‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 53 sur 208 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Situation des armées pendant le séjour de Napoléon à Moscou et des Russes à Taroutino. — Corps de partisans. — Développement de Ténergie nationale chez les Russes, -r- Plan de campagne ordonné par l'empereur Alexandre. — Prise de Wéréia par les Russes. — Combat de la Czer-

nichnia Les ennemis évacuent Moscou. — Combat de

Malo-Jaroslawets. — Retraite de Koutousof vers Kalouga et des ennemis sur Mojaïsk. — Mouvemettt des Russes dans .les environs de Medynn. ^

Après avoir retracé les évènetnents qui signalèrent les trois premiers mois d'une campagne honorable , mais jusque là désastreuse pour les Russes, nous voici parvenus à une époque n*émorable dans l'histoire du monde. La chute du colosse , qui depuis douze ans , tenait l'Europe asservie à ses volontés , est un spectacle digne de fixer l'attention générale. Le dévouement des Russes et la constance de leur sou^efmn, allaient enfin produire cette crise salutaire^, at^ tendue avec plus d'impatience que d'espoir par

Il6 CAMPAGNK DE iSca.

les nations consternées. Les premières lueurs de Tincendie de Moscou avaient déjà fait pâlir la fortune de Napoléon. Cependant il était encore maître de l'Europe , et se trouvait avec une armée formidable dans la capitale et au cœur des états du seul peuple qui osât encore mettre en problème l'asservissement du continent. Mais de menaçants orages s'amoncelaient déjà sur sa tête, tandis que l'horizon de la Russie, commençant à s'éclaicir, faisait poindre pour elle l'aurore de sa délivrance et de sa gloire.

La perte de Moscou et celle des provinces de Bialistok, de Grodno , de Wilna , de Courlai;ide, de Minsk de Witebsk, de Mohilew et d'une partie de celle de Smolensk , étaient sans contredit de. véritables calamités pour les Russes ; mais elles ne pouvaient avoir d'influence décisive sur l'état général de la guerre tant que leurs armées conservaient une attitude menaçante. La grande armée, açrivée à Taroutino, avait repris cette attitude en réorgarnisant de nouveau les corps qui avaient échappé au massacre de Borodino, et en occupant une position qui devait donner de la jalousie à l'ennemi pour ses propres communications. Les armées secondaires n'étaient /pas dans une situation moins favorable. A la i vérité, le corps du comte Wittgenstein était trop

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