CHAPITRE Xr
connaissance qu'il ne put acquérir le 10 novembre qu'après la retraite de Victor de Czeréïa vers Toloczin. Si, à cette époque , il avait marché par Dokchitsy pour opérer sa jonction avec l'amiral par la droite de la Bérézina , il ne serait pas arrivé à temps et aurait privé inutilement l'amiral, au moment décisif, d'une coopération qui contribua si puissamment à aggraver les pertes de l'ennemi.
Enfin , pour répondre aux reproches adressés au maréct^l relativement à la marche trop lente de la grande armée, nous invoquerons le témoignage de ceux qui ont eux-mêmes fait cette rude campagne à sa suite; ils ne refuseront pas de reconnaître que les troupes qui la composaient, après les fatigues extraordinaires qu'elles avaient éprouvées, se trouvaient si exténuées, que l'on n'aurait pu exiger d'elles de marches forcées sans les exposer à une ruine certaine. En effet, l'armée avait déjà laissé en arrière près de la moitié de son monde, puisqu'elle ne présentait total d'environ 45 mille hommes l'avant-garde du général Miloradowich chement du général Yermolof . Il faut considérer, en outre, qu'il eût été d'autant plus difficile au maréchal d'atteindre les Français sur la Bérézina , que retenu par la nécessité de veiller à la
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CAMPAGICË DE l8l2.
réduction du corps de Ney, il n'avait pu quitter Krassnoï que le 7 novembre, et que ce jour-là même Napoléon passait déjà le Dnieper à Orcha. C'était déjà avoir assez d'avance sur les Russes, et de plus, l'armée ennemie tenant la route la plus courte , ceux-ci n'auraient pu l'y suivre eu queue , vu le manque total de subsistances.
Conclura-t-on de ce que nous venons de dire, que nous voulons établir que les généraux russes furent entièrement exempts de blâme? Certes ce résultat est loin de notre pensée. N'ayant entamé cette discussion que pour l'intérêt de l'art, nous n'avons prétendu que les justifier sur les reproches qui leur ont été adressés ; mais nous croyons aussi que l'on pourrait en alléguer contre eux de mieux fondés , et prouver qu'ils n'ont pas fait tout ce que les circonstances où ils se sont trouvés leur permettaient de faire pour entraver les opérations de l'ennemi. D'abord nous ne pouvons nous empêcher d'avouer quç l'amiral manœuvra avec une lentenr qui eut une influence funeste sur l'ensemble des opérations. Le 1 5, de grand matin , il avait déjà acquis la certitude que le passage de l'ennemi à Studenkî n'était point une simple démonstration. Il se mit en marche sur-le-champ pour aller s'y opposer; mais il s'arrêta mal-à-propos à la tête du pont