‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 62 sur 208 · CHAPITRE Vlll. l3l · texte numérisé non relu

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celle de l'amiral et former la droite des trois armées réunies.

L'on voit que ce plan tendait à établir sur la Bérésina une masse formidable de plus de i oo ! mille hommes , sans compter la réserve qui se porterait àWilna.Le maréchal Koutousof n'ayant pas eu d'objections à faire contre ces disposi-' tions, proposées par l'empereur Alexandre, les ordres furent expédiés pour les mettre à exécution. Nous verrons pins bas les modifications que les circonstances du moment forcèrent à apporter au plan primitif.

La nouvelle de l'entrée des Franjçais à Moscou jie fit point à Pétersbourjg l'impression qiie

m^aJJfiJîdait (i). Ce désastre ne fut

(i) La perte de Moscou fut annoncée à Pétersbourg par la proclamation suivante : « Avec une douleur extrême et «poignante pour le cœur de chaque enfant de la patrie , « Ton annonce que , le 3 septembre (*) , Tennemi est entré à «Moscou. Mais que le grand peuple russe n'en soit pas «abattu; au contraire, que chacun et tous jurent de se « pénétrer d'un nouvel esprit d'intrépidité , de fermeté et « confiance certaine, de voir enfin retomber sur la tête de «l'ennemi tout le mal et toute la désolation qu'il porte « parmi nous. Il a occupé Moscou sans avoir vaincu ni

(*) L'ennemi a occupé Moscou le a , mais Ton croyait que Napo* léon n*y avait fait son entrée que le 3.

l3a CAMPAGNE 1>K iSfîî.

considéré par l'empereur Alexandre que sous le rapport des nouvelles obligations qu'il lui impo-

<c affaibli nos forces armées. Le commandant en chef, de

« l'avis des principaux généraux , a jugé utile et indispen-

«c sable de céder momentanément à la nécessité , afin de se

« donner des moyens plus assurés et plus efficaces de

« changer le triomphe éphémère de l'ennemi en ruine

« inévitable. Quelque douloureux qu'il soit pour tout Russe

« d'apprendre que les ennemis de sa patrie sont entrés dans

« Moscou, sa capitale , il faut considérer qu'ils ne sont entrés

« que dans une ville déserte et privée de ses trésors et de

« ses habitants. L'orgueilleux conquérant , en s'en rendant

« mautre , espérait le devenir de tout l'empire russe , et lui

« prescrire telle paix qu'il lui plairait de nous accorder;

« mais ses espérances seront trompées , et non-seulement i4

« ne trouvera dans cette capitale aucun moyen de nous dic-

« ter la loi, mais même aucun moyen de subsister. Nos

« forces militaires , rassemblées autour de Moscou , et de

« jour en jour plus formidables , ne cesseront de lui fermer

« tous les passages, et de détruire journellement tous les

« détachements qu'il envoie au fourrage, jusqu'à ce qu'il re-

« connaisse combien était vaine l'espérance qu'il avait for-

« mée de frapper les esprits par la prise de Moscou , et

« qu'il ne lui reste plus d'autre ressource que d'en sortir, en

« s'ouvrant le passage l'épée à la main. Il se trouve dans la

a situation suivante : Il a pénétré sur notre territoire avec

« 3oo mille hommes (*) , dont la plus grande partie est com-

(*) L'on • ▼« qu* l'armée ennemie comptait bien au - delà de 3oo mille hommes.

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