avec les corps de Steingell et de Berg, se porta à Rholopéniczi, où il trouva la réserve qui s'y était rendue directement de Loukoml. Le comte Platof passant à la droite de la grande route de Borissow vint à Plosskoïé. Le général Yermolof se rendit à Toloczin, et le corps de Miloradowich à Starosélié. Le prince Koutousof avec la grande armée arriva à Kopys.
Ce fut seulement en approchant de Bobr , que Napoléon apprit qu'il ne devait plus espérer de prévenir l'armée du Danube sur la Bérézina.
C'était une bien dure extrémité pour lui que la nécessité de s'ouvrir le passage l'épée à la main, avec une armée dont les forces physiques et morales étaient également affaiblies, autant par
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les privations qu'elle avait endurées que par le relâchement de la discipline qui en était le triste résultat. Cependant dans cette situation , la plus périlleuse où il se soit jamais trouvé , ce grand capitaine ne fut pas au-dessous de luimême. Sans se laisser abattre par l'imminence du danger, il osa le mesurer avec l'œil du génie, et trouva encore des ressources là où un général moins habile ou moins déterminé n'en aurait pas même soupçonné la possibilité.
L'armée française, renforcée par les corps de Victor et d'Oudinot, parles débris delà division Dombrowsky, et par quelques bataillons de cadres qu'elle trouva sur sa route, présentait encore un total de 80 mille hommes (i) qui, malgré l'état de désorganisation des corps dont ils faisaient partie, devaient dans de telles circonstances se battre avec cette fureur que l'instinct de leur propre conservation inspire toujours aux hommes qui n'ont d'autre salut que la victoire. Pour résister aux efforts de cette masse , l'amiral n'avait à sa disposition que Sa à 33 mille hommes. Plus du tiers de ce nombre était composé de jcavalerie peu propre à être employée sur le
(1) Cela est vrai , mais il n*y en avait pas la moitié ien état de combattre. ( Éditeurs, )