CHAPITRE XI
terrain boisé et marécageux qui borde la Bérézina. Ainsi l'amiral, pour le moment du combat , ne pouvait compter que sur environ sio mille hommes d'infanterie. Cette infériorité en nombre des Russes présentait déjà aux ennemis des chances de succès que les généraux français s'appliquèrent à augmenter en donnant de la jalousie à l'amiral sur plusieurs points audessus et au-dessous dé Borissow, afin de l'engager à partager ses forces , et conséquemment à les affaiblir encore davantage.
Dès la soirée du 12, des partis de cavalerie remontèrent la rive gauche de la Bérézina de Borissow vers Wesselowo, tandis que des têtes de colonnes arrivant de Némànitsa sur Borissow faisaient mine de se jeter à gauche pour marquer leur direction vers la Basse-Bérézina. (Voyez PI. XIII.)
Ces démonstrations eurent le succès qu« Na- j poléon en attendait. L'attention de l'amiral Tschichagof fut principalement fixée sur la Basse-Bérézina , parce qu'il craignait par- dessus toutes choses que les ennemis ne surprissent le passage entre Borissow et Bobrouïsk, et ne parvinssent à pénétrer sur Jgoumen , d'où ils se seraient trouvés à portée d'exécuter leur jonction avec l'armée du prince de Schwartzenberg. Ces raisons le déter-
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minèrent à se prolonger par sa droite. Le comte Orourk reçut l'ordre de descendre la rivière jusqu'à Bérézina. L'amiral lui-même semit en marche le i3, à la pointe du jour, avec le corps de Woïnof et la réserve , et se porta à Chabachéwiczi. L'avant-garde du comte Pahlen, renforcée par le 12® régiment de chasseurs, fut laissée devant Borissow. Le général Tschaplits demeura à Brill. La cavalerie du comte Orourk arriva avant la nuit à Bérézina ; mais son infanterie ne put atteindre que Oucha.
Dans cette journée, l'armée française acheva de se rassembler sur les hauteurs de Borissow, à l'exception du corps de Victor demeuré en arrière-garde àLochilitsa. Napoléon, continuant à donner le change aux Busses , ordonna de faire avec appareil des préparatifs de passage en face de Brill et près d'Oukholodi. Ces mouvements confirmèrent l'amiral dans l'opinion que les démonsti^ations aux environs de Borissow n'avaient d'autre objet que de mieux dérober la marche de ses troupes vers la Basse-Bérézina. Il prescrivit, en conséquence de cette conviction , au général Tschaplits de se réunir aujcomte Pahlen devant Borissow.
Pendant ce temps, les autres corps russes continuaient à se rapprocher de la Bérézina. I^e