CHAPITRE XI. 4oi
de JSgris sow. De Chabac hewiczi à cette tête de pont il n y a que vingt werstes , et il n'en restait plus quedôuze delà tétede pont à Brill : or, l'on a?otiera qu'une nîaîPcfie Je trente-ffèux werstes n'est pas démesurée, et que par conséquent l'amiral aurait pu joindre le détachement du général Tschaplits dans la soirée même du i5. S'il eût alors attaqué avec vigueur le peu de troupes fi;^ançaises déjà établies sur la rive droite, il aurait pu avec d'autant plus de raison se flatter de remporter un avantage signalé , que près de la moitié de l'armée française n'avait pas encore passé la rivière. Le lendemain l'amiral ne se montra pas plus actif. Sa halte intempestive à Stakhow lui fit perdre des moments précieux , dont les ennemis profitèrent pour s'ouvrir le passage l'épée à la main. Le combat de Stakhow qui s'engagea aussitôt ne fut pas conduit non plus comme il devait l'être. Si l'amiral , au lieu de permettre au général Sabanéiéf de laisser débander la plus grande partie de son monde en tirailleurs , eût poussé en avant avec des masses d'infanterie , il aurait conservé à l'affaire un caractère d'offensive vigoureuse, dont l'issue eût peut-être été d'acculer l'armée fi:'ançaise à la rivière , tandis qu'en faisant engager ses troupes en tirailleurs, il les rejetait volontaire- II. a6
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ment dans une défensive sans objet, et conséquemment sans autre résultat qu'une perte d'hommes inutile.
Mais c'est surtout les dispositions adoptées par les généraux russes pour la journée du i6, qui nous semblent donner prise à la critique. En partageant leurs forces sur les deux rives.de laBérézinaà la fois, ils énervèrent leurs efforts. La règle la plus incontestable de l'art militaire est de porter toujours les principales forces sur le point décisif, en négligeant les accessoires. Or, personne ne conteste que ce point décisif ne fût sur la rive droite. D'ailleurs la topographie du pays favorisait singulièrement les opérations des Russes sur cette rive. Le chemin de Brill à Zembin, qui était l'unique voie de retraite des ennemis, traverse la petite rivière deGaïna, qui, bordée de marais larges et profonds, présente un défilé de 900 toises de long, formé par une multitude de petits pontà en bois faciles à détruire. Si le général Tschaplits , forcé à la retraite dans la soirée du i4, au lieu de l'effectuer dans la direction de Stakhow, s'était replié sur Zembin et placé derrière le défilé de la Gaina après en avoir détruit les ponts, l'armée de Napoléon, arrêtée en tête par ce grand obstacle, " eût été retenue assez long -temps pour donner