CHAPITRE V
village de Doubrovitsa, situé au confluent de la Dessna et de la Pakhra, tandis que ses principales colonnes , débouchant de Podolsk , se portaient par la rive droite de la Pakhra , en suivant la route de Nikitik à Wéréïa , qui passe par Czirikowo , village situé près de la vieille route de Kalouga, à 5 werstes en arrière de Krasnaïa- Pakhra, et par conséquent aussi en arrière de la position occupée par l'armée. (Voyez pi. a.)
Le général Raéffskoï, sentant la nécessité d'occuper cette route afin de couvrir lés communications de l'armée , détacha le général Paskéwicz avec sa division et le régiment des hussards d'Akhtyrsk. Le général Paskéwicz passa la Pakhra à Poliwanowo , et prit la direction du village de Znobichino , dans les environs duquel il rencontra le comte Ostermann, que le maréchal Koutousof, inquiet lui-même pour ses communications, venait de détacher sur la même route de Nikitik à Wéréïa , avec son corps d'armée et celui de cavalerie de Korf. Le comte Ostermann, avec son infanterie, se logea dans i les bois , en arrière de Nemczinino , ayant ses avant-postes de cavalerie au-delà d'Alexandrowo, et sa droite protégée par le détachement de Paskéwicz , qui se plaça à Satino , sur la Mocza. Vers le soir, l'ennemi occupa Znobichino. Le gé-
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\ néral Raéffskoï , craignant d'être tourné par sa •droite, quitta Poliwanowo et se replia jusqu'à ^ Pykczevo.
Dans ces circonstances, le général Bennigsen proposa de faire exécuter au gros de Tarniée un mouvement par sa droite pour attaquer et rejeter sur Podolsk tout ce qu'il y avait d'ennemis à la droite de la Pakhra. Il est certain qu'en suivant ce projet, l'on aurait pu battre le roi de Naples qui n'avait avec lui que sa cavalerie et le corps de Poniatowski, tandis que tout le reste de l'armée française était demeuré à Moscou et dans les environs. Mais il faut observer qu'à cette époque l'on ignorait encore que le roi de Naples n'était pas soutenu, et l'on supposait, au contraire, Napoléon avec toutes ses forces près de Podolsk. En raisonnant d'après cette hypothèse , il devient évident que le maréchal n'eut pas tort de rejeter le projet de combattre entre Krasnaïa -Pakhra et Podolsk. Si la chance eût tourné contre les Russes, l'ennemi aurait pu les couper de Kalouga et les rejeter sur Wéréïa et Mojaïsk. Dès lors la campagne était perdue, et Napoléon se plaçant entre l'armée russe et les ■' provinces méridionales de l'empire , l'eût privée ; de toutes les ressources de ces fertiles contrées , l et l'eût forcée de prendre la ligne défectueuse