CHAPITRE VIII. l
Le feu ne cessa de part et d'autre que vers les dix heures du soir.
La perte éprouvée par Fennemi dans le combat de Malo-Jaroslawets peut monter à plus de 5 mille hommes hors de ligne, et tel était l'acharnement des combattants ,*^que dans ce nombre il n'y avait que 200 prisonniers. Les généraux Delzons et^JLévié furent tués, et les géné raux Pino , Gifflenga et Fontanaj^^lessés^
La perte des Russes fut aussi d'environ 5 mille hommes hors de combat. Ils eurent à regretter le général Dorokhof, qui mourut des suites d'une blessure reçue dans cette affaire. Le nombre des troupes engagées de part et d'autre dans cette journée était à peu près égal. Les corps de Doktorof et deRaéffskoï présentaient un total de 20 mille hommes sous les armes; c'était aussi à peu près la force du corps du vice-roi. Le remplacement du corps de Doktorof, par celui de Borosdin et par la troisième division , mit momentanément l'avantage numérique du côté des Russes ; mais la balance fut promptement rétablie par l'arrivée des divisions Gérard et Cornpans.
L'on doit regretter que le général Doktorof, après avoir expulsé de la ville les deux bataillons français qu'il y trouva à son arrivée , n'y eût
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laissé que quatre régiments de chasseurs au lieu de roccuper avec tout son corps. La situation topographique de la ville de Malo-Jaroslawets i présente une position si forte contre un ennemi I venant de Borowsk, que les lo mille hommes I que le général russe 4^ait alors à ses ordres eussent été suffisants pour contenir le vice-roi et l'empêcher de passer la Longea. L'on devait prévoir qu'il serait plus facile de défendre à l'ennemi Tentrée de la ville que de l'en débusquer , après qu'on lui aurait donné la faculté de s'y établir en forces. Au reste, nous ne pouvons nous dispenser d'avouer que le combat de Malo- Jaroslawets fait le plus grand honneur aux troupes du vice-roi, qui soutinrent les attaques impétueuses des Russes avec une bravoure et une constance admirables.
La possession de Malo-Jaroslawets ne pouvait
j être importante pour les Russes, qu'autant qu'elle
couvrait la marche que leur armée exécutait
pour se porter sur la nouvelle route de Ralouga.
. Ce but ayant été complètement atteint dans la
(journée du 12, s'opiniâtrer plus long-temps à
disputer cette ville devenait une opération sans
objet. Le maréchal Routousof sentit cette vérité ,
et dans la nuit du^ 12 au, i3 i) retira les troupes
qui avaient été engagées. Toute l'armée prit po-