‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 72 sur 208 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

«puis 3oo ans n'a point connu de guerre inté-. «rieure , qui est prêt à s'immoler pour sa patrie, « et qui n'est point susceptible de ces distinctions ff entre ce qui est ou ce qui n'est pas d'usage dans «les guerres ordinaires. Quant aux armées que «je commande, je me flatte, mon Prince, que atout le monde reconnaîtra, dans la manière «dont elles agissent, les principes qui caracté- « risent toute nation brave , loyale et généreuse. «Je n'en ai jamais connu d'autres dans ma lon- «gue carrière militaire, et je me flatte que les « ennemis que j'ai eu à combattre ont toujours «rendu justice à mes maximes à cet égard. Re- «cevez, mon Prince, les témoignages de ma plus «haute considération. »

Le prince Koutousof , Feld-maréchal-géuéral .

Au quartier-général russe l'on n'avait pas de ' connaissance précise des mouvements de l'ennemi. Le général Dorokhof qui , avec son corps volant, se trouvait dans les environs de Borowsk , ayant donné avis de l'arrivée du général Broussîer à Fominskoïé , le prince Koutousof crut que c'était un corps que Napoléon y avait envoyé pour lier sa grande armée , que Ion supposait ' encore entre Woronowo et Desna, avec sa ligne

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tropératioiis de Mojaïsk sur Smolensk. Il résolut i de le faire enlever, et détacha à cet effet le gél néral Doktorof avec son 6® corps, et la division [légère de la cavalerie de la garde. En même : temps, le général Miloradowich reçut ordre de faire une démonstration sur Woronowo , afin de : contenir l'ennemi sur la vieille route de Kaflouga, et de l'empêcher de porter des secours à Broussier.

Le général Doktorof se mit en marche le i o de grand matin; mais arrivé au village d'Aristowa , il reçut un rapport du partisan Seslavin , qui annonçait qu'il avait reconnu l'armée françaiise dans sa marche d'Ignatowo à Fominskoïé. D'un autre côté, le général Dorokhof donna avis que ses kosaques venaient d'être expulsés de Borowsk par les troupes légères de l'avantgarde du vice-roi. Dans ces circonstances , l'expédition sur Fominskoïé ne pouvant plus avoir lieu, le général Doktorof s'arrêta à Aristowo, en attendant les nouveaux ordres qu'il demanda au . maréchal

Ces importantes nouvelles , parvenues au quartier-général de Létachewka dans la matinée du 1 1 , furent encore confirmées par le résultat de la démonstration sur Woronowo , exécutée par le général Miloradowich dans la même matinée.

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Sa cavalerie légère avait poussé jusqu'au-delà de { Worouowo sans rencontrer d'ennemis. Tous les ■ renseignements que l'on put recueillir s'accor- / daient à annoncer qu'ils avaient filé en masse i par leur droite, vers la nouvelle route de Ka-> louga. Dès lors il n'y eut plus d'incertitude sur les projets de Napoléon. Il était clair qu'il exécutait un grand mouvement pour tourner le camp de Taroutino par sa gauche, et gagner Kalouga en passant par Borowsk et Malo-Jaroslawets. Il n'y avait pas de temps à perdre pour courir barrer à l'ennemi la nouvelle route de Ralouga. Comme il était déjà impossible de se flatter de prévenir le gros de son armée à Bo-i rowsk, il fut résolu de marcher à Malo-Jaros-l lawets. L'on envoya en même temps l'ordre au' général Doktorof de se diriger aussi sur cettej dernière ville, eu côtoyant l'ennemi par desi troupes légères.

Le général Wintzingerode , ayant aussi été in-

avec son avant-garde à la barrière de Twer. Le maréchal Mortier s'était retiré dans le Kremlin. Un silence morne régnait dans le reste de la ville. Le général Wintzingerode y pénétra, suivi de quelques kosaques. A son approche, des piquets

id6 campagne de 1812.

de cavalerie qui gardaient les avenues du Kremlin se replièrent sans combat. Encouragé par cette réception , le général s'avança imprudemment , accompagné seulement du capitaine Narischkin , pour sommer les troupes qui occupaient le Kremlin , qu'il supposait moins nombreuses qu'elles ne l'étaient : un poste français s'élança sur lui ; un'mouchoir blanc qu'il tenait à la main, pour se faire passer pour parlementaire , ne le sauva point, les ennemis ne pouvant raisonnablement avoir égard à une manière aussi inusitée de se présenter en parlementaire; ils le firent prisonnier ainsi que le capitaine Narischkin.

Dans la journée du 1 1 , Napoléon avait continué son mouvement ; le gros de son armée arriva à Borowrsk. Le corps du vice-roi s'avança jusqu'à Ouvarowskoïé ; la division Delzons de ce corps, poussa jusqu'à Malo-Jaroslawets , qui, à la nuit tombante, fut occupé par deux bataillons ; le reste de la division bivouaqua sur les hauteurs à la gauche de la Longea. Le même jour, le maréchal Mortier évacua Moscou à deux . heui*es du matin , et se retira sur Fominskoïé , après avoir fait sauter une partie des édifices du Kremlin. Cette action , d'autant plus odieuse qu elle ne présentait aucun avantage réel aux ennemis, fut expressément commandée par Na-

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