‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 169 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

en comble. Ce projet, digne d'un Scévola, fat exécuté habilement (i). Tant que les troupes russes étaient en ville, l'on n'aurait pu y mettre le feu sans nuire à leur retraite ; mais l'on disposa des matières combustibles dans plusieurs maisons,

(i) Ce qu'on vient de lire sur l'incendie de Moscou avait été communiqué au comte Rostopchin par l'auteur, à qui il avait demandé de voir les mémoires rédigés pour servir de canevas à cet ouvrage. Le comte ne paraît pas avoir été toujours empressé à dire sa vérité; car il renvoya ces mémoires sans y faire la moindre objection. Comment prévoir après cela, que dix ans plus tard , il envisagerait les choses sous un aspect différent, et jugerait à propps de publier ce^^e vérité. On aurait mauvaise grâce de ne pas en croire un homme qui , par une généreuse mais tardive sincérité , se dépouille lui-même de la couronne civique pour se rejeter dans la foule : cependant, d'un autre côté, les renseignements les plus positifs ne permettent pas à l'auteur de douter que l'incendie de Moscou n'ait été préparé et exécuté par les autorités russes. Dès lors il ne reste aucun autre moyen de concilier des versions si différentes , que de supposer que le comte Rostopchin avait à cette époque, sous ses ordres, quelque personnage à grand caractère qui agissait à son insçu. L'auteur , s'arrêtant à cette opinion , n'a pas cru devoir faire de changement à son texte, puisque les faits y sont racontés avec exactitude. Il se borne seulement à prévenir ses lecteurs , qu'ils devront rapporter au personnage en question , les éloges si injustement prodigués à M. le comte.

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