‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 170 sur 208 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qui avec la réserve était encore à Giskowo, reçut Tordre de marcher aussi sur Studenki.

••*«..-.fc)-^- »►''.■■

Le général Wlastof rencontra les avant-postes ^ de l'ennemi près de Bytczi, et les repoussa jus- l qu'auprès de Studenki , où il se trouva en pré- / j sence du gros des forces du maréchal Victor.! |

Celui-ci avait posté les divisions Gérard et Daen- '

dels sur les hauteurs de StudenKi, garnies d'une artillerie assez nombreuse. Son front était couvert par un ruisseau bordé de broussailles, et sa droite appuyait à la Bérézina ; mais comme il n'avait pas assez de troupes pour étendre sa gauche jusqu'à un bois qui aurait pu lui servir , de point d'appui, cette aile se trouva en l'air, v et il fut obligé de la couvrir par deux régiments 1 de cavalerie aux ordres du général Fo urni er. ^

Le général Wlastof s'établit parallèlement à la position des Français sur les hauteurs de la rive gauche du ruisseau, et envoya le colonel . Herngross attaquer la gau che de la positron avec \ 1 le régiment des hussards réunis et les kosaques ; f de Rodionof. Ces derniers s'avancèrent avec | 1/ vivacité ; mais ils furent chargés et culbutés par le général Fournier, qui fut ramené à son tour .. par les hussards réunis. Pendant ce temps, le quartier -maître -général Diebitsch établit une batterie de douze pièces contre la droite de ,

38o CAAIPAGJ!(£ DE l8l2.

l'ennemi. Le feu de cette batterie porta le plus grand désordre dans les équipages qui allaient passer la rivière. Les voitui'es refluèrent avec précipitation vers les ponts , et s'entremêlèrent I de telle sorte qu'il devint impossible de les I faire avancer. Toutes ces voitures formèrent une masse informe dk immobile , exposée sans ! défense aux ravages cruels du canon.. Le maréchal Victor jugea qu'il ne pouvait assurer leur écoulement qu'en reprenant l'offensive pour éloigner les batteries. A cet efiet , il poussa f contre le centre des Russes des colonnes j d'infanterie , qui , accueillies par le feu de l'artillerie , s'éparpillèrent dans les broussailles dont le ruisseau était bordé , et en ressortirent de nouveau en tirailleurs. Le 24^ de chasseurs se porta contre eux et les repoussa. Alors le maréchal . Victor fit avancer sa droite , protégée par une batterie de la garde qui venait de s'établir sur la rive droite de la Bérésina, et dont le feu prenait d'écharpe la gauche des Russes.

La i'* ligne du général Berg arriva fort à \ V propos pour repousser cette attaque. Trente- I j six pièces de canon furent disposées le long du \| front des Russes dont la gauche fut renforcée par le régiment de Sewsk, le i^^ de marine et // ]^ 1 o^ cohorte de milice de Pétersbourg , et plus

CûAPiTftÈ it. 38i

tard par le régiment de Perm. La droite des \ ' Frartçâis fut* obligée de rétrograder, et la batterie / à cheval , n** ^3, placée à notre droite, fit replier [ la cavalerie de Fournier qui se mit en potence { âur une hauteur à peu de distance des ponts.

Sur ces entrefaites, la réserve du général FocK arriva de GisKOwo et se posta derrière le centre, où les tirailleurs etmetnis avaient

M, I i.|---riiii , I I ,1 ^^^-..J •"- "--■ ■ I ^ I - - T T n - I H ii j Mii

de nouveau gagné du terrain. Le général Die- Bîtschi ïâcÊa contré eux ïes régiments de Nizow et de Woronége, qui les refoulèrent au-delà dïi ruisseau , et s emparèrent d'une batterie établie sur la rive opposée. Mais le maréchal Victor \ ayant poussé contre ces deux régiments, sa té-^ serve composée d'infanterie et de cavalerie , ils furent renversés et rejetés derrière le ruisseau. Celte réserve poursuivant ses succès réussit même à percer le centre de la ligne russe. La batterie n® 1 1 , que le général Fock fit jouer dans ce moment , arrêta d'abord les progrès de l'ennemi qui fut définitivement repoussé par là charge de deux escadrons de cuirassiers et du bataillon de grenadiers de Pawlowsk.

Les affaires ainsi rétaBïies au centre , le général Fock, avec une partie de sa réserve, se porta à droite , passa le ruisseau, et poussa contre la gauche des Français. Ce mouvement et le feu

CAMPAGNE DK l8l2.

de l'artillerie russe, qui redoubla de vivacité, décidèrent la retraite du maréchal Victor; il replia sa ligne par un mouvement de conversion la gauche en arrière, et se forma en demi-cercle près des ponts. L'obscurité qui survint mit fin au combat. Les Russes bivouaquèrent sur le champ de bataille. Dans la soirée ils furent joints I par la i^ ligne du corps de Berg , et pendant la \ nuit par les troupes de Steingell.

Le total de nos troupes engagées au combat de Studenki, ne s'élevait pas au-delà de i4 mille hommes ; savoir : 4 mille hommes de l'avant-garde de Wlastof, 4 roille de la i^^ ligne du corps de Berg, et 6 mille de la réserve de Fock. Les forces du maréchal Victor n'étaient pas tout-à-fait aussi considérables. La perte éprouvée par l'armée du comte Wittgenstein , dans les journées du 1 5 et du i6, peut être évaluée à 4 mille hommes hors de combat. Les deux journées coûtèrent au corps de Victor deux drapeaux, quatre pièces de canon, et près de ii mille prisonniers en y comprenant les 7 mille de la division Partouneaux. Les ennemis perdirent en outre près de 5 mille tués, dont une grande partie était des traineurs qui n'appartenaient pas au 9* corps.

Dans la nuit du 16 au 17, l'armée française fila sur Zembin. Le corps de Victor, profitant des

Page 1