CHAPITRE III
Soultanowka, et fit ses dispositions de défense. Le pont de ce village fut barricadé, et l'on fit créneler l'auberge qui se trouve auprès , à la rive gauche du ravin, dont toute la ligne des Français était couverte. Le pont du moulin de Fatowa fut coupé, et l'on pratiqua aussi des créneaux dans les maisons voisines. Trois bataillons furent placés à Soultanowka; un bataillon à Fatowa, ayant derrière lui cinq autres qui lui servaient de soutien ; quatre batailloas se trouvaient entre Fatowa et Sélets; et sur le ravin en avant de ce dernier village , on avait posté deux bataillons; toute la cavalerie, composée de la division des cuirassiers de Valence , de celle de cavalerie légère de Chastel , et d'un régiment de chasseurs de la brigade Bordesoult, était en réserve derrière la droite, en arrière de Sélets, sur le chemin de ce village à Staroï-Bouïniczi, Cinq bataillons furent placés encore plus à droite àTichewka; et enfin les cinq derniers bataillons» étaient devant Mohilew. (Voyez pi. IIL A.)
Davoust n'avait pris de si grandes précautions^ pour sa droite, que parce qu'il appréhendait d'être attaqué et forcé sur cette aile , ce qui eût entraîné immanquablement la perte entière de son centre et de sa gauche , coupés de Mohilew et rejetés sur le Dnieper. Avec ces troupes, dont
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le total pouvait monter à a8 mille hommes, Davoust se prépara à soutenir l'attaque de Raéffskoï, qui n'avait à ses ordres qu'environ 20 mille combattants : outre la bonté de sa position , qui devait tripler ses forces et rendre vains tous les efforts des Russes, Davoust s'attendait encore à être renforcé par le détachement de Pajol et par la division de la Vistule , qui arrivait d'Espagne ; mais ces tfoupes ne le rejoignirent qu'après le combat.
Le II, à la pointe du jour, Raéffskoï se mit
en marche de Dachkowka , et s'avança vers Mo-
hilew, culbutant et chassant devant lui les troupes
légères de l'ennemi qu'il rencontra dans son
chemin. A 8 heures du matin, il arriva à Soul-
jtanowka, et en fit sur-le-champ attaquer le pont
l par la division Kolioubiakin. Les bois qui envi-
\ronnent le village ne laissent de passage pour
] arriver au pont que la grande route , enfilée par
une batterie que les ennemis y avaient établie.
Cependant les Russes s'y portèrent avec un
aplomb admirable; mais écrasés par la grêle de
balles et de mitraille , que les ennemis faisaient
pleuvoir sur eux, ils ne purent jamais enlever
le pont. r
Le général Raéffskoï espéra trouver moins d'obstacles en s'étendant par sa^ gauche. La di-