‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 24 sur 181 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

lièrement dans la dernière guerre contre les Suédois. L'ouverture de la campagne fut brillante.

La prise de la place de Bazardgik, emportée d'assaut, fut suivie de celle de Silistria, qui capitula après un siège de courte durée ; et l'armée russe s'avança sur Schoumlia , tandis qu'un de ses corps laissé sur le Danube assiégeait Routschouk. Mais la position retranchée que l'armée du grand-visir avait prise à Schoumlia , était si formidable , que tous les efforts du cpmte Kamenskoï pour l'en déposter se trouvèrent inutiles.

Le général russe , hors d'état de rienentreprendre de sérieux contre Schoumlia , et voyant d'un autre côté que le siège de Routschouk n'avançait pas , résolut de hâter la reddition de cette place en s'y portant avec une partie de ses forces. Alors les opérations commencèrent à prendre une tournure moins favorable. A la vérité, le grand-visir échoua dans les tentatives qu'il fit pour pousser le corps d'observation que le comte Kamenskoï avait laissé devant lui ; mais les affaires devant Routschouk se trouvaient dans le plus mauvais état. Le comte Kamenskoï , qui s'était décidé à brusquer l'événement , avait livré un assaut qui n'avait point réussi, et, comme toutes les entreprises manquées de ce genre , avait fait éprouver

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aux Russes une perte notable. JLe* sort du siège était d'autant plus compromis, que les Turcs réunissaient sur la lantra un corps de 4o mille hommes destiné à débloquer Routschouk.

Enorgueillis par ce retour de fortune, les Turcs se crurent reportés au temps de Mahomet II , et déjà des cris de victoire retentissaient dans les rues de Stamboul; mais leur allégresse ne dura pas. Le comte Kamenskoï, ne voulant pas donner aux ennemis le loisir de le serrer de près , prit la belle résolution de ne laisser devant Routschouk que les troupes absolument nécessaires pour en continuer le siège, et de marcher avec le reste à la rencontre du corps posté sur la lantra. Il le trouva retranché près de Batin , et lui livra une bataille sanglante, qui eut pour résultat la destruction complète du corps turc. La reddition des places de Sistow, de Cladowa, de Routschouk, de Giourgewo, de Nicopol et de Tourna, fut le fruit de cette importante victoire.

La nouvelle de la bataille de Batin , parvenue à Constantinople , y excita des alarmes d'autant plus vives, que la retraite du comte Kamenskoï de devant Schoumlia avait été signalée comme un avantage éclatant , précurseur de succès encore plus importants. Cependant malgré la consternation que le renversement inattendu de ces

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