‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 178 sur 208 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

longue ligne, sans disséminer ses forces, et conséquemnfîent sans les exposer à une ruine inévitable. li dut donc se résigner à ne surveiller plus particulièrement que la partie où le passage des ennemis aurait pu avoir le résultat le plus avantageux pour eux. Or, nous avons vu que la direction sur Jgoumen, qui leur donnait la possibilité de se réunir avec l'armée du prince de Schwartzenberg était précisément celle qu'il importait le plus de les empêcher de prendre. D'après ces considérations, il est évident que, sans injustice, l'on ne pourrait blâmer l'amiral d'avoir fixé son attention sur la Basse-Bérézina. Ces mêmes considérations justifient également sa marche sur Chabachewiczi , qu'il n'exécuta que pour empêcher l'ennemi de gagner sa droite. On ne saurait nier que cette marche ne devînt par le fait une des principales causes de la facilité que Napoléon trouva à achever son passage; mais en jugeant, d'aprèsl'événement. Ton s'exposerait trop souvent à condamner les opérations les mieux conçues. Et qu'auraient dit ceux qui critiquent si amèrement l'amiral, si, au lieu de se porter à Chabachewiczi , il avait marché à Zembin , et que Napoléon, au contraire, eût passé la rivière à Oucholodi ou à Begui? L'on conviendra cependant qu'il n'aurait pas trouvé sur ces

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points plus d'obstacles qu'il n'en rencontra k Studenki.

Ceux qui censurent le comte Wittgenstein ne sont pas plus conséquents. Pour lui reprocher de ne s'être pas mis en communication directe avec l'amiral , et de ne s'être pas réuni à lui , il faut que par ignorance ou par mauvaise foi ils n'aient pas tenu compte de la topographie difficile du pays. S'ils avaient voulu y faire attention, ils auraient vu qu'autant les communications sont faciles et multipliées sur la rive gauche de la Bérézina, autant elles sont rares et difficiles sur la rive droite. La seule route qui sur cette dernière mène deLepel à Borissow, en passant par Dokchitsy et Pletchénitsa , fait un détour immense qui présente plus de i5o werstes de développement, tandis qu'il n'y a guère plus de 75 werstes de Lepel à Borissow par la rive gauche. C'était un avantage évident pour les ennemis qui agissaient sur la corde de l'arc que les généraux russes avaient à parcourir pour concerter leurs opérations. Il importe surtout d'observer que le comte Wittgenstein , contenu par le corps de Victor qui était en mesure de former l'a vautgarde de la grande armée française , n'aurait pu quitter les bords de l'Oula qu'après s'être bien convaincu que Napoléon n'y marcherait point:

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