CHAPITRE 1. ÎC
avoir essayé en vain d'obtenir la paix , n'eut plus d'autre parti à prendre que de se jeter entre les bras des Russes , qui n'avaient pas encore eu le temps de franchir >feurs frontières.
L'électeur de Saxe s'empressa de faire ses soumissions au vainqueur. Buonaparte lui pardonna ses liaisons avec la Prusse, sous la condition qu'il accéderait à la confédération du Rhin. Il prit place parmi les princes de cette confédération avec le titre de roi. Les ducs de Saxe, la maison d'Anhalt et celle de Reuss, et les princes de Schw^arlzbourg-Rudolstadt, de Schwartzbourg- Sondershausen , de Waldeck, et de la Lippe, entrèrent aussi dans la confédération.
L'électeur de Hesse ne fut pas aussi heureux que celui de Saxe. Ce prince avait toujours suivi le système prussien; cependant, dans cette dernière guerre, il s'était déclaré neutre; mais Buo-naparte ne tint pas compte de cette démarche , et prétendit qu'elle était simulée. L'électeur fut chassé de Cassel , et les Français occupèrent son pays. Les états du duc de Brunswick et de celui d'Oldenbourg, le Mecklembourg et les villes anséatiques, éprouvèrent le même sort.
La chute inopinée de la Prusse prenait la Russie au dépourvu. L'empereur Alexandre n'avait calculé sîes armements que pour pouvoir, au be-
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soin , soutenir ou l'Autriche ou la Prusse. Il se voyait obligé, au contraire, de veiller à la sûreté de ses propres frontières , vers lesquelles l'armée française dirigeait sa marche triomphante. D'ailleurs, cet esprit d'union et de fraternité, qui devait un jour renverser la puissance gigan- ' tesque de Napoléon , n'animait pas encore toutes les cours intéressées à la combattre , et l'Autriche resta passive dans cette importante conjoncture.
Les embarras de la Russie étaient encore augmentés par la guerre qui venait de s'allumer entre elle et la Porte. Les démarches de Buo-^ naparte à Constantinople avaient réussi à faire oublier au divan l'invasion de l'Egypte, si offensante pour le grand -seigneur, et à lui faire reprendre de nouveau ses anciennes liaisons avec la France. L'ambassadeur de Buonaparte à Constantinople, non content de cultiver ces liaisons, parvint même à exciter le divan contre la Russie , en se servant habilement du traité conclu par M. d'Oubril y à Paris , pour persuader aux Turcs que l'empereur Alexandre n'avait refusé de le ratifier , que parce qu'une de ses clauses portait la garantie de l'intégrité de l'empire ottoman. Il en résulta un refroidissement marqué dans les relations entre les deux cabinets , refroi-