I. lt
SyO CAMPAGNE DE l8l2.
et l'on répandit par la ville une troupe d'incendiaires salariés et dirigés par quelques officiers de l'ancienne police de Moscou . qui y demeurèrent déguisés. Le comte Rostopchin avait même pris la précaution d'emmener avec lui les pompes et les
I autres instruments de secours contre les incendies. Ces mesures eurent le succès désiré. Dès la soirée du 2 , le feu se manifesta à la bourse , et le lendemain d'autres incendies éclatèrent en différents quartiers de la ville , malgré tous les efforts des Français pour les éteindre. Outre les incendiaires apostés, des particuliers allumaient eux-mêmes leurs propres maisons sans en avoir reçu l'ordre et uniquement par un mouvement de rage contre les ennemis ; enfin^ le 4 ? un vent v iolent gâtant élevé, l'embrasement devint général, et fit évanouir tout espoir de conserver la ville. Nap oléon lui-même' n osa rester au Kremlin^ j^ alla se ré fugTè r'^ans l e château de Pétrpwskoié, à deux werstes au-delà de la barrière de Pétersbourg. Il ne retourna au Kremlin qu'après que Fincendie
;' eut entièrement cessé , ce qui n'eut lieu que le 8. Les neuf dixièmes de la ville se trouvèrent consumés , le reste fut abandonné au pillage.
La destructiop de Moscou fut , pour la Russie , un événement avantageux sous tous les rapports. Par là on priva Napoléon des ressources qu'il