CHAPITRE III. aSi
marche le lendemain, et fut suivi de l'arrièregarde, commandée par le général comte Woronzof , et composée de la division des grenadiers réunis , du 5^ régiment de chasseurs et de celui de Kharkow, dragons. Le 9 , Platof arriva à Werkalabowo, et Raéffskoï à Staroi-Bvkhow ; le reste de l'armée y vint le lendemain. Le prince, en partant de Bobrouïsk, emmena avec lui 6 bataillons de réserve, 'de sorte qu'il ne resta dans cette forteresse que 12 bataillons formant 5 mille hommes et 100 kosaques. Le général Zapolskoï, commandant provisoirement le corps de troupes de réserve placé à Mozyr, qui se trouvait aussi sous le commandement du prince , reçut l'ordre de tenir ferme à son poste, afin de couvrir les communications du général Tormasof avec Kiew : il devait aussi recevoir de ce général la direction de ses opérations ultérieures.
* Quelque diligence qu'eût faite la a® armée , il 1 ui avait été impossible de prévenir Davoust à Mohilew. Le 9, le colonel Syssoïef, qui commandait les kosaques appartenant à l'avantgarde du comte Siewers, rencontra les trois bataillons du colonel Gresser, sortis de Mohilew, et poursuivis par un régiment «'e chasseurs à cheval français; il enleva à ceux-ci 200 prisonr
23a CAMPAGNE DE 1812.
niers, et les mena battant jusqu'à cinq werstes de Mohilew, où il se vijt arrêté par de l'infanterie ennemie , dont l'artillerie l'obligea à rétrograder de trois verstes. Le prince Bagration, se trouvant prévenu par l'ennemi, se détermina à essayer de s'ouvrir, l'épée à la main , un passage jusqu'à Mohilew. Il crut devoir prendre cette résolution, à cause de la persuasion où il était qu'il lui serait impossible d'atteindre Smolensk sans combat. En effet, en prenant encore plus à droite, on devait s'attendre à être prévenu à Mstislawl comme on l'avait été à Mohilew, la distance de ces deux villes étant de moitié plus courte que la route que leT prince aurait eu à parcourir de Staroï-Bykhow, en passant par Propoïsk; par conséquent l'on n'aurait pas moins été dans le cas de combattre à Mstislawl. D'ailleurs, il y avait d'autant moins de risque à le faire devant Mohilew, que la retraite était libre sur Nowi-Bykhow, et que l'on pouvait, en cas de non succès, prendre pour pis-aller la même route de Mstislawl par Propoïsk.
Le 10, le général Raéffskoï s'avança jusqu'à Dachkowka. Il reçut Tordre d'attaquer l'ennemi partout où il le rencontrerait, et de s'emparer de Mohilew. Le maréchal Davoust, de son côté, s'attendant à être assailli, occupa la position de