CHAPITRE I. l
chancelier, du duc de Berg et de Clèves, du landgrave de Hesse-Darmstadt , des princes de Nassau-Usingen , de HohenzoUern-Hechingen , de Salm-Salm, de Salm-Kirbourg , et Isenbourg, du duc d'Arenberg et du comte de la Leyen. L'électeur de Wurtzbourg y adhéra aussi peu de temps après. L'empereur François fut forcé de consacrer cette nouvelle iniquité , en abdiquant la couronne impériale d'Allemagne , pour ne conserver que Je titre d'empereur d'Autriche. Les princes d'Allemagne , qui n'entrèrent pas dans la confédération du Rhin, obtinrent une indépendance absolue, qu'il ne leur fut pas permis de conserver long-temps.
Avant que cet important événement , qui li- .vrait l'Allemagne à Buonaparte, fût connu en Europe , l'on avait pu concevoir quelque espérance de voir la paix rendue au monde civilisé. La mort avait enlevé à l'Angleterre l'habile ministre qui la gouvernait. 11 en résulta un changement total dans le ministère , et le membre le plus illustre de l'opposition , Fox , eut le département des affaires étrangères. Le nouveau ministre , qui s'était constamment déclaré contre la guerre , dut nécessairement essayer de provoquer un rapprochement entre les cabinets de Saint- James et des Tuileries. A cet effet , une négocia-
j8 campagne de 1812.
confédération du Rhin , qui renversait Fenipire germanique dont la Prusse faisait partie, sans qu'on eût même daigné l'en prévenir, étaient des offenses assez graves pour dessiller les yeux du ministère prussien.
Il vit l'imùiinence du péril qui menaçait le royaume , et la nécessité de le repousser par la force des armes; sa résolution fut même trop prompte. A la vérité , la rupture avec la France devait infailliblement donner la Russie et l'Angleterre pour alliés à la Prusse ; mais ces alliés n'ayant pas été préparés à un changement si subit dans les dispositions de cette puissance, ne se trouvaient pas encore en mesure de la soutenir efficacement. Il en résulta que la Prusse ne put compter, dans le premier moment, que sur l'accession presque forcée de l'électeur de Saxe. C'est avec' ce faible secours que l'armée prussienne entra en lice avec les forces formidables de la France, accrues par là jonction des troupes des princes de la confédération.
La campagne fîit courte , mais décisive et dé* sastreuse pour la Prusse. La funeste bataille de Jéna pulvérisa d'un seul coup les ressources de la monarchie. L'armée prussienne fut détruite , et la plus lâche trahison livra à l'ennemi les plus fortes places du pays. Le roi ;d« Prusse^ après