CHAPITRE ï. ai
vinces qui, au premier janvier 177a, faisaient partie de l'ancienne Pologne. Ces dernières formèrent , sous le nom de duché de Varsovie , un état indépendant, sous la souveraineté du roi de Saxe. Les provinces prussiennes de la gauche de l'Elbe , réunies aux états de Brimswick et de Hesse-Cassel , composèrent un nouveau royaume, qui , sous le nom de celui de Westphalie ,' fut donné à Jérôme Buonaparte , derniet frère de Napoléon. La Russie céda la seigneurie de Jéver à la Hollande , et reçut en indemnisation le district de Bialistock, détaché du territoire destiné à former le duché de Varsovie. En outre, l'empereur Alexandre s'engagea à faire évacuer à ses troupes la Moldavie et la Walachie , et à accepter la médiation de la France pour terminer ses différends avec la Porte. L'empereur Alexandre, de son côté, devait proposer sa médiation à l'Angleterre, et si le cabinet de Saint- James refusait de conclure la paix en reconnaissant la liberté des mers , la Russie promettait de faire cause commune avec la France, et de sommer, de concert avec elle, la Suède, le Danemarck et le Portugal , d'adopter leur système , en fermant leurs ports aux Anglais. Enfin , une des clauses du traité stipulait le rétablissement des ducs de Saxe-Cobourg, de Mecklembourg , et
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4'Oldeiibourg , dans leurs possessions respectives.
Tel était en substance ce fameux traité de / Tilsit , qui plongea l'Europe dans la stupeur et / l'effroi. Il est aisé de voir que cette paix ne pré- / sentait aucune des garanties que l'on devrait retrouver dans les transactions de ce genre.
L'érection du duché de Varsovie était une mesure évidemment hostile contre la Russie, et l'affectation que Napoléon mit à en conférer la souveraineté au roi de Saxe , qui descendait des anciens rois de Pologne, dénotait encore plus le projet d'inspirer aux Polonais des espérances dont la réalisation ne pouvait être que préjudiciable à la Russie , qu'elle menaçait de la perte / des provinces réunies depuis plus de quatorze ans à son empire. La ville de Dantzick même , que les Français avaient le droit d'occuper jusqu'à la conclusion de la paix maritime , ne devait être considérée que comme une place d'armes que Napoléon s'était réservée pour ses opérations futures contre la Russie.
L'empereur Alexandre ne pouvait méconnaître l'esprit de ces dispositions ; mais les circonstances malheureuses où se trouvait l'Europe lui prescrivaient d'éloigner à tout prix la guerre. Il s'agissait surtout de gagner le temps nécessaire