‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 13 sur 181 · CHAPITRE I. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. Il

dissement qui ne tarda pas à dégénérer en discussions fort vives, le divan mettant en avant des pré* tentions entièrement contraires à la teneur des traités subsistants. L'empereur Alexandre , prévoyant que ces discussions amèneraient la guerre, jugea devoir en éloigner le théâtre de ses propres frontières et prévenir ainsi les préparatifs des Turcs, en ordonnant à une armée russe d'occuper la Moldavie et la Walachie.

Cependant malgré la diversion que cette nouvelle guerre faisait aux armements contre Napoléon , et la faiblesse du secours que présentait la jonction des débris de l'armée prussienne (qui formaient à peine un total de 20 mille hommes) , les armées russes soutinrent avec gloire , pendant six mois, une lutte pénible contre les forces supérieures des Français. La victoire fut balancée jusqu'à la malheureuse bataille de Friedland , qui fixa le sort de la campagne en faveur des ennemis.

L'empereur Alexandre , menacé sur son territoire, dut songer à sa propre sûreté. L'Autriche rie bougeait pas; la Prusse n'existait plus; les Suédois , trop faibles pour être d'aucun secours à leurs alliés , pouvaient à peine se soutenir euxmêmes à Stralsund; l'Angleterre, placée dans des circonstances difficiles, ne paraissait pas disposée

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à pousser la guerre avec activité. Dans cette situation, le salut de l'Europe devenait une chimère impossible à réaliser, et l'empereur Alexandre, en continuant la guerre , n'eût fait que prodiguer inutilement le sang de ses braves troupes. Le seul but qu'il lui fût encore permis d'avoir en vue , celui de rétablir la Prusse , du moins en partijB, ne pouvait être plus, sûrement atteint que par une alliance intime entre la France et la Russie. L'on devait supposer que Napoléon , flatté de l'honneur d'être reconnu empereur par le seul souverain du continent qui lui eût encore refusé ce titre , se relâcherait sur la dureté des conditions qu'il imposerait à la Prusse ; ces considérations engagèrent l'empereur de Russie à provoquer un rapprochement avec l'ennemi.

La fameuse entrevue qui eut lieu entre l'empereur Alexandre et Buonaparte sur le Niémen, donna une nouvelle face à la politique et à la situation de l'Europe , et eut pour résultat le traité de paix signé à Tilsit.

Cette paix ne pouvait êtfP qu'anér,ei|se à la Prusse. Cependant l'intercession de l'empereur Alexandre lui fit obtenir la restitution de toutes ses provinces, depuis l'Elbe jusqu'au Niémen, à l'exception de la ville de Dantzick, qui fut déclarée indépendante , et de la plupart des pro-

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