CHAPITRE Xï
que ce général avait à parcourir était très-boisé, il crut devoir répandre en tirailleurs la plus grande partie de son monde, et se préparer à recueillir dans cet ordre les troupes du général Tschaplits. La cavalerie française, qui les poursuivait vivement, se jeta aussitôt avec résolution , sur eux , et les rejeta dans le bois qu'ils ve- | naient de traverser. Ce désordre aurait pu avoir l les plus fâcheuses conséquences, si Tschaplits ' lui-même, à la tête de deux escadrons de hus- | sards de Pawlograd n'eût exécuté une charge qui | renversa les escadrons victorieux. Les généraux ^ russes qui commandaient l'infanterie en profitèrent pour la remettre en ordre et la ramener au combat. Mais l'ennemi avait déjà gagné du terrain et réussi à se rendre maître du dérbouché du bois. Le ^^ corps s'établit à l'entrée du bois vis-à-vis de Stakhow, et engagea urT combat très-vif contre les bataillons du général Sabanéïef. Il était soutenu par les troupes de Ney et de Poniatowski. La garde demeura près de j Brill. Le corps de Davoust fila sur Zembin. Celui du vice-roi n'avait pas encore défilé, car le passage était devenu de plus en plus difficile par la rupture d'un des ponts. Mais vers le soir, il prit aussi le chemin de Zembin.
Le combat dans le bois entre Brill et Stakhoy^r
■;:sf
378 CAMPAGNE DE l8l2.
I devint fort sanglant, et se prolongea jusqu'à ; onze heures du soir; la division Legrand, les i Suisses et les Polonais y combattirent avec le 'î courage du désespoir , et le maréchal Ney se soutint jusqu'à la nuit. Le terrain ne permettant pas à l'amiral d'employer sa nombreuse cavalerie, il n'y eut d'engagés que les tirailleurs de l'infanterie et quatre pièces de canon, 'placés sur le chemin de Stakhow à Brili, auxquels l'ennemi opposa une batterie d'égale force. La perte fut considérable de part et d'autre. Du côté des ennemis , les généraux Legrand etZajonczek furent blessés. Ils perdirent en outre près de 5 mille tués.... Les troupes de l'amiral passèrent la nuit à Stakhow et dans le bois, entre ce village et Brill. Les généraux Yermolof et Platof s'arrêtèrent aussi à Stakhow.
\ Pendant que ces choses se passaient sur la rive droite de laBérézina , sur la rive opposée , l'avantgarde du général Wlastof partit de Staroï-Borissow à cinq heures du matin , et se dirigea sur Studenki. Elle fut suivie par la i'® ligne du corps de Berg ; mais la 2^, qui aurait dû marcher à la queue de la i'^®, en fut empêchée par un mal entendu, et demeura stationnaire. Le corps de Steingell fut laissé à Staroï-Borissow pour opérer le désarmement de la division Partouneaux. Le général Fock