CHAPITRE XI. /\o
la faculté aux forces réunies de l'amiral , du général Yermolof , et de la plus grande partie de l'armëe du comte Wittgenstein , de déboucher de Borissow par Stakhow sur Brill , et d'attaquer les ennemis en flanc et en queue. Le corps de "^i^^r eût été facilement conten u par Je^dét a^ chement dy géné radJJatof ^ sou tenu par le corps du comte Steingell laissé à Staroï-Borissow pour 'axîhever le dé sarm ement de la division Partouneaux. Ces forces demeureessurTa rive gau- "che semblaient d'autant plus suffisantes, que rien n'engageait à attaquer sérieusement Victor, dont le sort devait aussi se décider sur la rive droite. Si les généraux russes avaient remporté la victoire à Brill, comme ils pouvaient l'espérer, vu la masse des forces qu'ils eussent mis en action et la désorganisation des corps ennemis qui leur étaient opposés, l'armée francaise , refoulée dans l'angle formé par la Bérézina et les marais de la Gaïna, eut été entièrement abimee ; et le corps de Victor, isolé sur la rive gauche, se serait vu obligé de mettre bas les armes. Tel eût été probablement le résultat de 1 occupation du défilé de la Gaïna par le général Tschaplits et des ' opérations en masse des généraux russes par la droite de la Bérézina. Ij'amiral et le comte Wittgenstein devaient d'autant moins balancer
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à agir ainsi, que, dans le cas même où, coutre toute probabilité , le sort du combat de Brill se fût décidé en faveur de l'ennemi , ils n'avaient qu'à se replier sur Stakhow, pour prendrç la forte position couverte par la rivière de Brodnia. Napoléon n'en eût pas moins été fort embarrassé pour sortir de la contrée marécageuse renfermée par la Gaïna et la Brodnia. Au reste , en supposant même que les généraux russes aient eu des raisons particulières pour adopter les dispositions qu'ils exécutèrent, il reste toujours évident que le général Tschaplits est inexcusable de n'avoir pas songé à détruire les ponts du défilé de la Gaïna, et l'amiral de ne lui en avoir pas donné l'ordre positif (i).
L'impartialité que nous avons professée dans tout le cours de cet ouvrage, ne nous permet point de dissimuler que la conduite de l'empereur des Français dans cette importante circonstance est au-dessus de tout éloge. Le danger imminent où il se trouva, ranima encore une
(i) A la vérité, après la forte gelée de la nuit du i6 au 17, les marais de la Gaïna furent pris comme l'avaient déjà été ceux de la Béréz^na ; mais c'est un événement fortuit, qui pouvait aussi ne pas arriver. D'ailleurs , nos raisonnements ne portent que sur la journée du 16, où l'on devait consommer la ruine de l'armée ennemie.