‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 10 sur 181 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

Prusse , que la conduite inconsidérée de son négociateur avait mis dans la pénible alternative ou de rompre sur-le-champ avec la France, ou de ratifier le traité qu'il avait conclu, se vit obligé de prendre ce dernier parti. Buonaparte donna la principauté de Neufchâtel au maréchal Berthier , et les duchés de Clèves et de Berg à son beau-frère le maréchal Murât. La principauté d'Anspach servit à augmenter le territoire du roi de Bavière , que Buonaparte s'appliqua à combler de ses bienfaits, pour montrer le prix que l'on devait attacher à son alliance.

De toutes les grandes puissances continentales , la Russie seule ne traita pas avec la France. L'empereur Alexandre avait refusé d'accéder à l'armistice que les Autrichiens avaient conclu après la bataille d'Austerlitz. Cependant, cédant aux instances de l'empereur François, il fit évacuer les états autrichiens par ses troupes. Dans ces circonstances , il jugea qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de conserver ses forces pour une époque plus opportune. En conséquence , il retira aussi les troupes qui se trouvaient dans le Hanovre,, et celles qui avaient débarqué à Naples. Il était évident qu'en laissant engager ces deux corps , l'on n'eût fait que les exposer à une ruine infaillible, sans qu'il en résultât aucun avantage pour la cause commune.

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Le roi de Naples se trouva dans la position la plus critique. Les Anglais s'étaient rembarques même avant le départ des Russes. L'armée napolitaine n'était pas en état de se mesurer avec l'armée française qui marchait sur la capitale , et cependant Buonaparle avait solennellement déclaré que la dynastie des Bourbons à Naples avait cessé de régner. Ferdinand IV ne pouvait que fuir. Il se réfugia en Sicile.

Buonaparte , maître du royaume de Naples , le conféra à son frère Joseph. Il commençait à entourer son empire de trônes occupés par des princes de sa famille. C'était une conséquence du système fédératif qu'il avait conçu, et qui devait successivement soumettre à sa domination tous les états du continent. L'élévation de Joseph Buonaparte fut suivie de celle de son autre frère LouiSi La république de Hollande , transformée en royaume , dut le recevoir pour maître.

L'Allemagne ne tarda pas aussi à ressentir les effets de ce système fédératif. L'antique empire germanique fut dissous , et de ses débris se forma la confédération du Rhin , qui , en reconnaissant Buonaparte pour son protecteur , se mit réellement sous sa tutelle. Cette . confédération fiit originairement composée des rois de Bavière et de Wurtemberg, de l'électeur de Baden, de l'archi-

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