‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 9 sur 181 · CHAPITRE I. 1 r · texte numérisé non relu

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russe s'avançait au soutien de celle qui avait été battue. D'un autre côté, les archiducs Charles et Jean allaient arriver avec 80 mille hommes , tirés du Tirol et de l'Italie. En outre , Buonaparle , pendant ces opérations contre les Autrichiens , ayant violé la neutralité du territoire prussien ; le cabinet de Berlin offensé avait enfin accédé à la coalition , et les arn\ées prussiennes allaient se mettre en mouvement pour agir sur les derrières de l'armée française, qui, en s'avançant dans le cœur des états autrichiens, n'avait pas assez assuré sa ligne d'opérations. Il semble donc que, dans ces circonstances, la défaite d'Austerlitz n'était rien moins qu'irréparable ; mais les décrets de la Providence en avaient autrement décidé. Un découragement funeste cacha aux ministres autrichiens les ressources qui pouvaient encore leur rester, et ils conclurent d'abord un armistice, suivi bientôt après d'un traité de paix signé à Presbourg. L'Autriche perdit environ trois millions d'habitants, que Buonaparte, qui voulait faire croire à son désintéressement, abandonna aux alliés de la France, notamment au royaume d'Italie et aux électeurs deBaden,de Wurtemberg et de Bavière, dont les deux derniers obtinrent encore le titre de roi. Toutefois, dans ce partage des conquêtes , Buo-

Hà CAMPAGNE DE l8l2.

naparte n'oublia pas d'assigner la plus grande part au royaume d'Italie, dont lui-même portait la couronne.

Telle était alors la fatalité qui semblait poursuivre les coalitions , que la faute individuelle d'iin seul homme changea tout-à-coup la politique prussienne. Frédéric-Guillaume avait envoyé à Buonaparte le comte Haugwitz , pour le sommer de se prêter à un accommodement raisonnable avec les puissances belligérantes , et pour lui déclarer qu'en cas de refus de sa part , il se verrait obligé de faire cause commune avec les coalisés. Mais ce négociateur, intimidé par les revers que la coalition avait éprouvés , et par les menaces de Buonaparte , crut devoir signer un traité, dans lequel, abusant sans doute de ses pleins pouvoirs , il accepta pour la Prusse l'acquisition du Hanovre, en échange des principautés d'Anspach , de Neufchâtel et des duchés de Clèves et de Berg , qui furent mis à la disposition de Buonaparte. Ainsi la mission du comte Haugwitz, qui aurait dû être hostile envers la France, se termina au détriment d'un état dont la Prusse avait tout récemment entrepris la défense , et ne fit que resserrer davantage les liens d'amitié qui avaient subsisté précédemment entre les cabinets de Berlin et des Tuileries. Le roi de

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