CHAPITRE V
mouvement de l'armée; il ne restait au général Wassilczikof que de Ja cavalerie et une douzaine de pièces de canon. Depuis midi jusqu'au soir, il défendit pied à pied le terrain depuis Wé- j sowka, où commença l'action, jusqu'à Pantî , dont les ennemis ne s'emparèrent que vers le coucher du soleil. Le gros de l'arrière-garde s'arrêta pour la nuit à Ostrowtsy.
Le prince Koutousof , ayant jugé que les deux marches exécutées par l'armée , sur la route de Kolomna , devaient avoir fait prendre le change à l'ennemi en lui persuadant que les Russes ne songeaient qu'à repasser l'Oka , résolut de ne plus différer davantage de se rapprocher de la route de Smolensk , afin de se mettre en mesure d'intercepter l'unique ligne d'opérations de l'armée française. Cette pensée, qui dénote la portée des vues militaires du général en chef, fut réalisée avec habileté, et mit un terme aux malheurs de la Russie. Le 5, de grand matin, l'armée ru3se, levant le camp de Koulakowo, se remît en marche, et les colonnes, faisant une conversion à gauche, remontèrent la rive droite de la Pakhra , qui couvrait cette marche de flanc. L'armée passa la nuit sur la route de Moscou à Kachira. L'infanterie de l'arrière-garde demeura , pendant toute la journée sur la rive droite de la :
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iMoskwa, sur les hauteurs du pont de Borowskoï, tandis que la cavalerie amusait Tennemi
\ par une escarmouche insignifiante sur la rive
j opposée. Dans la nuit cette cavalerie repassa
aussi la rivière et détruisit le pont ; après quoi ,
toute rarrière-garde suivit le chemin qu'avait
pris l'armée. On ne laissa sur la route de Ko-
lomna que deux régiments kosaques aux ordres
du colonel Jefrémof. Le 6, les troupes conti-
j nuèrent à remonter la Pakhra ; l'armée bivouaqua
; sur la grande route de Moscou à Serpoukhof ; le
\ quartier-général fut porté à Koutousowo; l'ar-
! rière - garde s'établit à Podolsk , sur la Pakhra ;
\ce jour, Iç maréchal Koutousof nomma le géné-
; rai Ronownitsyn en qualité de général de ser-
i vice (i) de toutes les armées. Le 7, l'armée re-
; monta encore la Pakhra, et vint prepdre poste
à la gauche de cette rivière, près de Krasnaîa-
; Pakhra. Cette dernière marche compléta le beau
mouvement circulaire que l'armée russe traçait
autour de Moscou. Dès lors, l'unique ligne de
communication de l'ennemi, la route de Smo-
lensk, se trouva interceptée , et des partis, lâchés
':\. de tous côtés, infestèrent cette route et toute
; la contrée environnante. En se basant sur Ka-
(i) C'était le chef du personnel et des chancelleries.