‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 177 sur 208 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

tableau exact des pertes cruelles dont l'armée ennemie paya ce fameux passage; cependant il est vrai de dire tjue l'événement ne répondit point aux espérances que la marche des armées secondaires sur les communications des Français avaient inspirées aux Russes, et qui n'allaient à rien moins qu'à voir toutes les issues fetméea pour le retour de Napoléon et de ^s trempes.

Le renversement de ces espérances cau^a un

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mécontentement assez général , dont le mauvais

effet rejaillit sur les généraux russes, que l'opimon publique rend it, resp onsables de Imexécution du proiet^'opérations arrêté. L'amiral Tschi-

chagof, qui malheureusenfient pour lui se trouva le plus en évidence, fut le premier attaqué; mais le comte Wittgenstein et le maréchal Koutousof lui-même eurent aussi leur tour. Tous trois furent jugés et défendus par des militaires ou par ceux qui croyaient l'être. La controverse qui s'établit à ce sujet devint d'autant plus vive, que les passions individuelles qui s'en mêlèrent , ne tardèrent pas à substituer des raisonnements intéressés , à la place de considérations basées sur les véritables principes de l'art- Nous allons d'abord rapporter les reproches que l'on a fait à chacun des trois généraux russes , et nous essaierons ensuite d'en démontrer la nulUté on l'inconséquence. ^

396 CAMPAGNE DÇ iSltl.

L'amiral Tschichagof fut accusé d'avoir le plus contribué à laisser échapper l'armée de Napoléon , en négligeant de défendre convenablement le cours de la Bérézina entre Wesselowo et Borissow.

> L'on reprocha au comte Wittgenstein de n*a-

r voir pas songé à se mettre en communication directe avec l'amiral, comme les instructions qu'il avait reçues le lui prescrivaient , et de n'avoir point effectué sa jonction avec ce dernier, eh se portant de Tschachniki par la rive droite de la Bérézina sur Borissow.

Tous les griefs produits contre le maréchal Koutousof ne tombaient que sur la prétendue lenteur de la marche de la grande armée russe , depuis Krasnoï jusqu'à la Bérézina. L'on soutenait que si le maréchal avait déployé plus d'activité, il aurait pu encore venir à temps pour agir sur les derrières de l'armée française occupée au passage.

Pour ce qui regarde l'amiral, il faut se rappeler qu'il n'avait que Sa mille hommes à ses ordres, avec lesquels il fallait s'opposer au passage d'ime armée de 80 mille combattants, sur le développement d'une ligne de 80 werstes , depuis Wesselowo jusqu'à Bérézina. Il n'aurait pu garder également tous les points accessibles de cette

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