‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 164 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

nir sous leurs drapeaux, et de les empêcher de se débander dans cette ville immense.

Le I ^^ septembre , l'armée se remit en marche, f et vint prendre poste à 2 werstes en avant d'une f des barrières de Moscou , nommée de Dorogo- i milow. La droite de l'armée fut appuyée à un : coude de la Moskwa en avant du village de Fili, i ^ et la gauche aux hauteurs de Worobiéwo ; le | ( ' centre s'étendait entre les villages deJ[Voitskoïé t et de Wolvnskoïé : la Moskwa qui à cet endroit "* forme une anse alongée, se trouvait derrière les lignes de l'armée , ainsi que le faubourg de Dorogomilow. La nouvelle position fut retranchée comme la précédente. L'arrière - garde rétrograda jusqu'à Sétounn.

Les Français continuaient aussi de s'avancer •

vers la capitale. Le vice-roi quitta Rouza le 3o ;

août, et vint à Apolchina. Le 3i , il arriva à Zwé- \ nigorod. J^e même jour, Napoléon lui-mêm^ / %/ parfit de Mojaisk, et le 1^^ septembre il arriva à { Béréski. Le vice-roi se porta à Bouzaïewo. ^

Dans la soirée du i^^, le prince Koutousof , quoique déterminé à abandonner Moscou , convoqua un conseil de guerre , afin de n'avoir l'air de s'être décidé à en venir à cette fâcheuse extrémité, que de l'avis de ses principaux lieutenants. Le conseil fut composé des généraux Bennigsen^

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Barklay, Doktorof, corate Ostermann, Ronownitsyn , et Yermolof , et du quartier-maître-général TolL Le prince, après avoir exposa l'état des choses, demanda à chaque membre en particulier d'énoncer son opinion sur la question suivante : Doit" on attendre V attaque de V ennemi dans la position occupée par V armée , ou fautil évacuer la capitale sans combat ? Le général \ Barklay prit la parole , pour affirmer que la po- \ sition n'était pas tenable , et pour proposer d'éva- , \ cuer Moscou en se dirigeant surNijeneï-Nowgorod, qu'il regardait comme un point d'autant plus important, qu'il formait la liaison des provinces septentrionales avec les méridionales. Le général Bennigsen, soutenu par Doktorof, combattit cet avis, prétendant que la position était suffisamment forte , et que l'armée devait y accepter une nouvelle bataille. Le général Rônownitsyn ouvrit un troisième avis. Il représenta que, quoique ne partageant pas l'opinion du général Bennigsen sur la prétendue bonté de la position de Fili , il croj^it cependant qu'il était du devoir de l'armée de faire de nouveaux efforts , avant de se résigner à l'abandon de la capitale, et il proposait en conséquence de marcher à l'ennemi, et de l'attaquer partout où on le rencontrerait. Le comte Ostermann et Yermo-

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lof se rallièrent à cet avis ; mais le dernier observa cependant , qu'il était néces|saire de savoir, si l'on avait reconnu les chemins qui devaient servir pour l'offensive projetée. Enfin, le colonel ïoU, après avoir parlé dans le sens des généraux Barklay et Ronownitsyn, au sujet du peu de sûreté de la position de Fili , représenta que le parti qui lui semblait le plus avantageux , était de faire exécuter à l'armée une marche de flanc par lignes et par la gauche , afin de l'établir dans une position latérale , la droite à Worobiéwo, la gauche entre la vieille et la nouvelle route de Kalouga , dans la direction des villages de Chatilowo et de Woronzowo. Dans cette nouvelle position, l'armée eût évité le grave inconvénient d'avoir une grande ville immédiatement derrière ses lignes ; d'ailleurs le colonel ToU pensait que , dans le cas d'une retraite, elle pourrait s'effectuer par la vieille route de Kalouga.

La divergence des opinions émises par les membres du «onseil , donnait au général en chef toute la latitude nécessaire pour rejeter ces avis, dont aucun n'était absolument exempt d'inconvénients. La question débattue , réduite à sa plus simple expression, pouvait être énoncée ainsi : La conservation de Vannée importe-t-elle plus au salut de la patrie que celle de la capir-

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taie? La réponse ne pouvant être qu'affirmative, il en résultait qu'il eut été inconséquent de risquer le plus pour le moins. Cependant , il était difficile de se dissimuler que livrer une nouvelle bataille , c'était s'exposer à une chance bien hasardeuse. L'armée^ russe, campée auxj£ortesde Moscou, présentait à la vérité unjtotal d'envicoi^ 90 mille hommes sous les armes; mais il n'y avait dans ce nombre que 65 mille hommes de vieilles troupes régulières, et 6 mille kosaques; le reste était composé de recrues et de milices que l'on avait réparties , après la bataille, dans les différents corps. Plus de 10 mille de ces miliciens n'avaient pas même de fusils, et n'étaient armés que de piques. Avec une armée composée d'élé' ments encore si imparfaits , aller affronter les 120 mille hommes que Napoléon avait à ses ordres, c'eût été s'exposer à une défaite trop probable , et dont les résultats eussent été d'auj tant plus funestes que Moscou n'aurait pas manqué alors de devenir le tombeau de l'armée russe , obligée dans sa retraite de défiler à travers le labyrinthe des rues de cette immense ville.

Ces raisons semblaient devoir donner la préférence au sentiment du général Barklay ; mais tout en souscrivant à son avis sur l'abandon de la capitale , l'on ne pouvait adopter la direc-

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